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Playlist

Nos films, séries et documentaires préférés en 2021

bannière coups de coeur cinema 2021
Des fermetures épisodiques n’auront pas eu raison d'un cinéma qui se sera distingué par la qualité générale de ses productions, également moins nombreuses à atteindre le grand écran. Un bel éventail de films dont aucun ne prendra les devants de façon spectaculaire. Nos favoris de cette année reflètent la vivacité d'une forme plus que jamais apte à révéler de nouvelles manières de voir et de sentir. Tour d'horizon des coups de cœur de la rédaction.

Sommaire

Anne-Sophie De Sutter

Sweet Thing, Alexandre Rockwell

Sorti au milieu de l’été 2021, Sweet Thing est totalement passé inaperçu ; cependant il fait partie des films qui m’ont le plus touchée, et qui des mois plus tard hantent encore mon cerveau (c’est le critère principal de mes choix). Tourné en noir et blanc, ce film renvoie au cinéma indépendant des années 1990, et porte un regard très tendre sur l’enfance et l’adolescence.

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Promising Young Woman, Emerald Fennell

La masculinité toxique est un des thèmes récurrents dans les films qui sont sortis au cinéma en 2021. Promising Young Woman pousse le sujet à l’extrême. Ce n’est sans doute pas le meilleur du film du monde, mais le sujet qu’il aborde est traité de manière explosive et innovante.

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The Last Duel, Ridley Scott

The Last Duel est un film qui raconte un récit du passé mais en abordant un sujet contemporain – la question du viol et du consentement dans ce cas. L’histoire (vraie) est la suivante : dans la France médiévale, Marguerite (Judie Comer), la jeune épouse de Sire Jean de Carrouges (Matt Damon), accuse Jacques le Gris (Adam Driver) de viol. Mais qui dit la vérité ? Le film répète l’histoire trois fois, montrant successivement les points de vue de Sire Jean, de Jacques et de Marguerite, ajoutant des nuances et guidant le spectateur dans l’un ou l’autre sens. Certaines scènes se répètent, d’autres s’ajoutent, la conclusion est celle qui est racontée dans les chroniques du Moyen-Âge. Le mari ne pense qu’à sa descendance et rudoie sa femme, Jacques le Gris est un flamboyant personnage et un vil séducteur, mais est-ce que ces raisons sont suffisantes pour croire ce que dit une Marguerite très effacée ? Le spectateur est influencé par les images et se rend compte à la fin du film qu’il a probablement défendu la mauvaise personne, perpétuant des siècles de domination masculine. J’avoue que j’ai été fascinée par la manière dont Ridley Scott a réussi à me manipuler par le pouvoir des images et la manière de présenter les personnages.

The Power of the Dog, Jane Campion

Un film troublant, inspiré du western, mettant en scène un Benedict Cumberbatch torturé.

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Annette, Leos Carax

Comment ne pas être séduit par cet opéra rock dont la musique a été composée par les Sparks ? Mais ce n’est pas juste une comédie musicale, le film, qui commence comme une superbe romance, aborde des sujets aussi difficiles que les revers de la célébrité, les rapports de domination entre hommes et femmes (à nouveau), la solitude et l’exploitation des enfants stars.

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Catherine De Poortere

Serre moi fort, Mathieu Amalric

Ce road movie d’amour fou m’a sans doute fait davantage pleurer que n’importe quel autre film cette année. Et pourtant, dans ce portrait de famille en forme de puzzle musical, que de joie, de vie et de liberté !

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Annette, Leos Carax

Une comédie musicale qui prononce ses adieux à la romance en convoquant ce qu'elle a de plus sublime et de plus toxique.

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Olga, Elie Grappe

Un corps de jeune fille qui défie les lois de son physique, un regard d’adolescente sur le pouvoir, le sport au tribunal des loyautés, les déchirements d’une révolution : intense et juste, ce premier long métrage d’un cinéaste de 27 ans offre un récit haletant qui bouscule les représentations.

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The Power of the Dog, Jane Campion

Douze ans après le très beau Bright Star, Jane Campion revient au cinéma avec un grand film médidatif. Dans un Far West de 1925 planté sur un plateau néo-zélandais se déroule un récit de Caïn et Abel dont on dévie assez vite pour obliquer vers des enjeux d’aujourd’hui. A décor trompeur, histoire trompeuse. Circonscrit par un ranch bordé de montagnes, le paradis reste une trappe à ciel ouvert, un lieu arriéré, isolé, décontextualisé. Et surtout : un monde d’hommes. Des hommes entre lesquels les rapports sont moins des rapports de pouvoir que de vulnérabilité. Sous les cuirasses, la peau est le vrai sujet du film. Pour dire une présence qui se manifeste tant par sa brutalité que par son attrait sensuel, et pas seulement celle des hommes, mais le pelage des bêtes, proies et prédateurs, les flancs lisses de la montagne dont la soie soudain se fend et s’effrite, Jane Campion invente un geste unanime qui sans mot dire dénoue tout ce qui, dans l’esprit de l’époque, sépare les hommes du paysage.

