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Focus

Une oasis d'espoir

une oasis d'espoir

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publié le par Frédérique Muller

Tahar El-Ammari, fils d’anciens agriculteurs de la tribu nomade du désert marocain, n’a jamais oublié le paradis de son enfance. Après un voyage en France où il découvre la permaculture, il est bien décidé à redonner vie un une oasis abandonnée depuis 40 ans.

Tahar est né dans une oasis en plein cœur du désert marocain mais ses parents ont dû abandonner le mode de vie nomade pour s’installer en ville suite au conflit armé entre l’Algérie et le Maroc. L’oasis s’est depuis perdue dans les sables et c’est là que ce film magnifique commence.

Autrefois, le lieu où venaient se reposer les nomades, l’oasis Ergsmar, « le petit paradis », est aujourd’hui asséché. Il profitait autrefois de l’eau généreuse du Drâa, le plus long fleuve marocain. Il est aujourd’hui amaigri par des sécheresses successives et entravé par la construction d’un barrage aux portes d’Ouarzazate. Une voix off féminine, légèrement voilée, raconte l’histoire du fleuve qui avait permis au cœur du Sahara, l’établissement d’un ensemble prospère de jardins cultivés et de palmeraies, un véritable carrefour pour les commerçants nomades. Cette voix vient régulièrement interrompre avec douceur le récit du projet de Tahar pour ouvrir une parenthèse (sur le fleuve, le datier, l’eau, etc.).

Après un voyage en France où il découvre la permaculture, Tahar décide à redonner vie à l’oasis de son enfance abandonnée depuis 40 ans. Il ne reste plus là que des ruines sèches, qu’avec patience et détermination, Tahar soustrait au désert à coup de pelle et de à force de plantations.

« Ce n’est pas là-bas, c’est ici »

Depuis 2011, Tahar fait pousser sur deux hectares, des fruits, des légumes, des plantes fourragères et des palmiers qui rendent sa fertilité au sol argileux de l’oasis. Le plus grand défi pour lui n’a pas été de traverser le désert, plusieurs heures de marche avant d’être motorisé, mais bien de retrouver l’eau. Pour cela, Tahar a installé une pompe qui puise l’eau de la nappe phréatique. Il creuse aussi des sillons, tel que le faisaient les anciens : un réseau de canaux temporaires creusés au fur et à mesure des besoins et qui s’estompe ensuite.

Tahar s’inspire des principes de la permaculture découverts en France. Revenu en 2010, « convaincu que son passé et son futur devaient se réconcilier dans le désert ». L’application des principes de la permaculture dans ses paysages secs et sablonneux parait aux yeux de bon nombre, dont ceux de ses proches, comme un projet fou. Mais la détermination sans faille de Tahar alimentée par sa vision et son amour du désert, et soutenue par quelques porches et spécialistes rendent le projet possible et le film passionnant.

C’est un film plein d’espoir et d’amour pour le paysage du désert, qui parait ici non pas hostile mais mystérieux, propice aux aventures. Le film raconte ainsi une histoire de désert, un souvenir d’enfant devenu rêve d’adulte, presque qu’un conte qui se déroule dans le silence du désert qui n’est interrompu que par les soupirs d’effort de Tahar et de quelques moments musicaux entre amis.

Frédérique Muller



Le film sera présenté en octobre dans le cadre du festival Alimenterre 2019

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