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Liège au cinéma

Le quatrième mur - (c) Marie-Françoise Plissart
De l'architecture contemporaine au centre ville (un théâtre-phare, un centre commercial) au stade et aux friches des quartiers désindustrialisés de la périphérie (Cheratte, Droixhe, Sclessin), un portrait en cinéma de l'agglomération liégeoise entre documentaires et fictions.

Sommaire

Eldorado (Bouli Lanners, 2008)

Second long métrage de fiction de Bouli Lanners (après Ultranova), Eldorado est un road movie lumineux et surréaliste qui emprunte beaucoup au western américain. L’utilisation du format CinemaScope, de couleurs saturées et de nombreux travellings latéraux, donne une toute autre image de la Wallonie que celles dont nous sommes coutumiers.  [MA]


La Raison du plus faible (Lucas Delvaux, 2006)

Principalement tourné dans le quartier de Droixhe, La Raison du plus faible s’inspire d’une prise d’otage survenue à la fin des années 1990 à Tilff (en région liégeoise) et qui se termina par un spectaculaire lâché de billets de banque du haut d’une tour. Entre polar, drame social et comédie, le film de Belvaux dénonce avec virulence l’illusion de l’argent et la précarité prolétaire.  [MA]


Le Silence de Lorna (Jean-Pierre & Luc Dardenne, 2008)

Le cinéma des frères Dardenne cristallise les contradictions. Étiqueté comme « social », on lui reproche son invraisemblance; jugé austère, sa virtuosité dérange. Ni séduisant ni distrayant, il remplit les salles et remporte de nombreux prix. Mais c’est un cinéma de mouvement, un espace insaisissable, fuyant, fissuré, dont l’image surgit comme un accident...  [CDP]

suite de l'article:


Jeux d'enfants (Yann Samuell, 2003)

Souvent comparé abusivement au Fabuleux destin d’Amélie Poulain, le premier film de Yann Samuell (qui révélera le couple Cannet/Cotillard à l’écran) est un conte cruel et plein de fantaisie tourné majoritairement dans la Cité ardente. Les spectateurs attentifs reconnaîtront en effet certains endroits typiques comme l’aquarium Dubuisson, la Casa Ponton, la cité de Droixhe ou encore le campus universitaire du Val Benoît.  [MA]


Les Acharnés / Fous de foot (Manuel Poutte, 2012)

Je suis supporter du Standard (Riton Liebman, 2013)

La géographie du football est capricieuse, complexe (parce que qu’elle se passe autant dans la tête que les pieds au sol). La géographie du foot liégeois n’est pas en reste : entre un club errant (le FC Liégeois), sans domicile fixe depuis la destruction du stade vélodrome de Rocourt dans les années 1990 et la forteresse rouge du stade Maurice Dufrasne du Standard de Liège (« le chaudron » ou « L’Enfer de Sclessin »), avec sa tribune « coté Meuse » et sa tribune « coté terril » (un des plus beaux plans, furtif, de Fous de Foot de Poutte : des supporters sans ticket suivant Standard-Anderlecht depuis le sommet de la butte). Il n’y a que les non connaisseurs de l’univers du ballon rond pour croire qu’on supporte automatiquement l’équipe la plus proche de chez soi. D’autres raisons, liées à l’hérédité, au hasard, à l’état du football lorsqu’on a 5 ou 6 ans et qu’on choisit un club pour la vie, mais aussi à des valeurs ou un style entrent en jeu.

Entre folklore, superstitions, franche camaraderie houblonnée et émotions à fleur de match, le documentaire télévisuel Les Acharnés de Manuel Poutte (et sa version sérielle en 10 épisodes, Fous de foot) dresse le portrait haut en couleurs de Bouba, postier « rouche » à Amay-sur-Meuse (à 30 km de Sclessin) et de Jean-Marie, chauffeur « mauve » d’un camion laitier à Rochefort  (à 100 km de Bruxelles) au cours de la saison 2010 -2011 du championnat. La comédie romantique Je suis supporter du Standard de Riton Liebman aborde quant à elle les frictions entre deux passions de Milou, moniteur d’auto-école bruxellois (joué par le cinéaste lui-même) : ses sentiments amoureux naissants pour Martine (Léa Drucker) et sa passion ) – plus futile mais enracinée loin dans le terreau de l’enfance – pour le plus chaud et le plus latin des clubs de première division belge.  [PD]



Enfants du hasard (Thierry Michel & Pascal Colson, 2017)

