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Playlist et discographie: « Country Music » – Ken Burns (2019). Épisode 7 - Are you sure Hank done it this way ? (1973-1983)

Waylon Jennings
Musique très formatée ou expérimentations ? – Les années 1970 – Composé de neuf épisodes réalisés par Ken Burns, le documentaire Country Music retrace les origines et l’évolution de ce style de musique américain. Il décrit la grande histoire du genre mais aussi les moments intimes des divers artistes qui ont été essentiels pour l’évolution du style, mélangeant documents d’époque, extraits musicaux et nombreuses interviews. Retour sur les différents épisodes et conseils d’écoute, en neuf parties.

Sommaire

Pendant cette période allant de 1973 à 1983, la country music devient très lisse, très formatée et tend vers les marchés pop, mais en même temps, elle ne se laisse pas enfermer, et de nombreux artistes repoussent ses limites, avec des innovations, des expérimentations. Les épisodes 7 et 8 reprennent intégralement les épisodes de la version originale américaine, sans avoir été résumés, remontés et réduits en durée comme les autres épisodes de la version française du DVD.

Dolly Parton, à la recherche de l’indépendance

Après sept ans de participation à l’émission TV de Porter Wagoner, Dolly Parton souhaitait donner un vent nouveau à sa carrière ; elle voulait s’émanciper du contrôle permanent du chanteur, qui avait de moins en moins de succès. Elle avait enregistré « Mule Skinner Blues », un classique de Jimmie Rodgers, qui se transmet de génération en génération, et qui devient un hit. Wagoner l’encourage également à chanter ses propres compositions : « Joshua », « Coat of Many Colors » et « Jolene ».

« Dolly était intelligente, très intelligente. Je crois que Dolly a compris que sa carrière n’irait pas très loin tant qu’elle resterait dans l’ombre de Porter. » — Ralph Emery, WSM Radio, dans « Country Music »

Les tensions entre les deux artistes s’aggravent. Parton sait que Wagoner ne veut pas la laisser partir et écrit finalement un morceau pour exprimer ses sentiments. « I Will Always Love You », un hymne à Porter Wagoner, sera le plus grand hit de sa carrière.

La « countrypolitan » nashvillienne

À cette époque, le son déjà très lisse de Nashville était devenu encore plus lisse, encore plus commercial. Il avait été nommé « countrypolitan ». Les producteurs espéraient ainsi infiltrer le marché lucratif de la pop. Les artistes country n’étaient plus uniquement américains et les puristes ont été choqués lorsque l’artiste australienne Olivia Newton John a gagné un prix lors des Country Music Association Awards et l’année suivante, lorsqu’un prix a été attribué au chanteur folk John Denver.

Waylon Jennings, l’autre côté de Nashville

Il y avait cependant un autre côté de Nashville. La ville attirait en effet une nouvelle vague de jeunes auteurs-compositeurs qui savaient où ils voulaient emmener la country.

Waylon Jennings est né au Texas en 1937. Il adorait Hank Williams, qu’il écoutait avec sa famille à la radio, et commence très vite une carrière musicale. Il joue dans les bars et travaille comme DJ dans des radios locales, s’imprégnant d’autres types de musiques, du rock, notamment. Invité à Nashville par le chanteur Bobby Bare, il est pris sous l’aile du producteur Chet Atkins, avec qui il enregistre plusieurs albums, qui ont peu de succès : son premier disque est de style country folk, le second proposait le son lissé de Nashville de l’époque ; sur des albums suivants, il reprend des ballades pop mais rien de tout cela ne reflétait sa personnalité.

« C’était un véritable artiste. Il savait ce qu’il voulait. Mais il s’est retrouvé confronté aux mêmes choses que nous. Alors il a décidé de faire les choses à sa manière, rassembler ses musiciens en studio. Ce qui à l’époque n’était pas si simple que ça. » — Willie Nelson dans « Country Music »

En 1972, il change de manager et négocie un nouveau contrat avec RCA, un contrat qui allait casser toutes les règles en vigueur à Nashville: sa propre maison de production se chargerait de ses enregistrements, il choisirait ses chansons et n’enregistrerait qu’avec ses propres musiciens. Il commence également à utiliser un studio indépendant. Parallèlement, Jennings change de style, se laissant pousser les cheveux et s’habillant plus simplement en jeans et veste de cuir. Il sort l’album Dreaming My Dreams, en hommage aux légendes de la country et qui contient un titre marquant : « Are You Sure Hank Done It This Way ? ».

