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Reykjavik (et l'Islande) au cinéma

à voir plus tard
Cold Fever - Fridrik Thor Fridriksson 1995
En sept propositions (films documentaires et de fiction et une série télévisée) un tour de l'île entre road movies initiatiques et huis clos angoissants, paysages bouleversants, êtres surnaturels invisibles et crise économique et financière bien réelle...

Sommaire

Reykjavik n'est bien sûr pas une ville traditionnelle de cinéma comme Los Angeles (Hollywood), Rome (Cinecittà), Berlin (Babelsberg) ou Le Caire. On ne peut pas attendre d'un pays de 300.000 habitants qu'il produise autant de films que ces grands centres mondiaux de l'industrie audio-visuelle. En comparaison, le cinéma islandais a longtemps plutôt ressemblé à un artisanat. Depuis quelques années, cependant, des cinéastes comme Fridrik Thor Fridriksson (Children of Nature, Cold Fever, etc. ), Solveig Anspach (Stormy Weather, Back Soon), Dagur Kári (Noi albinoi) et Baltasar Kormákur (101 Reykjavik, Jar City, Trapped, etc.) ont mis l'Islande sur la carte du cinéma mondial. Même si leurs films ne sont pas encore systématiquement édités en DVD.

Stormy Weather (Solveig Anspach, 2003)

Isolement, dépression, alcoolisme, enfermement dans un quotidien exécrable : c’est une vision anti-touristique au possible que la cinéaste Solveig Anspach nous renvoie de son pays d’origine. Cora, psychiatre, part à la recherche d’une de ses patientes, une Islandaise que les services sociaux français se sont empressés de rapatrier. Cora débarque sur une île isolée, à la fin de l’hiver. C’est la découverte d’un pays au climat hostile, vivant dans l’ennui et dans la répétition de tâches ingrates sous la menace de l’éruption brutale d’un volcan. On est très loin de Reykjavik, de la plus grande diversité de ses propositions, de la vie qui s’y déroule peut-être un peu plus facilement… Pour autant, sur l’île, la capitale fait figure de repoussoir. Les malades, les inadaptés y sont envoyés lorsqu’on ne peut plus rien pour eux. Force est de constater l’effroi que cette perspective suscite chez les personnes concernées. La longue nuit d’hiver peut-elle paraître plus supportable là-bas ? Il n’y a pas, chez ces habitants de l’arrière-pays, d’attirance particulière pour Reykjavik qui, pourtant, concentre la majeure partie de la population islandaise. [CDP]

-- longue critique du film par Pierre Coppée (La médiathèque / À découvert, 2006):





Back Soon (Solveig Anspach, 2008)

Mère de deux garçons, la taciturne Anna Halgrimsdottir veut changer d’air et quitter l’île, et doit pour ce faire revendre/refiler son profitable petit commerce de marijuana (c’est-à-dire surtout la liste de ses contacts téléphoniques). Mais durant les deux jours de délais demandés par son acheteur pour réunir la somme, Anna va vivre des aventures aussi perturbantes que rocambolesques. Une oie avale le précieux et bruyant portable, et la voilà contrainte de battre la campagne islandaise, tandis que sa maisonnée (on ne ferme jamais la porte à clé de son logis en Islande) se peuple d’une faune bigarrée qui attend joyeusement son retour. Et parmi elle se trouve un étudiant français un peu déboussolé… Entre paysages inspirants de beauté, satire sociale douce et pétage de plomb hilarant, Back Soon est un bon (et vrai) moment de rock& roll !  [YH]


Inside Job (Charles Ferguson, 2010)

L’Islande est réputée être une démocratie stable avec un niveau de vie élevé, avec jusque récemment un taux de chômage et une dette publique extrêmement bas. Mais en 2000 le gouvernement islandais commence une politique étendue de dérégulation qui aura des conséquences désastreuses, une situation complexe qui constitue le point de départ d’Inside Job. Charles Ferguson tente de révéler certains mécanismes qui sont à l’origine du krach financier de 2008 à travers des interviews approfondies avec des économistes, politiques, journalistes et universitaires. Un des aspects important du système financier global est la privatisation des banques à travers le monde. Malgré la petite taille des banques islandaises, elles sont devenues temporairement des paradis fiscaux : En 5 ans elles ont emprunté 120 milliards de dollars, c’est-à-dire 10 fois l’économie islandaise ! Quand Lehman Brothers et l’AIG ont fait faillite, l’Islande et le reste de l’économie mondiale ont été frappés par une grande récession.  [RC]



