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TIMOUK, L'ENFANT AUX DEUX ROYAUMES
Yun Sun LIMET & GUILLAUME CONNESSON

Disponibilité et classement

  • Ref. LE5331
  • DIDIER JEUNESSE, 2014.

Dans son vieux château, quand le petit prince Timouk se réveille, il n'y a plus personne. Quand un merle moqueur lui apprend que ses parents sont partis à la guerre et qu'ils ne reviendront peut-être pas, Timouk se fâche et lui lance des pierres. L'oiseau jette alors un mauvais sort à l'enfant qui devient muet. Commence alors pour Timouk une course fantasmagorique dans le château déserté, qui l'amènera à croiser, dans un monde parallèle, une drôle de machine sur roues, un tigre magnifique, et Alfred, le gardien du parc et pianiste virtuose. C'est à la demande de la pianiste Claire-Marie Le Guay que l'écrivaine belge d'origine coréenne Yun Sun Limet et le compositeur français Guillaume Connesson ont créé ce superbe conte musical qui oscille entre rêve et réalité. On pense tout de suite à l'Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll : le monde parallèle onirique (entre cauchemar et riches rencontres) bien sûr, mais aussi les personnages aux comportements inattendus et les décors psychédéliques. Ceci dit, c'est un autre voyage initiatique qu'on nous raconte là : Timouk, par le biais de l'imaginaire, apprendra à braver ses peurs, à mieux accepter la séparation et à goûter aux plaisirs d'une solitude qui ouvre à l'imprévu. Et la musique de Guillaume Connesson ? Outre le fait qu'elle est puissamment filmique et qu'elle nous fait voyager encore plus loin, entre les lignes de l'histoire, elle possède une qualité essentielle : elle respire, laissant la narratrice souvent seule pour lui répondre dans un écho reflétant parfaitement les sentiments et les impressions de notre héros. Un modèle d'équilibre entre silence et bouquets de notes bien senties. Quant à Claire-Marie Le Guay, elle tient là une partition à sa taille qu'elle interprète à merveille. Excellent choix aussi, pour porter l'intrigue de cette histoire, que celui de latalentueuse Marie Gillain dont la voix agréable s'installe pleinement aux creux de nos oreilles. Et quand, soudain, la comédienne se met à fredonner bouche-fermée le thème de la balançoire, elle nous procure le frisson ! Enfin, un mot sur l'illustratrice Delphine Jacquot qui compose ici, page après page, une véritable fresque à l'exotisme asiatique (s'inspirant de l'art coréen sans doute mais aussi de l'art russe) enivrant. Ses dessins à la fois énigmatiques, symboliques et chaleureux participent indéniablement au charme de l'ensemble. Grand coup de coeur pour ce livre-CD tout bonnement somptueux qui ravira autant les petits que les grands. (GD)

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