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Femmes puissantes, une sélection de films docs

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Une playlist de films documentaires entrés récemment en collection (ces douze derniers mois), dont les portraits – collectifs ou singuliers – se concentrent sur des femmes, modestes ou puissantes, dans la rue ou les lieux clos, dans les médias, sur le ring ou le tatami, à la ville ou à la campagne, dans la vie de tous les jours, dans leurs relations au monde et aux autres (les hommes, mais pas que…)... Des femmes combattantes, dans le corps et l'esprit.

Sommaire

Adolescentes (FR – 2019 – 130 min) de Sébastien Lifshitz

Durant cinq ans, Sébastien Lifshitz et son équipe ont suivi deux femmes en devenir, depuis leurs 13 ans jusqu’à leur majorité. Cinq années de proximité – par intermittences – qui leur ont permis de s’apprivoiser les un·e·s les autres, avec une distance rarement égalée, à l’école, en famille, durant leurs temps libres, entre elles... Cinq années de transformations, dans la tête et le corps des deux adolescentes, ainsi que dans la société française de ces dernières années.

Femmes de combat - Deux films de Julie Talon

Deux portraits réalisés par Julie Talon qui, en corps à corps avec ses sujets, esquisse avec beaucoup de patience et de tendresse les forces et faiblesses de ses « héroïnes » : Laetitia (2017, 81 min), le portrait d’un retour d’une championne du monde de boxe thaïlandaise, une femme combative mais avec quelques kilos en trop... et qui désespère quelquefois son coach, et Rose (Comme si de rien n’était, 2013, 53 min), sa grand-mère, une forte tête qui perd la mémoire, ne se rappelle plus sa maladie… qui dit que ses filles l’emmerdent et qu’elle n’a pas l’intention de perdre son indépendance !

Au bonheur des dames ? (B – 2018 – 68 min) de Gaëlle Hardy et Agnès Lejeune

Au-delà des portraits croisés d’aide-ménagères qui disent leur condition, leurs gestes du quotidien et leurs maux, ce film à la mise en scène sobre et délicate met aussi en lumière les difficultés auxquelles est confronté ce secteur, le deuxième en importance après celui de la construction.

Filles de Mai (FR – 2019 – 94 min) de Jorge Amat

Des ex-militantes de Mai 68 (en France) témoignent de leurs combats et des difficultés d’une époque… La plupart – toujours vivantes – militent encore aujourd’hui… Les vieux réflexes propres au patriarcat n’ont pas – encore – disparu.

Kusama : Infinity (USA – 2018 – 73 min) de Heather Lenz

Yayoi Kusama, née en 1929, est une artiste singulière à plus d’un titre. C’est après avoir fui une éducation conservatrice au sein d’une famille dysfonctionnelle, dans un petit village du Japon, qu’elle arrive aux États-Unis, tentant de se faire une place dans le milieu artistique avant-gardiste… Il lui faudra affronter le sexisme, le racisme, ainsi que la stigmatisation de la maladie mentale et, plus tard, de son âge…

Haut les filles (FR – 2019 – 80 min) de François Armanet

Dix chanteuses charismatiques évoquent plusieurs décennies de rock français (au sens large), montrant notamment comment les femmes, face aux clichés virils, ont su réinventer le corps, le désir, l'apparence, à rebours de tous les codes sur la beauté, le vêtement, la décence, le genre.

Jeune bergère (FR – 2018 – 88 min) de Delphine Détrie

Delphine Détrie dépeint le quotidien d’une jeune mère célibataire, ex-parisienne, qui a tout quitté pour s’installer dans le Cotentin (Normandie) et réaliser son rêve : vivre au plus près de la nature et travailler en tant que bergère, seule avec son troupeau. Si les touches d’humour ne sont pas absentes de ce portrait délicat, le film montre aussi certaines difficultés liées au genre de la protagoniste en milieu rural.

Des rêves sans étoiles (Iran – 2016 – 76 min) de Mehrdad Oskouei

C’est avec beaucoup de ténacité que le cinéaste iranien Mehrdad Oskouei a pu obtenir les autorisations nécessaires pour filmer des jeunes femmes dans un centre de détention et de réhabilitation pour mineures, à Téhéran. Avec empathie, il les filme, les écoute, les considère et n’hésite pas à sortir d’une certaine réserve pour les questionner… La plupart sont désabusées, presque toutes sont brisées. Le film est touchant de sincérité de la part de celles qui, pour leur malheur, sont nées femmes dans des milieux précaires.