L’album est un énorme succès, et d’autres artistes, de Willie Nelson à Kinky Friedman, demandent le même type de contrats.

Emmylou Harris, entre folk, bluegrass et country

En Californie, divers groupes ont du succès avec une musique assez hybride, entre rock, folk et country. Parmi eux, il y a Gram Parsons qui avait formé les Flying Burritos Brothers. Il rencontre Emmylou Harris, qui écumait les scènes des festivals folk et qui n’était pas intéressée par la country. Lorsqu’il se prépare à enregistrer son premier album solo, il invite Harris aux répétitions et lui fait écouter les harmonies vocales des Louvin Brothers qui la séduisent immédiatement.

« Grâce à lui, je m’étais enfin trouvée en tant que chanteuse et je me suis totalement convertie à la country. (…) Le plus important, dans la country, c’est sa simplicité. Ce sont les histoires, la mélodie, le son et la voix. Et la sincérité. » — Emmylou Harris dans « Country Music »

En 1975, elle sort deux albums solo dans lesquels elle reprend des classiques de la country, « (Tonight) the Bottle Let Me Down » de Merle Haggard, « Coat of Many Colors » de Dolly Parton, « One of Those Days » de George Jones, « If I Could Only Win Your Love » des Louvin Brothers…

Elle s’entoure des meilleurs musiciens rock de la côte Ouest, avec lesquels elle fonde The Hot Band, et se lie d’amitié avec Rodney Crowell qui travaille sur ses albums. Ensemble ils transgressent les lois de la country tout en respectant ses racines. Son label voulait qu’elle enregistre des albums plus mainstream mais elle sort deux albums teintés de bluegrass.

Hank Williams Jr., le poids d’un héritage

Au milieu des années 1970, l’influence de Hank Williams sur le monde de la country n’avait pas diminué. Son fils, Hank Williams Jr., n’avait que trois ans et demi quand son père est décédé, mais sa mère, Audrey, l’a poussé sous les projecteurs dès son plus jeune âge pour garder vivant le souvenir de la star. Il donne son premier concert à huit ans et fait ses débuts au Grand Ole Opry à 11 ans.À 14 ans, sa mère avait négocié un contrat pour qu’il enregistre les chansons de son père.

« Depuis le début, mon père se débattait avec l’ombre du sien. Pas juste à cause des fans et des amis, mais aussi à cause de sa mère. Elle lui disait : "Chante les chansons de ton père, écris comme ton père". C’était très dur pour lui. » — Holly Williams, fille de Hank Williams Jr. et chanteuse, dans « Country Music »

À 18 ans, Hank Jr. décide de ne plus travailler avec sa mère, qui était son manager, et de prendre sa carrière en main. Il écrit ses propres chansons mais le public ne l’entend pas de cette manière, et il en bave pendant des années. Il se drogue et boit, et tente de se suicider, à l’âge de 25 ans. Mais il se reprend, quitte Nashville et s’installe en Alabama où il enregistre de nouvelles chansons pour son album Hank Williams Jr. and Friends, puis Family Tradition, qui sont de grands succès. Dans ses textes, il parle beaucoup du poids de son héritage et des traditions familiales.

« 9 to 5 », Dolly Parton superstar

Le septième épisode se termine avec un retour à Dolly Parton. Elle était frustrée par le cours qu’avait pris sa carrière, elle quitte Nashville pour rejoindre Los Angeles et engage de nouveaux managers. Elle enregistre un nouvel album, Here You Come Again. En 1980, elle atteint un niveau de célébrité encore plus grand avec son rôle dans le film 9 to 5 aux côtés de Jane Fonda et Lily Tomlin. Elle est devenue une superstar.

« Elle a fait tomber toutes les barrières. Dolly n’est pas country, elle n’est pas rock, elle n’est pas pop. Elle est tout. Et tout le monde l’adore. Elle ne voulait pas être cataloguée « Nashville ». C’est là que tout a commencé pour elle et elle le sait. Mais Dolly voulait être partout. Et c’est ce qui s’est passé. » — Brenda Lee dans « Country Music »


Texte : Anne-Sophie De Sutter

Image : Waylon Jennings, Performance Center de Cambridge (USA), 1975 - une photo de majunznk (via flickr)

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