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Playlist

Jakarta (et l'Indonésie) au cinéma

Nia Dinata - Love For Share
Du documentaire à la fiction, quelques propositions pour découvrir la capitale de l’Indonésie, son histoire, ses habitants, sa musique.

Sommaire

Nia Dinata, une cinéaste engagée

Nia Dinata est une cinéaste engagée dont les films questionnent la position de la femme dans la société indonésienne. Son long métrage Love for Share traite d’un sujet délicat, l’adultère, qu’elle considère comme une forme déguisée de polygamie. Si l’Indonésie n’autorise pas un homme à épouser civilement plusieurs femmes, il est toutefois courant qu’un mari, quelle que soit sa situation sociale et économique, entretienne une ou plusieurs maîtresses. Le divorce est encore très difficile dans ce pays conservateur où la peur du qu’en-dira-t-on constitue une pression sociale qui fait de l’adultère un phénomène souvent hypocritement toléré. Le film présente trois cas de figures différents et trois différents choix de réaction pour l’épouse légitime. La réalisatrice a choisi de parler de ce sujet tabou sous la forme d’une comédie satirique, espérant ainsi contourner les réticences du public à se confronter à un sujet aussi sensible. Ses autres films, Arisan et sa suite Arisan 2, sont deux comédies de société, dans un style inspiré de Woody Allen. Sa dernière réalisation est une comédie musicale, Ini Kisah Tiga Dara, qui dresse le portrait de trois sœurs, à la recherche de l’amour dans la ville de Flores, entre désir et mariages arrangés.   [BD]

interview de la réalisatrice sur le site eastasia.fr

Nia Dinata sera présente pour Europalia lors du festival du cinéma indonésien organisé au Vendôme en janvier 2018.




Jakarta Jakarta ! (Vincent Moon, 2011)

Portrait sonore d'une ville, Jakarta Jakarta ! emmène le spectateur tout au long d'une journée dans les lieux musicaux de la mégalopole asiatique. Rituels bouddhistes et prières dans la grande mosquée sont suivis par des cours d'angklung et par les chansons des musiciens de rue confrontés aux embouteillages quasi inextricables. Le soir tombant, le réalisateur se dirige vers les salles de concert et présente la scène alternative, entre heavy metal, traditions et électronique. Un documentaire aux rythmes divers, parfois hypnotique, parfois ébouriffant.  [ASDS]

Le film- non-édité en DVD - sera présenté au PointCulture Bruxelles le 14 octobre 2017:



Jalanan, (Daniel Ziv, 2013)

Dans Jalanan (Côté rue), le Canadien Daniel Ziv relate l'histoire de trois musiciens marginalisés à Jakarta. Bambang « Ho » Mulyono, Titi Juwariyah et Boni Putera interprètent chansons et musiques – pour la plupart des compositions originales - dans les transports publics ou dans la rue, tentant ainsi de gagner leur vie et se débattant avec les interpellations des forces de l'ordre. Le cinéaste les suit pendant cinq ans dans la ville mais également dans leur village de l'est de Java et les interroge sur leur recherche de légitimité, d'identité et d'amour. Ce documentaire est en même temps un portrait intime et mélancolique d'une mégalopole marquée par la globalisation et la lutte contre une corruption rampante.  [ASDS]


Bukit Duri (Anne Murat, 2014)

À Bukit Duri, un bidonville au cœur de Jakarta, les habitants vivent au gré des aléas de la rivière Ciliwung, livrés à la boue, aux déchets et aux inondations. La rivière, qui borde l'un des kampungs les plus pauvres et densément peuplés de Jakarta, se transforme tout à tour en salle de bains ou cuisine à ciel ouvert, où chacun se lave et fait sa toilette en même temps qu'il nettoie son linge ou sa vaisselle. Mais entre sécheresses sévères, moussons torrentielles, et pollution, l'eau devient régulièrement synonyme de danger. Ce film-essai propose une double réflexion politique et esthétique : il interroge le spectateur sur la part de liberté et de conditionnement des migrants acculés à vivre dans des ghettos, que la ville absorbe et rejette dans un même mouvement.  [BD]



The Act of Killing (Joshua Oppenheimer, 2012)

Sur fond de ciel rose, musique suave, des jeunes femmes en paillettes s’alanguissent près d’un poisson géant. Ainsi rêve le bourreau." — Catherine De Poortere

Le documentaire de Joshua Oppenheimer traite de la torture et du massacre de plus d'un million d'opposants politiques en 1965. Si les survivants terrorisés hésitent encore aujourd’hui à s'exprimer, les tortionnaires, eux, protégés par un pouvoir corrompu, s'épanchent librement. Ce documentaire ne se focalise pas sur Jakarta mais plutôt sur Medan, à Sumatra.  [BD]

Le texte complet de Catherine De Poortere:




L’Année de tous les dangers (Peter Weir, 1982)

Indonésie, 1965. Guy Hamilton, jeune journaliste australien, est envoyé à Jakarta pour couvrir la chute du régime de Sukarno et la montée en puissance du parti communiste. Il va y découvrir l’envers du décor du néocolonialisme, la pauvreté mais aussi l’amour. Peter Weir plonge le spectateur au cœur d’un pays et d’une époque trouble. Manipulations, violence, sensualité, il présente une société aux multiples facettes où la réalité est plus complexe qu’il n’y parait. Il n’y a aucune vérité historique absolue dans les propos du réalisateur, juste quelques bribes d’une situation imparfaitement comprise du journaliste brillamment interprété par Mel Gibson.  [MA]



The Raid (Gareth Evans, 2011)

Au cœur des quartiers pauvres de Jakarta se trouve une citadelle imprenable. Une équipe de policiers d’élite y est envoyé afin de capturer le baron de la drogue qui s’y terre. Mais sortir de cette forteresse va s’avérer plus compliqué que prévu. The Raid est un film d’action mené tambour battant et tourné presqu’uniquement en intérieur. Ce parti pris spatial confère au film une dynamique très particulière proposant des chorégraphies martiales dignes des meilleurs films asiatiques en la matière. Ici peu de temps morts pour ce film d’action sombre et détonnant. [MA]



Une playlist réalisée par Anne-Sophie De Sutter, Benoit Deuxant et Michael Avenia.

photo de bannière:
Love For Share, Nia Dinata

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