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Tour de France et autres courses cyclistes

Kraftwerk - Tour de France.jpg

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publié le par Philippe Delvosalle

De la « Grande Boucle » à « l’Enfer du Nord », d’Eddy Merckx à Miguel Indurain, de Louison Bobet à Jeannie Longo, une évocation de l’aura hypnotique des grandes courses cyclistes en chansons, films de fiction, documentaire virtuel, jeu vidéo et création radiophonique.

Sommaire

Kraftwerk : « Tour de France » (1983)

Édité à l’origine en deux versions, une face en allemand et une face en Français, le morceau a connu de très nombreuses adaptations, remix, relectures. Célébration des joies du cyclisme, il est composé de l’instrumentation électronique classique du groupe et de samples de mécanique de vélo. Le texte est ponctué dans les côtes par des soupirs et quelques ahanements essoufflés. [BD]


Telex : « Tour de France » (1980)

Chanté en anglais avec un accent français exagérément affecté, le texte est un détournement classique où Tour de France rime avec romance. L’auteur y poursuit une jeune fille de ville en ville, de Concarneau à Monaco. « Follow you too Paris, follow you to Nice. I ran I ran as if it was a race. » [BD]


Ludwig Von 88 : « Louison Bobet For Ever » (1987)

Dans son essai « Le Tour de France comme épopée », écrit en 1955 et publié en 1957 dans les Mythologies, Roland Barthes décrit le coureur breton Louison Bobet comme un « héros prométhéen ». Coureur intelligent et consciencieux, il sera avant tout un novateur tant dans le style de course que les méthodes d’entraînement. Après 122 victoires, un accident de voiture met un terme à sa carrière en 1961. Les Ludwig Von 88 lui rendent un hommage moqueur en 1987. [BD]


Oh Merckx est champion / Il sent la p'tite pastille / Pour Merckx c'est bien facile — Franky Bodet

Franky Bodet : ‎ « Eddy Merckx le champion » (1967)

Comment ne pas craquer sur une chanson faite à la gloire du champion du siècle tout en le soupçonnant gentiment de dopage. Ecrite à la suite de la victoire de Merckx aux championnats du Monde cycliste de 1967, cette chanson existe aussi dans une version flamande. Le chanteur Franky Bodet, né à Genk en 1934, était principalement connu pour ses interprétations de chansons de Luis Mariano. On est ici bien loin du style « opérettes » mais plutôt dans un style humoristique bruxellois fréquent à l’époque. Le disque est ponctué d’une très bonne imitation de Luc Varenne, commentateur vedettes de la RTB radio de l’époque, et d’une imitation caricaturale d’un commentateur italien criant un grotesque « Caramba Caramba ». Récupéré, dans les années 70 dans une caisse de disques reçu d’EMI pour faire des lots de tombola, j’ai longtemps cru que ce disque était voué au pilon et que j’en étais un des rares propriétaires. L’arrivée de Discogs m’a appris qu’il avait bel et bien été commercialisé. [Étienne Vernaeve, musicien et collectionneur]


Fred Poulet : « Walking Indurain » (1996)

Sous des faux airs de dérision, une ode aux ascensions héroïques. Entre commentaires allumés radiophoniques, et ressassements de l’échappé solitaire. D’abord des accords irréguliers, puis la chanson trouve son souffle et monte au train, crescendo. En danseuse dans les lacets. Alignée dans les longues rampes rectilignes. Hypnotisée par le « silence des boyaux sur l’asphalte ». Enfin, l’arrivée au sommet, exaltante, et la kermesse des émotions en liesse devant le champion hors norme, martien. 3’17, un bijou. [PH]


Ça n'est pas la peine de prendre chaud / Sous ton maillot / Comme Jeannie Longo / Qui n'étonne que les sots / Qui aiment bien le vélo / Comme Jeannie Longo / Même si tu peines / Je t'aime quand même / Sans ton maillot — Katerine

Katerine : « Comme Jeannie Longo » (1991)

Le cyclisme n’est pas que masculin. Le Tour de France non plus. De la toute fin des années 1970 au tout début des années 2010, la savoyarde Jeannie Longo gagnera 1200 courses, 59 titres nationaux, 13 titres de championne du monde, un titre olympique et trois tours de France (1988-1989-1990). C’est juste après cette triple victoire de la Grande Boucle qu’un jeune chanteur débutant, Philippe Katerine – qui n’est alors que le bourgeon du monstre créatif et médiatique qu’il va devenir quelques années plus tard – lui rend un hommage sous forme d’un haïku pince-sans-rire sur son premier (et à jamais plus bel) album Les Mariages chinois. Cinquante secondes chrono. Comme un sprint… lent et chaloupé.

Vingt-cinq ans plus tard, le chanteur nordiste Red (Olivier Lambin) en livre une passionnante relecture en compagnie d’enfants d’une école de Douai et au son d’une roue de vélo qui nous fait inévitablement penser à celle de Jac Berrocal et Vince Taylor en 1976. [PD]


Sylvain Chomet :
Les Triplettes de Belleville (2003)

Premier long métrage d’animation de Sylvain Chomet, Les Triplettes de Belleville dépeint avec humour, nostalgique et tendresse cette modeste France de l’après-guerre. Les références sont ici nombreuses et pour le moins variées ; un extrait de Jour de fête (un autre film où le vélo est roi), Josephine Baker ou encore le grand Fausto Coppi. Avec son design soigné et original, le film de Chomet nous fait revivre le Tour de France d’une bien belle manière. [MA]


Fons Feyaerts :
Le Roi du Mont Ventoux (2013)

Ce documentaire à la forme originale propose une confrontation virtuelle entre cinq vainqueurs historiques de l'étape du Mont Ventoux dans une seule et même course.

