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Portrait

URBNexpo | Portrait de Guy Rémy Vandenbulcke

Guy Remy Vandenbulcke

Guy Rémy Vandenbulcke ()

PointCulture Bruxelles, URBN, URBNexpo, PointCulture Liège

publié le par Alexandra Garin

La ville, c'est ... Dans ma démarche, l’univers urbain reste un point d’ancrage manifeste, du chaos aux énergies générées par les villes, dans un mouvement perpétuel et inlassable. L’espace urbain est vécu comme un réseau nerveux, un corps drainé par nos déplacements permanents, un coeur qui bat au rythme de nos pas.

Né en 52,
A étudié à l’université de Liège et à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles,
Vit et travaille à Bruxelles où il pratique la peinture.

www.lagalerie.be/guyremy


C’est un carrefour, ou une place. L’arrière-plan flouté n’en laisse pas deviner davantage. Sur la droite surgit un feu de signalisation que la perspective met à hauteur des formes à peu près humaines que sont les passants. Ceux-ci vont et viennent de tous côtés. Il n’y a pas de voitures, peut-être à cause du feu. Dans une légère contre-plongée, la scène s’étire à l’horizontale entre deux obliques qui font descendre le ciel jusqu’au sol. Sur cet arrière-plan minimal, les passants inscrivent une énergie douteuse. La tension entre les êtres crée un champ électrique, effet conjoint de la ligne (nerveuse), de la matière (glissante) et d’un sursaut de la couleur quand surviennent, côte à côte, deux traits orange et vert. La scène baigne dans un liquide gris-bleu. On ne dénombre que six ou sept personnes. Or, la disposition resserrée des corps, l’élan qui les propulse, laissent supposer qu’ils sont plus nombreux. La dynamique du tableau anticipe sur le fait que les rares espaces vides ne le resteront pas longtemps. Cette sensation entraîne un questionnement sur le point de vue, plus exactement sur la nature de l’observateur. Il y a un vertige dans ce regard de biais, de dessous, dans sa virtuosité même où s’abîme l’instant. Un bras se lève, insignifiant peut-être, mais en différé – serait-ce un appel ? Arrêté en plein vol, le geste va rester muet. Aucun cri ne perce la toile de ce moment exhibé dans tout ce qu’il comporte d’inachevé, de lacunaire, d’impatienté. Vers quoi s’acheminent les passants, leurs visages effacés ? Ils sortent du tableau, ils s’en vont. [CDP]

URBNexpo | Guy Rémy Vandenbulcke expose au PointCulture Liège du 10 février au 27 mars 2018 et au PointCulture Bruxelles du 8 février au 17 avril 2018.


- PointCulture : Un lieu urbain qui vous inspire particulièrement? 

Il n’y a pas de lieux précis, mais plutôt des amalgames nourris de multiples parcours sur les routes et dans les villes. Les grands carrefours où les foules métissées se croisent dans un flux permanent, le magma bouillonnant des immeubles des grandes cités contemporaines, les perspectives des routes, ponts et gares, les lieux de transit comme les aéroports.

- Une autre œuvre sur la ville, par un autre artiste que vous-même, éventuellement d’une autre discipline, importante à vos yeux?

Multiplicité d’œuvres dans des disciplines transversales, sans hiérarchie d’importance à mes yeux.
La série « Stadbild » de Gerhard Richter
La série « International landscape » de Yan Pei-Ming
Les peintures de foules et paysages urbains de Philippe Cognée.
Les dessins et croquis de l’architecte contemporain Massimiliano Fuksas
Spectacles de danse contemporaine dans la rue de la compagnie Ex Nihilo, dont notamment « Calle Obrapia »

En littérature, évocations de frôlements de foules traversant des carrefours dans « Parasites » de Ryu Murakami

- Une initiative citoyenne urbaine qui vous semble questionner la ville de manière pertinente?

Les aménagements de pistes cyclables qui traversent tout Bruxelles le long du Canal et qui relient Halle et Vilvorde en traversant la capitale de manière sécurisée.

La maison des cultures de Molenbeek qui base ses activités sur l’ouverture aux autres et le croisement de publics différents.

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