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Force de travail, le côté obscur de la révolution numérique | Roberto Ciccarelli

numérique, capitalisme, Le travail, capitalisme de plateforme, force de travail

publié le par Alexandra Garin

Dans la cadre du cycle - Pour un numérique critique et humain.

Le philosophe et journaliste Roberto Ciccarelli nous propose une réflexion sur l’impact de la (r)évolution numérique sur la force de travail. Depuis sa première définition dans le contexte socio-économique du 19ème siècle, la force de travail trouve une interprétation moderne à la lumière de la naissance et de l’évolution des plateformes de travail en ligne. Même si l’ancien conflit entre le travail et le capital est toujours présent, le philosophe nous propose une réappropriation par le travailleur de cette force de travail dans le cadre d’une opposition plutôt de la personnalité vivante du travailleur au capital dans sa nouvelle forme digitale de l'âge néolibéral.

Passant par la description des mythes de la disparition du travail (le mythe de l'automatisation, le mythe de l'entreprise de soi et celui de la disparition du travail), Ciccarelli nous parle de l’invisibilisation de la force du travail, c’est-à-dire prétendre nier l’existence de la force de travail et penser que les marchandises se produisent par elles-mêmes. Cet ancien rêve du capitalisme réalisé aujourd’hui grâce au numérique mène à la création de cette nouvelle « gig economy » où les machines sont entrainées par les soi-disant travailleurs de la performance et du clic, les « gig workers » qui font un micro-travail hyperstandardisé. L'exemple de Facebook est bien connu : nous travaillons pour Mark Zuckerberg et nous ne le réalisons pas. Le travail n’est pas fini. Le concept de travail s’est transformé et élargi. Il a intégré son contraire : le jeu.

Cette situation confirme la centralité de la force de travail dans un processus continu d'exploitation et d'extraction de richesse. Pourtant, les luttes des livreurs de Deliveroo, des gig workers dans la plateforme Amazon Mechanical Turk, des chauffeurs Uber ont révélé que le gig work est un travail. Et donc terrain de combats politiques très humains.


Roberto Ciccarelli est philosophe et journaliste au quotidien Il Manifesto (Rome). Il a écrit Force de Travail. Le côté obscur de la révolution du numérique (DeriveApprodi editore, en italien). À paraître prochainement Le Capital inhumain. La vie en formation continue (IlManifestolibri, en italien).


Le cycle Pour un numérique critique et humain 18-19

De décembre 2018 à juin 2019, au rythme d’un rendez-vous mensuel, nous aborderons les impacts du numérique sur le travail.
Tout le programme ici !

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