Les concurrents sont Eddy Merckx qui a gagné cette étape en 1970, Jean-François Bernard en 1987, Marco Pantani en 2000, Richard Virenque en 2002 et Juan Manuel Gárate en 2009. Ce sont les seuls vainqueurs dont on peut comparer les performances (même s’ils sont partis depuis des villes différentes et avaient donc, selon les courses, pas mal de kilomètres de différence dans les mollets avant les 21,6 kilomètres et 1 610 mètres de dénivelé de la montée finale !) en empruntant un itinéraire identique, depuis le village de Bédoin jusqu’au sommet du Mont Ventoux où se jouait l’arrivée.

Cette course virtuelle, construite à partir d’images d’archives qui s’étalent sur presque 40 ans, est commentée « en direct » par les journalistes sportifs Rodrigo Beenkens et Patrick Chassé, trois cyclistes vainqueurs et Davide Boifava, le directeur sportif de Marco Pantani (décédé en 2004). Il en manque un… C’est Eddy Merckx qui n’a malheureusement pu se libérer pour se livrer à cet exercice ! [MR]


Tour de France 2018
(jeu vidéo sur PS4 et XBOX One)

Si le cyclisme se vit le plus souvent devant un écran ou, pour les plus chanceux, sur le bord de la route, il existe pourtant un autre moyen de parcourir la Grande Boucle. Depuis le début des années 2000, l’éditeur français Cyanide propose, chaque été, une itération de l’un de ses jeux phares sur consoles : le Tour de France (suivi par l’année concernée), aussi dénommé Pro Cycling Manager dans sa version PC. Mélange de jeu de sport et de gestion, le titre permet à tout un chacun de prendre le contrôle de l’équipe de ses rêves et de tenter de s’afficher glorieusement. [OL]


Paris-Roubaix est une connerie ! — Bernard Hinault

Yann Paranthoën : Un Paris-Roubaix parmi 100 (1982)

Comme son nom l’indique Un Paris-Roubaix parmi 100 rend compte d’une édition de la célébrissime course cycliste d’un jour. Et, en termes de petite histoire du vélo, pas de n’importe quelle édition : celle où Bernard Hinault, qui détestait cette course tellement exigeante et cassante (chutes, crevaisons) qu’elle touche à l’inhumain avait donné raison à sa fanfaronnade d’avant-course d‘y participer une fois… de la gagner… et de ne plus jamais y mettre les pieds !

Ce qu’il parvint donc à faire, gagnant au sprint sur le vélodrome de Roubaix, après deux crevaisons et trois chutes. Lâchant un assassin « Paris-Roubaix est une connerie » quelques secondes après le passage de la ligne d’arrivée, il signait aussi la première victoire française (ou plutôt bretonne) de la course après la période de disette de vingt-cinq ans qui avait suivi la victoire de Louison Bobet (breton, lui aussi) en 1956 ! Dans cette création radiophonique, le réalisateur tire le portrait individuel vers la photo de groupe, en donnant aussi la parole aux mécaniciens, préparateurs et médecins, aux journalistes qui dictent leur papier par téléphone à leur rédaction… Et surtout, en sous face, il y a ce lien peu connu, très matériel mais peu raconté, qui relie le Nord et la Bretagne par la provenance des pavés de Paris-Roubaix qui, dans leur grande majorité, ont été façonnés par des tailleurs de pierre bretons, dont le propre père de Yann Paranthoën. [PD]

Philippe Harel : Le Vélo de Ghislain Lambert (2001)

Être coureur cycliste et être né le même jour qu’un certain Eddy Merckx, voilà un fardeau bien lourd à porter. Surtout quand les ambitions dépassent de loin le talent. Notre Benoît Poelvoorde national enfourche la « petite reine » dans cette comédie drôle et tendre qui rend hommage à tous ces « petits » coureurs, ces anonymes du peloton dont le courage n’a d’égal que l’amour du vélo. [MA]


Queen : « Bicycle Race » (1978)

Avec un texte écrit sur un coin de table : « Bicycle bicycle bicycle I want to ride my bicycle bicycle bicycle » complétée par des évocations, pêle-mêle de John Wayne et Jésus-Christ, de Star Wars et du Watergate, le morceau est une célébration, sans surprise, des joies du cyclisme, ornementé d’un fort joli interlude interprété à la sonnette de vélo. Il y est également question d’admirer le paysage parcouru et les fesses des cyclistes. [BD]



Une playlist collective de PointCulture coordonnée par Philippe Delvosalle
avec les contributions de Benoit Deuxant, Michael Avenia, Philippe Delvosalle, Pierre Hemptinne, Marc Roesems.

Prix spécial de la combativité à Étienne Vernaeve, contributeur extérieur.


Image de bannière : pochette du disque Tour de France de Kraftwerk (Kling Klang / EMI)