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Berlin en musiques électroniques

à voir plus tard
Hardwax (disquaire berlinois) - photo: readthewoolf
Berlin est sans doute la ville européenne la plus célébrée pour sa contribution à la musique électronique. De la techno à la musique expérimentale, en passant par l'électropop, la ville s'est imposé sur tous les fronts. On y trouve les clubs les plus renommés, les labels les plus influents et quelques-uns des artistes les plus importants.

Sommaire

Gudrun Gut

Personnage incontournable de la scène berlinoise depuis 1977, Gudrun Gut a été membre/fondatrice d’une dizaine de groupes capitaux dans l’histoire de la musique électronique : einstürzende neubauten, mania d, malaria, matador, miasma, members of the ocean club, etc. Patronne du label Moabit muzik, puis de Monika entreprise, animatrice de radio (l’émission hebdomadaire Ocean club), elle est de plus hautement recherchée comme dj et comme remixeuse. Gudrun Gut est également une féministe engagée et a fondé le réseau female:pressure qui rassemble des femmes actives dans la musique électronique. Son dernier projet en date, Vogelmixe - Gudrun Gut remixed Heimatlieder aus Deutschland, est consacré à une série d’artistes allemands d’origine étrangère, pratiquant des genres aussi divers que le son cubain, le fado portugais, la musique gnawa ou le chant bulgare.






Ellen Allien

DJ, musicienne et productrice, Ellen Allien est la fondatrice du label BPitch Control. Son premier album, Stadtkind, paru en 2001, était une ode à la ville de Berlin alors récemment réunifiée. Depuis elle est une présence régulière des clubs berlinois, et a été resident DJ dans des endroits prestigieux comme le Bunker, Tresor et E-Werk. Elle anime de plus une émission sur la station Kiss Fm Berlin. Elle a produit à ce jour neuf albums, ainsi que plusieurs dizaines de singles et quelques collaborations, notamment avec Apparat, et développe une musique électronique hybride mariant la techno minimale typique de la ville avec des influences électro et des touches expérimentales.



Barbara Morgenstern

Née à Hagen, Barbara Morgenstern s’installe à Berlin en 1994. Elle collabore a plusieurs projet musicaux avant de se lancer en solo et publie en 1998 son premier album Vermona ET 6-1sur le label de Gudrun Gut, Monika Enterprise. Elle multiplie les collaborations, notamment avec Stefan Betke (de Pole) et Robert Lippok (de To Rococo Rot) pour son deuxième album Fjorden, Paul Wirkus et Stefan Schneider (de To Rococo Rot) dans le projet September Collective, ou encore Robert Wyatt pour un morceau de l’album The Grass Is Always Greener. Sa musique combine une électronique aérienne et sautillante avec des accents pop aux envolées lyriques. Pour son nouvel album, Doppelstern, elle a à nouveau fait appel à onze âmes sœur pour autant de duos.




Porter Ricks

Duo composé de Thomas Köner et Andy Mellwig, Porter Ricks s’est illustré au milieu des années 1990 comme un des pionniers d’un style électronique mêlant dub et techno. Leur premier album, Biokinetics, sorti en 1996 sur le légendaire album Chain Reaction est un des classiques du genre. Le groupe avait poursuivi une carrière acclamée par la critique avec des publications sur les labels Mille Plateaux et Trésor. Thomas Köner s’était ensuite concentré sur sa carrière solo, produisant une musique ambient expérimentale très minimaliste, inspirée des paysages arctiques. Ils n’avaient plus collaboré ensemble que pour un split LP avecTechno Animal, le projet de Justin K Broadrick, Kevin Martin et Damian Bennett en 1999. Ils se sont à nouveau réuni cette année pour un nouvel album sur Trésor, intitulé Anguilla Electrica.




Ricardo Villalobos

Né au Chili en 1970, Villalobos est arrivé en Allemagne à l’âge de trois ans, avec ses parents qui fuyaient la dictature du régime Pinochet. Il se lance dans la musique électronique au début des années 1990 et sort son premier album en 1994 sur le label Playhouse et devient un des DJ et producteur les plus en vue de la scène microhouse et minimal techno. Sa discographie témoigne de son approche éclectique, incluant percussions latino-américaines, solos de guitares aériens, projets de remix du catalogue ECM ou encore d’étranges conflagrations de sources sonores comme les fanfares gitanes serbes de l’épique morceau "Fizheuer Zieheuer".



Alva noto

Né à Chemnitz (anciennement Karl-Marx-Stadt), Carsten Nicolai est graphiste et musicien. Il s’est par la suite installé à Berlin et a fondé en 1994 le label Noton, archiv für ton und nichtton. Noton a ensuite fusionné avec le label rastermusic de Olaf Bender et Frank Bretschneider pour devenir rasternoton. Nicolai a fondé un certain nombre de projets, en solo sous son nom et sous le pseudo de Noto, ou Alva Noto, ou dans des duos comme Cyclo avec Ryoji Ikeda, Opto avec Thomas Knak ou Diamond Version avec Olaf Bender. Il a également collaboré avec Zeitkratzer, Blixa Bargeld, Anne-James Chaton, Andy Moor ou encore Riyuichi Sakamoto. Sa musique est une exploration conceptuelle des rapports entre rythme, sons électroniques et systèmes de traitement de données.



