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Focus

Spray Can Arts : un collectif de street art à Liège

fresque au grand musée de Liège - Okuda / Spray Can Arts - photo (c) Miles Signs
La fresque urbaine – ou le paradoxe du visible. Retour sur une initiative artistique en plein quartier Sainte-Marguerite.
Liège, une ville profondément atypique. Saviez-vous que Chet Baker y joue de la trompette rue
Charles Morren? Qu’un oiseau y dépose tous les jours une bague de fiançailles à un homme au
chapeau melon rue Nagelmakers? Ou que Tchantchès et Nanesse – deux figures emblématiques
de la ville – se regardent intensément rue Petite Bêche? Ces scènes issues d’un autre temps ou
d’un imaginaire lointain trouvent leur origine commune dans la démarche d’un collectif local :

Spray Can Arts.

Spray Can Arts est un collectif de street art réuni en asbl depuis 2004. Au départ originaire du
collectif JNC, déjà actif dans les années nonante, cette association travaille à la création, la
promotion et à la diffusion de l’art urbain sous toutes ses formes. De nos fresques citées en début
d’article à la performance musicale du DJing, en passant par la danse et le stage à destination des
plus jeunes, Spray Can Arts se positionne en tant qu’acteur pluridisciplinaire majeur du bassin
liégeois. Situé depuis 2014 à la Centrale des arts urbains (Rue en Bois, à deux pas du quartier
Sainte-Marguerite), le collectif participe à l’embellissement d’une ville bien souvent décriée pour

ses tons de gris.

L’une des spécialités de nos liégeois : la fresque monumentale, pas moins d’une dizaine en Cité
ardente. Ces dernières sont d’ailleurs tellement bien « implantées » dans le paysage liégeois
qu’elles finissent par s’y fondre. Si cette situation semble être un gage de qualité, elle décrit
pourtant une réalité manifeste de notre quotidien urbain : nous n’y accordons que très peu
d’attention. Ces oeuvres observent en silence le flux du passage des usagers de la ville, de ces
gens plongés dans l’expectative du moment à venir et dans le respect crucial de l’agenda. Nous
faisons face à un paradoxe du visible.

Si les années septante restent au souvenir des belges une période faste de désacralisation de
l’art, force est de constater le retour d’une forme de conformisme académique dans les milieux
artistiques actuels. Ce fait, renforcé par notre quotidien chronométré et un phénomène de
gentrification largement dénoncé, rend encore plus importants les rôles de l’art urbain et du
travail de Spray Can Arts dans ces problématiques de l’espace publique. Le collectif propose ainsi
de nombreuses animations permettant de tendre vers la compréhension du phénomène :
initiation et réception ne sont que les deux faces d’une même pièce intrinsèquement politique,
celle du débat sur le rôle de l’art dans la société. Heureusement, le collectif n’est guère seul dans
ce combat et de nombreuses autres associations collaborent aux projets urbains. Ainsi, Paliss’art,
Party Harders, Hell’O Collective, Les Débrouillards, La Cabane Collectif et bien d’autres encore
alimentent une initiative citoyenne de décloisonnement du monde de l’art.


Alexis Messina

Les photos (sauf celle du train de Jabba) sont dues au "Peintre en lettres" liégeois Miles Signs,
collaborateur régulier du collectif Spray Can Arts


Pour ce qui est de Spray Can Arts, citadins liégeois et visiteurs d’un jour auront l’opportunité de
rencontrer le collectif à la Centrale des arts urbains, au « 6 » Rue en Bois afin d’y découvrir ses
artistes, son cadre original et sa salle d’exposition.


L’association réalisera également une carte blanche graphique en live à

PointCulture Liège
rue de l’Official

Samedi 21 avril, de 12h à 18h

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