Ask Dr. Ruth (USA – 2019 – 95 min) de Ryan White

De facture assez classique, ce portrait documentaire dépeint pourtant le parcours d’une femme exceptionnelle, Ruth Wertheimer, qui a su libérer une parole en matière de sexualité et d’éducation sexuelle dans les médias d’un pays réputé pudibond en la matière…

Cinq films de Norma Marcos

La cinéaste franco-palestinienne tourne, lorsqu'elle le peut ou plutôt lorsqu'on le lui autorise, dans le pays qui l'a vue naître... et les femmes qui vivent sur cette terre occupent une place privilégiée dans sa filmographie. Dans Un long été brûlant en Palestine (2017, 74 min), Norma Marcos avait souhaité tourner un film sur sa nièce de 16 ans (déjà l'une des figures centrales d'un film réalisé 10 ans auparavant) et rendre compte du statut des femmes dans la société palestinienne contemporaine... Mais les événements en décideront autrement. Le film évolue dans la forme, passe de l'intime à l'histoire tragique, et raconte la guerre de l'été 2014 à Gaza, vue depuis la Cisjordanie.

Madame Fang (Chine – 2017 – 86 min) de Wang Bing

Wang Bing poursuit son auscultation de la société chinoise à travers le portrait de déclassés ou de sans-grades. Ici, comme souvent, il s’intéresse à une femme. Madame Fang est sur le point de mourir, entourée de ses proches, impuissants, qui la voient s’en aller lentement… Au-delà de ces figures incarnées, bien réelles, en plein désarroi et filmées avec empathie, le film peut aussi se lire comme une interprétation de la Chine contemporaine…

L’Œil du tigre (FR – 2018 – 78 min) de Raphaël Pfeiffer

Durant plus d’un an, Raphaël Pfeiffer a suivi le quotidien de Laurence et sa famille. Le rêve de cette femme de plus de quarante ans est de devenir championne de viet vo dao, un art martial vietnamien. Son défi est d’autant plus grand que Laurence est non voyante depuis plus de quinze ans, qu’elle aime faire la fête et n’a jamais fait trop de sport… Ce n’est pas un film sur le handicap mais bien sur celui d’une femme qui, à travers une pratique sociale, choisit de reconquérir son corps.

Woman (FR – 2019 – 103 min) d’Anastasia Mikova et Yann Arthus-Bertrand

Cette « entreprise » documentaire est le fruit d’un énorme travail réalisé aux quatre coins du monde sur plus de deux ans. Anastasia Mikova et Yann Arthus-Bertrand sont partis à la rencontre de femmes de toutes origines et de toutes conditions pour enregistrer leurs paroles et les montrer telles qu’elles sont, n’excluant aucune dimension de leur état, que ce soit dans la joie ou dans la douleur, au travail ou en famille, leurs défaites ou les injustices dont elles sont victimes, ou leurs conquêtes… Un portrait pluriel et bienveillant de la femme dans nos sociétés les plus diverses.

Mother (B/NL – 2019 – 82 min) de Kristof Bilsen

Le cinéaste belge Kristof Bilsen propose une immersion délicate et attentive dans un centre de soins thaïlandais pour patients occidentaux atteints de démence, et dresse un double portrait du déchirement : celui de Pomm, une aide-soignante jeune mère de trois enfants, contrainte, pour des raisons économiques, de travailler éloignée durant de longues semaines de ses proches, et celui d’une famille suisse qui, malgré ses inquiétudes, prend la décision de placer leur mère atteinte de démence précoce dans ce même centre ; elle sera confiée à Pomm…

Note : la bande-annonce est en anglais mais le film de notre collection est bien sous-titré en français

Indianara (Brésil – 2019 – 80 min) de Aude Chevalier-Beaumel

Durant deux ans, le film a suivi le quotidien de l’activiste et militante LGBTQ+++ brésilienne Indianara Siqueira dans son combat contre le sexisme, l’homophobie et le racisme d’une politique où les droits à la différence avaient déjà bien régressé sous la mandature du président Michel Temer, et se sont aggravés avec l’élection du président populiste et extrémiste de droite Jair Bolsonaro.

Femmes d’Argentine (AR/FR/UR – 2019 – 86 min), Juan Solanas

Dans cette enquête menée en Argentine où l’IVG est illégale, et où meurent de très nombreuses femmes des suites d’un avortement clandestin, le cinéaste Juan Solanas interroge la place de l’Église et plus largement la démocratie dans un pays où les inégalités sociales sont persistantes. Ce film engagé alterne des témoignages de victimes ou proches de victimes défuntes, de militant·e·s féministes ainsi que leurs manifestations dans les rues de Buenos Aires pour défendre ce droit fondamental.

Note : au moment de sa sortie, le film s’arrêtait sur une défaite et un immense désarroi… Mais, depuis le 30 décembre 2020, suite à un vote du Sénat qualifié d’historique, l’Argentine est désormais le premier pays catholique d’Amérique latine à légaliser l’avortement.

Les Roses noires (FR – 2012 – 74 min) d’Hélène Milano

La langue peut sauver ou trahir. Elle peut aussi être un moyen d’affirmation de son identité sociale ou de genre, et d’émancipation. La réalisatrice Hélène Milano est partie à la rencontre d’adolescentes et de jeunes femmes issues de cités en région parisienne ou des quartiers nord de Marseille, qui disent leur statut à travers les expressions langagières.

Photo de bannière © Zadig Productions

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