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Playlist

Molière I : une médiagraphie audiovisuelle pour ados et adultes

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À l’occasion des 400 ans de la naissance de Molière, la bibliothèque centrale pour la Région de Bruxelles-Capitale nous a demandé d’assembler deux sélections de musiques et de films, l'une destinée aux ados et adultes, l'autre au jeune public. Dédiée à un public adolescent et adulte, la présente médiagraphie se penche tant sur l’œuvre et la personnalité de Molière que sur ce XVIIème siècle qui l’a vu prospérer et s’éteindre : adaptations de pièces, fictions autour de l'auteur ou de son époque, relectures cinématographiques contemporaines, films documentaires et musiques. Et bien que la majorité des titres présentés fasse partie des collections de PointCulture (DVD, CD, …), quelques références télévisuelles et radiophoniques (émission, podcast, …) viennent compléter l’échantillon.

Sommaire

Molière (2007) de Laurent Tirard

Le Molière de Laurent Tirard, bien que comédie qui s’assume, n’en demeure pas moins une réflexion sur les potentialités que recèle le théâtre. À travers son film, le réalisateur s’interroge : pourquoi ne pourrait-on exprimer des idées signifiantes et, dans le même temps, faire pouffer son audience ? La tragédie cornélienne serait-elle seule en mesure d’explorer l’âme humaine et en extraire l’essence ? C’est là toute la problématique qui traverse cette libre relecture de la personnalité de Jean-Baptiste Poquelin – interprété par Romain Duris –, encore vierge de ses succès futurs à la cour du Roi Soleil... [SD]

Le Roi danse (2000) de Gérard Corbiau

Contrairement à ce que son titre suggère, ce film à la fois historique et musical réalisé par le Belge Gérard Corbiau resserre moins sa focale sur la personne de Louis XIV – et son attrait pour la danse – que sur la collaboration et la rivalité qui rythmèrent la cohabitation à la cour de Lully et Poquelin, tous deux Jean-Baptiste de leur prénom. Dès lors, Le Roi danse reconstitue l’invention hybride de la comédie-ballet par les deux compères et futurs ennemis, concept mêlant théâtre et musique et dont l’apparition coïncide précisément avec le déclin des aptitudes de leur monarque à prendre part au spectacle... [SD]

Don Juan (2022) de Serge Bozon

Dans cette relecture aux antipodes du mythe, la pièce de Molière offre quelques-unes de ses cruelles réparties à une paire d’amants autrement plus tortueux que leurs ancêtres. Transposée à notre époque, la tragédie du séducteur laisse place à une réflexion sur le couple. En premier lieu, il s’agit de déconstruire un personnage aujourd’hui érigé de manière expéditive en modèle des masculinités toxiques. Ensuite, par l’usage d’une forme musicale dédiée à l’expression de l’intime, il s’agit de montrer ce que la fidélité dans le couple doit à la confiance, notion désormais en crise et à ce point fragilisée qu’un seul regard suffit à la mettre en déroute. [CDP]

Alceste à bicyclette (2012) de Philippe Le Guay

Sous prétexte de mimétisme, l’ego de l’acteur (Fabrice Luchini doublé de Lambert Wilson) menace de prendre toute la place dans cette relecture du Misanthrope qui, cherchant à plaire au plus grand nombre, croise comédie sentimentale et film sur le théâtre. Heureusement, de l’opposition qui se joue au cœur de l’intrigue entre art de la scène et prime time, la langue ressort triomphante. Représentant un bon tiers du film, les séances de répétition offrent un éclairage fervent - quoique résolument pédagogique - sur un texte qui gagne à être entendu sous la forme de morceaux choisis. [CDP]

Le Bourgeois gentilhomme (2005) : musique et mise en scène de Vincent Dumestre et le Poème Harmonique

Fruit de longues recherches, cette représentation est une recréation de la version d’origine. Loin de se limiter à la partie parlée, le spectacle comprend les parties musicales de Lully, les danses, les maquillages, la déclamation de l’époque. Même l’éclairage a été restitué grâce à 500 bougies, achevant de donner l’illusion d’un voyage dans le temps. Une grande fête baroque bien différente des productions modernes. [NR]

Les Enfants de Molière et de Lully (2005) de Martin Fraudreau

Du printemps à la fin de l’été 2004, à l’abbaye de Royaumont, comédiens, danseurs, chanteurs et musiciens travaillent Le Bourgeois Gentilhomme au plus près de sa version d’époque (1670). Si la pièce reste un monument du théâtre classique, elle a peu à peu perdu sa forme d’origine. Les parties chantées et dansées ont été écartées ; la musique de Lully oubliée ; son esprit baroque effacé.