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Encanto, la fanstastique famille Madrigal », Byron Howard, Jared Bush et Charise Castro Smith.

Épaisseur historique, sociale, humaine, Disney nous enchante cette année encore avec un nième récit initiatique dont la magie tient autant à l’animation virtuose qu’à l’énergie que lui insufflent des sujets féminins dotés de personnalités et de physiques remarquables. Voyez ici ces nez que l’on ne cache plus et ces tailles qui s’épaississent ! Et si ces héroïnes portent avec une grâce jamais compromise leur part de critique à l’encontre des princesses d’avant, c’est également la volonté de cette saga haute en couleurs de montrer comment, pour se régénérer, une société ne peut compter que sur la puissance du collectif.

Igor Karagozian

Médecin de Nuit, Elie Wajeman

Film sombre et hybride qui emprunte autant au thriller noir qu’au drame social, Médecin De Nuit captive et touche notamment grâce à la performance d’un Vincent Macaigne juste, sensible et humain.

On y suit Mikael, qui en bon samaritain tente d’aider des toxicomanes, pendant une nuit de travail se transformant au fil des heures en une spirale angoissante et délétère.

Elie Wajeman traduit ici avec sensibilité et sincérité la solitude et la fragilité d’un métier finalement mal (re)connu.

Philippe Delvosalle

Les Indes galantes, Clément Cogitore

Symboliquement, au fil des douze représentations, une nouvelle génération ‘prenait’ la scène de la Bastille. Le documentaire [making of du projet de Clément Cogitore], lui, capte le rêve d’un autre monde à l’opéra. — Clarisse Fabre, Le Monde, 23 juin 2021

Mon film préféré de 2021 date de 2017. Et mon film préféré de 2021 dure 5 minutes. Loin devant, beaucoup plus haut, enfoncé nettement plus profondément en moi que les centaines d’heures d’autres images vues cette année, il y a la force et l’émotion de cette rencontre dansée et filmée entre un opéra-ballet orientalisant et exotisant de 1735, nourri du mythe du « bon sauvage » et une série de groupes de danseurs urbains (de krump, de voguing, de hip-hop, etc. ). Le réalisateur (du presque tout autant bouleversant Braguino, aussi en 2017) et futur metteur-en-scène des Indes galantes (sur la même scène, avec les mêmes chorégraphes et danseurs, en 2019) filme de l’extérieur du cercle l’étincelle qui devient explosion, la beauté de la musique qui nourrit celle des corps en mouvement.

Lovers Rock, Steve McQueen

Ce deuxième volet de Small Axe, la série anthologique de cinq films consacrés par le réalisateur de Hunger, Shame et 12 Years a Slave à la communauté antillaise / caribéenne de Londres (des années 1960 aux années 1980) compose (presque) avec une unité de lieu et de temps : une romance en musique, lors d’une soirée reggae dans une maison privée vers la fin des années 1970, de l’installation du sound system et de l’effervescence en cuisine dans l’après-midi, à la soirée elle-même et à la fin de celle-ci au lever du jour, au petit matin suivant.

On The Spectrum, Dana Idisis & Yuval Shafferman

Plus que tous les reportages sur le sujet, cette série télévisée israélienne de fiction change notre regard sur ce qu’on appelait jadis l’autisme et aujourd’hui le « trouble du spectre de l’autisme » (TSA) à travers le quotidien d’une colocation de deux jeunes hommes et d’une jeune femme atteints de troubles autistiques à Tel Aviv. Fiction qu’on sent très nourrie d’observation et de connaissance d’essence documentaires, On the Spectrum prend la forme d’une comédie douce-amère, souvent très drôle (humour de décalage naissant d’une vision et d'une appréhension du monde tout à fait différentes de la nôtre) et parfois très triste (la solitude, l’incompréhension, le besoin d’amour).

Une sélection de Catherine De Poortere, Anne-Sophie De Sutter, Igor Karagozian et Philippe Delvosalle

Image de bannière : Sweet Thing / Serre-moi fort / Médecin de nuit / Les Indes galantes