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J'aime encore bien... Et vous ?

à voir plus tard

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publié le par Pierre Hemptinne

Le partage de références discographiques ou cinématographiques en dehors des algorithmes

Partager des références de disques ou de films « qui ont compté pour moi » est un exercice très ancien. Il existait bien entendu avant l’apparition de disques ou de films, à propos de livres, de sculptures, de choses vues dans les musées… Et il continue du reste à concerner l’ensemble des pratiques culturelles. Cela peut donner lieu à des formes très différentes, depuis l’exhibition d’une érudition orthodoxe ou complètement alternative et underground jusqu'au réel dialogue où l’on essaie de transmettre des émotions, une vision intuitive de la vie, de ce qui est bon, beau, de ce qui fait vibrer dans ces relations aux œuvres d’art.

Les algorithmes ont automatisé de manière redoutable cette manière de propager des goûts et des couleurs. Pour le meilleur et pour le pire. Ils permettent le fonctionnement d’outils de recherche épatants, ils facilitent la consultation de bases de données impressionnantes. A contrario, on peut les accuser d’enfermer dans certains circuits référentiels. Vous allez contribuer à alimenter en recommandations ceux et celles qui ont déjà aimé les mêmes choses que vous. Alors, où est le plaisir de la bifurcation, de l’inattendu, de l’impromptu ?

Il y a une vie d’échanges culturels à côté des algorithmes, il faut combiner les deux. C’est ce que propose les séquences J’aime encore bien d’Igor Karagozian (PointCulture). Un ou une artiste – donc quelqu’un de connu, qui pourrait vous être proposé par un algorithme – se confronte à une mémoire physique des patrimoines musicaux et cinématographiques : à savoir les collections matérielles de l’ex Médiathèque. Il réactive l’action de « chercher dans les bacs », les mains, les doigts qui fouillent, le regard qui scrute les pochettes. Il extirpe ce qui « fait sens », ce qui évoque un moment fort dans l’élaboration de sa culture sonore et visuelle et ensuite il s’en explique. Pas besoin d’un discours savant. Il suffit de quelques mots, quelques mimiques, et ça libère déjà tout un imaginaire non formaté, qu’il reste à explorer. L’intuition prime : cette manière de fonctionner inclut une certaine dose de hasard, des souvenirs peuvent resurgir face aux objets, ce n’est pas forcément les titres les plus évidents que la personne citerait dans un dispositif plus rationnel, plus froid. C’est aussi une sorte d’hommage à ce qui passait dans les médiathèques, des centaines de fois par jours, au temps de leurs heures de gloire : des bifurcations justement, « tomber » sur quelque chose qu’on aurait pas imaginer écouter et qui soudain, ouvre de nouveaux sillons, nouvelles perspectives, diversifie le cheminement que l’on poursuit dans les musiques et le cinéma. Dans le cas de J’aime encore bien, soit vous connaissez l’invité qui se prête au jeu et vous allez découvrir des morceaux de sa culture, de la matière référentielle avec laquelle il compose son œuvre, soit vous ne connaissez pas l’invité, mais il y a dans son choix des œuvres quoi ont aussi compté pour vous et ça vous dit de voir comment elles intègrent l’imaginaire de cet artiste. De toutes façons, cela propose des pistes non rectilignes, accidentées, des lignes brisées pleines de surprises et qui faussent compagnie à la recommandation automatisée ! Ça fait du bien de temps en temps ; une respiration.


Pierre Hemptinne


Ci-dessus, l'épisode le plus récent de la série, avec Roméo Elvis
Et en attendant les prochains, le lien vers les épisodes #1 à #10 sur PointCulture TV

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