Trapped (série télévisée de Baltasar Kormákur, 2015)

Peu de temps après l’accostage d’un ferry en provenance du Danemark dans le petit port de Seyðisfjörður, au fond d’un fjord de la côte Est de l’Islande, on repêche un cadavre mutilé. Alors que les trois policiers locaux attendent les renforts des équipes spécialisées de la capitale (à l’autre bout du pays, une heure en avion, huit heures par la route), les éléments météorologiques se déchainent et le blizzard coupe du reste du monde les 700 habitants du village, les passagers et l’équipage du navire – et le meurtrier ! Par ce huis clos sur une communauté ouverte sur le monde (par sa nature de port) mais temporairement fermée sur elle-même (et ses visiteurs), cette série de « Nordic noir » (récit policier scandinave) imaginée par l’acteur (p.ex. Illegal Traffic) et réalisateur Baltasar Kormákur pose une réflexion allégorique sur l’Islande d’après la crise de 2008 : sa place dans une économie désormais mondialisée, la spéculation immobilière qui la ronge, l’accueil des réfugiés qui la divise, etc. Présente par quelques plans, Reykjavik est essentiellement hors cadre. C’est la ville des renforts qui ne viennent pas, de la police scientifique, des spécialistes maintenus à distance. Et quand ils peuvent enfin prendre l’avion et atterrir, c’est pour faire étalage d’un sentiment de supériorité totalement déconnecté de la réalité du terrain.  [PhD]


Enquête sur le monde invisible (Jean Michel Roux, 2002)

A l’occasion d’une première visite en Islande, le réalisateur découvre qu’une majorité d’insulaires pensent qu’il y a autour d’eux des êtres qu’ils ne voient pas : elfes, trolls, gnomes, fantômes, esprits… et certains affirment être en contact avec ces êtres surnaturels. Il décide d’enquêter sur le phénomène. Reposant sur des confessions troublantes – d’hommes et de femmes de toutes catégories sociales – ce film, résultat de plusieurs années d’investigation, se situe à la croisée du documentaire et du film fantastique : bande-son ambient, mise en scène assumée des intervenants et superbe photographie d’une nature primitive.  [MR]


Rokk í Reykjavík (Fridrik Thor Fridriksson, 1982)

Rokk í Reykjavík est un documentaire qui permet non seulement de se rendre compte de l'effervescence régnant au sein de la scène underground islandaise en pleine expansion du début des années 1980 mais aussi d'aborder des thèmes de société via des portraits d'une jeunesse tournée vers les différents courants issus du punk et du Do it yourself. Le travail du réalisateur Fridrik Thor Fridriksson ne se cantonne pas au rendu type de captations de concerts conventionnelles. Tourné le plus souvent dans des clubs de la ville ou dans des salles de cinéma, il donne la parole aux musiciens de ces groupes sans paternalisme ou jugement de valeur et avec un langage cinématographique propre aux meilleurs documentaires du genre. Espérant trouver une résonance et une audience plus importante via les salles obscures, le réalisateur fut vite refroidi par la censure islandaise qui au vu de la teneur subversive de certains propos interdit le film au moins de 14 ans. À noter parmi les nombreux groupes présents dans ce film, la présence de la chanteuse Björk alors seulement âgée de 16 ans et membre à l'époque de Tappi Tíkarrass (dont le nom signifie « botte le cul des putes » en islandais) juste avant qu'elle ne forme son groupe anarcho-punk K.U.K.L. qui devint par la suite The Sugarcubes.  [DM]



Cold Fever (Fridrik Thor Fridriksson, 1995)

Cold Fever est un road movie initiatique du réalisateur islandais Fridrik Thor Fridriksson qui met en scène un homme d’affaire japonais, détourné de ses vacances à Hawaii par le devoir familial, et débarqué au contraire dans les frimas de Reykjavík. De là, Il lui faut parcourir l’Islande à la recherche de la tombe de ses parents afin d’accomplir le rituel shintoïste qui doit assurer le salut de leur âme. Interprété par l’excellent acteur Masatoshi Nagase, plus imperturbable que jamais, l’homme va rencontrer sur son chemin une galerie de personnages excentriques et hilarants et traverser à contrecœur des paysages fantastiques qu’il contemplera avec la plus grande indifférence.  [BD]



une playlist de PointCulture
réalisée par Catherine De Poortere, Roxana Černický, David Mennessier, Marc Roesems, Benoit Deuxant, Yannick Hustache et Philippe Delvosalle.

photo de bannière:
Cold Fever, Fridrik Thor Fridriksson

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