Basic Channel, Maurizio et Rhythm & Sound

Basic Channel et Maurizio sont deux des nombreux projets de Moritz Von Oswald et Mark Ernestus. Le premier a débuté sa carrière à Hambourg au sein du groupe Palais Schaumburg, puis s’est installé à Berlin où il s’est associé à Mark Ernestus, patron du célèbre magasin de disques et distributeur Hard Wax. Leur studio est installé dans un bâtiment de Kreuzberg, qui abrite également le magasin, les bureaux de leurs labels Basic Channel et Chain Reaction, et le studio de mastering Dubplates & Mastering. Leur intérêt commun pour le dub, déjà manifeste dans Basic Channel, se précisera encore avec le projet Rhythm & Sound, dans lequel ils collaboreront avec des musiciens et vocalistes jamaïcains (ou dominicains comme Paul St-Hilaire). Aujourd’hui Von Oswald est actif dans son trio avec Max Loderbauer (de Sun Electric) et le batteur Tony Allen, tandis que Mark Ernestus produit de multiples projets en collaboration avec des musiciens africains comme Ndagga Rhythm Force ou Jeri-Jeri.

 




Tarwater & To Rococo Rot

Développant un style très berlinois de pop synthétique et minimaliste, Tarwater est à la base le duo composé de Ronald Lippok et de Bernd Jestram. Lancé en 1995, ils ont fusionné une certaine vision mélancolique du post-rock et une approche très mélodique de la musique électronique. Plus proche de la tradition rock que de la techno, Tarwater est avant tout fidèle au format chanson, même dans leurs morceaux instrumentaux, et se destine plus à la scène qu’au club. Ronald Lippok est également le fondateur de To Rococo Rot avec son frère Robert Lippok et Stefan Schneider du groupe Kreidler.




Monolake

Monolake a été fondé en 1995 par Gerhard Behles et Robert Henke. Ils ont publié plusieurs disques séminaux de dub techno sur le label Chain Reaction, tout en poursuivant leurs recherches sur les interfaces musicales informatiques. Behles a ensuite quitté le groupe pour se concentrer sur sa compagnie informatique, qui développe le software musical Ableton. Le musicien Torsten Pröfrock (également actif sous le nom de T++ et Various Artists) a rejoint Monolake en 2004, et ils tournent aujourd’hui en duo, à la fois en live et dans des installations sonores faisant la part belle à la technologie.



Marcel Dettman

Marcel Dettmann a l’honneur et la responsabilité d’être le resident DJ du club le plus couru de Berlin, le Berghain. Établi en 2003 dans une ancienne centrale électrique après la fermeture de son prédécesseur Ostgut, le club tire son nom des deux quartiers qui le bordent, Kreutzberg et Friedrichshain. Si Ostgut était avant tout un club gay, la nouvelle boite a cherché à attirer un public de plus en plus diversifié, cosmopolite et international. Son succès est dû autant à sa réputation de fête sauvage permanente (le lieu ne ferme quasiment jamais) et pour sa sono réputée une des meilleures au monde. Devenu mythique, le club a également lancé son propre label, Ostgut Ton, sur lequel sont publiés les artistes de la maison, parmi lesquels Ben Klock et Marcel Dettmann, ou encore l’anglaise Cassy qui anime le panorama bar au dernier étage.



Dr Motte et la Love Parade

Matthias Roeingh aka Dr. Motte est le cofondateur, avec la new-yorkaise exilée Danielle de Picciotto, de la Love Parade. Démarré en 1989 avec une petite centaine de personnes marchant dans la Kurfürstendamm, la grande avenue commerçante de Berlin ouest, l’évènement est rapidement devenu la plus grande parade musicale d’Europe avec à son apogée plus d’un million et demi de participants. Conçu comme un antidote à la grisaille et à la sinistre réputation de la ville, la parade s’inspirait du carnaval de Rio et se voulait une célébration de l’hédonisme clean, sans drogue et sans violence. Après une quinzaine d’édition, et une exportation du concept à travers le monde, la Love Parade a quitté Berlin pour se dérouler dans le bassin de la Ruhr jusqu’à ce qu’une tragédie coutant la vie à 21 personnes force les organisateurs à mettre un terme à l’aventure.




La Fuckparade

En 1997, plusieurs musiciens, dont Martin Kliehm (DJ Trauma XP) et le collectif Gabba Nation, se sont opposés à la dérive commerciale de la Love Parade et à son refus d’inclure des musiques plus radicales comme la gabber ou la techno hardcore. Ils ont alors mis sur pied une marche alternative, la fuckparade, à l’origine baptisée hateparade, qui se déroule le même jour, selon un parcours différent, partant généralement du club Bunker. Cherchant à reprendre le contrôle de leur ville, envahie lors de la Love Parade par des touristes et ce qu’ils considèrent comme « des petits-bourgeois de province », la manifestation rassemble des amateurs de techno comme des activistes, et se veut le porte-parole des sous-cultures de la capitale, du milieu des squatteurs et des opposants à la gentrification.

C’est lors de l’édition 2000 qu’est apparue pour la première fois la figure du techno-viking qui est ensuite devenu un meme de l’internet.






Benoit Deuxant
(photo de bannière: le disquaire Hard Wax - Paul-Lincke-Ufer 44A, 10999 Berlin)

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