Le film rend compte du travail artistique de restitution et de recréation de la pièce dans toute ses dimensions : répétitions, entretiens sur la comédie-ballet, l’ornement dans le chant, les libertés et contraintes de la création, voire des improvisations pour certain·e·s (il ne reste aucune chorégraphie d’époque de la pièce, par exemple), etc. Beaucoup de difficultés attendent les interprètes : le jeu sera purement frontal. Le texte, en vieux français, sera déclamé dans les règles de l’époque. La gestuelle précise correspond aux codes de la fin du 17e siècle et le moindre mouvement de la main sera porteur de sens… [MR]

Molière l'Africain (2022) de Radio France Internationale (RFI)

Traduit dans plusieurs dizaines de langues, Molière est le dramaturge français le plus joué à l’étranger. Cette capsule vidéo se penche sur le cas particulier des liens entre l’Afrique et Molière, et apporte un éclairage sur la manière dont son œuvre est arrivée sur le continent Africain au 19e siècle avec les instituteurs français, sur sa réception, sa réappropriation, sa réactualisation. Une excellente introduction aux questions de l’enseignement, de la colonisation, de la francophonie à partir de la littérature. [MDR]

La Comédie-Française ou L'Amour joué (1996) de Frederick Wiseman

Pour la première fois, un réalisateur est autorisé à documenter tous les aspects et tous les lieux de la plus vieille compagnie de répertoire au monde, la Comédie-Française. Fidèle à l’approche sociologique qu’il adopta dès ses premiers films documentaires, le cinéaste américain Frederick Wiseman ausculte et écoute tout ce qui se joue et s’échange dans cette institution séculaire, adoptant la forme longue (près de quatre heures) et sans aucun commentaire : du conseil d’administration à l’atelier et dépôt des décors (à Sarcelles), des échanges entre metteurs en scène et acteurs sur la valeur et la signification des mots à la conception des costumes en passant par la billetterie… Le film suit également des répétitions et représentations de quatre pièces classique, dont le Dom Juan ou Le Festin de Pierre de Molière. [MR]

Le Malade imaginaire (1990) sous la direction de William Christie

Le Malade imaginaire est la dernière oeuvre écrite par Molière. Elle est le fruit d’une nouvelle collaboration entre l’auteur et Marc-Antoine Charpentier, suite à la brouille qui l’opposa à Lully. La musique de ce nouveau « meslange de comédie parlée, d’entrées de ballet et d’intermèdes musicaux » a subi de nombreuses coupes pour se conformer aux décrets de plus en plus restrictifs imposés par Lully. Cet enregistrement en reprend ici la version originale et intégrale des parties musicales, telles qu’à sa création, en 1673. [NR]

Le Misanthrope (2022) interprété par Kery James

À l’occasion d’une émission du Grand échiquier célébrant les 400 ans de Molière, le rappeur Kery James accompagné par un pianiste, slame une création autour du texte du Misanthrope. Afin de souligner la dimension toujours actuelle de l’auteur, il fait précéder à une tirade D’Alceste (Acte I, scène 1), son propre texte écrit en vers, qui aborde des thématiques politiques, sociales et engagées (gilets jaunes, colonies, grand remplacement). [IK]

Musique pour George Dandin (2020) interprété par Gaétan Jarry et Marguerite Louise

En juillet 1668, Louis XIV organise un Grand Divertissement royal dans les jardins de Versailles pour célébrer la paix d’Aix-La-Chapelle arrachées aux Pays-Bas espagnols. Il commande une comédie en musique à Molière. Ce sera George Dandin, qui aborde le thème du mariage de raison (désastreux) et de l’ambition sociale. Molière recourt à Lully pour la musique, rassemblée sur cet enregistrement sous la forme d’une agréable pastorale en musique. [NR]

Une médiagraphie collective de : Simon Delwart, Catherine De Poortere, Marion De Ruyter, Igor Karagozian, Nathalie Ronvaux et Marc Roesems

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