À une dizaine de kilomètres de Liège, Cheratte jouxte une ancienne mine à charbon qui porte le nom de Hasard mentionné par le titre. Les familles de mineurs d’origine turque pour la plupart et majoritairement musulmans s’y trouvent retranchés longtemps après la fermeture des charbonnages. Liégeois d’adoption, Thierry Michel filme une année dans le parcours scolaire des petits-enfants d’anciens mineurs. Si, de l’extérieur, Cheratte peut ressembler à un ghetto, le portrait que dresse le cinéaste de cette classe et de son institutrice montre en revanche la complexité d’une situation de dépaysement extrême d’où la reconnaissance envers le pays d’accueil n’est pas non plus absente. En milieu apaisé, si tant est qu’une classe puisse prétendre à cela, la diversité des points de vue a, pour prendre appui, l’état du monde, son actualité violente (montée des extrémismes, attentats…) autant que les micro-événements du quotidien qui font les heurts et malheurs des enfants mis ensemble mais aussi pris dans des histoires singulières. Par sa connivence avec la communauté turque musulmane de Cheratte qu’elle côtoie depuis longtemps, l’institutrice, non musulmane, incarne l’ouverture qu’elle souhaite pour ses élèves. Favorisant la mise en dialogue du présent avec le passé, dialogue qui est celui d’une société laïque avec les coutumes d’une religion ancestrale mais également celui d’une génération avec une autre, la classe offre dès lors un cadre de discussion convenable, un modèle qui ne demande qu’à être exporté vers d’autres structures sociales. Au final, un parcours scolaire réussi est celui qui donne à l’élève la confiance suffisante pour se lancer sur des routes sans cesse plus éloignées de son point d’origine. [CDP]


Un été à Droixhe (Richard Olivier, 1997)

C’est l’été dans le quartier populaire de Droixhe, banlieue de la  Cité ardente. Des gamins jettent des pétards au grand dam d’adultes excédés et/ou désœuvrés. Chômage, délinquance, crasse endémique et dégradation avancée du cadre de vie dans et autour d’immeubles, trop hauts, mal conçus et en état de quasi effondrement. Richard Olivier prend le pouls de ce concentré de misère humaine qui y survit, sans exclusive ni misérabilisme excessif, de musiciens en herbe à la gérante d’une friterie en passant par un brillant futur étudiant en médecine. Un portrait souvent sincère, mais lesté d’une bande-son inadéquate et de commentaires dénonciateurs faciles à l’encontre de la chose publique en cette année (1997) post marche blanche.  [YH]

Un Été à Droixhe - (c) Richard Olivier


Le quatrième mur
 (Marie-Françoise Plissart, 2013)

En octobre 2013 était inauguré le nouveau Théâtre de Liège, situé en miroir de l'ancien Théâtre de la Place, sur l'autre rive de la Meuse. La photographe et cinéaste Marie-Françoise Plissart raconte dans Le quatrième mur la (re)construction qui a duré deux ans et demi. Elle suit le projet, montrant la transformation de l'Émulation, une ancienne salle de spectacle devenue trop petite, filmant la destruction de certaines parties de l'îlot dans lequel il est situé, jusqu'à l'ouverture du nouvel édifice. Elle filme, souvent en plans fixes proches d'une photographie; elle interroge les acteurs du chantier, de l'architecte au grutier, du maçon au peintre. Le quatrième mur est le portrait passionnant d'une transformation architecturale de grande envergure, montrant le quotidien des personnes qui l'ont réalisée et est en même temps une réflexion sur l'identité du théâtre.  [ASDS]



Architectures, vol. 11: 2. Médiacité, la galerie marchande d'un designer
 (Juliette Garcias, 2016)

Conçu par le designer israélien Ron Arad, Médiacité (construit entre 2007 et 2009) est une tentative audacieuse pour renouveler une typologie souvent décriée, l'architecture commerciale. À l’instar de tous les courts métrages réalisés pour la collection Architectures (diffusée sur Arte), ce film offre un regard clair et didactique; le bâtiment, choisi pour son caractère exemplaire, est exploré de fond en comble, décortiqué depuis les fondations jusqu’au sommet. Un travail sur le terrain fait apparaître des questions pratiques (ici urbanistiques), et la façon dont l’architecte y a répondu.

Le tournage est minutieux, Médiacité est filmé sous toutes les coutures; des maquettes du bâtiment permettent de montrer clairement les étapes de sa conception, son principe constructif, l’agencement des espaces… Ron Arad intervient à quelques reprises, apportant un éclairage plus subjectif en contrepoint de l'enquête.  [MR]

Un lien vers des plans de Ron Arad + images 3D + photos (3 minutes / film muet): 


Un lien vers le film entier… (26 minutes)



Une playlist de PointCulture

coordonnée par Anne-Sophie De Sutter

et réalisée par Marc RoesemsAnne-Sophie De SutterPhilippe DelvosalleYannick HustacheCatherine De Poortere et Michael Avenia


photo du bandeau : la passerelle au-dessus de la Meuse dans Le quatrième mur (c) Marie-Françoise Plissart

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