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Bruxelles en musiques

à voir plus tard
Etterbeek - (c) Loyer - Le Nalbault 2013-2016
Située au carrefour de l'Europe, Bruxelles a toujours attiré les artistes et aujourd'hui encore, la capitale est au cœur de la création. Quatre cent ans après les archiducs Albert et Isabelle, elle héberge aujourd'hui de nombreux labels inventifs, des musiques multiethniques et une scène rap innovante…

Sommaire

Pak Yan Lau / Giovanni di Domenico / Silent Water

Belgium Underground - vignetteDes années 1970 à nos jours, de Dick Annegarn à Charlemagne Palestine, de Tuxedomoon et Minimal Compact à Mocke et Claire Vailler – ou encore Antoine Loyer, évoqué ci-dessous – de nombreux musiciens ont choisi de venir vivre à Bruxelles, de s’y poser, d’y travailler et de profiter de la position centrale de la ville en Europe pour en faire la home base de leurs tournées. Ainsi, pour les pianistes, compositeurs et improvisateurs, Pak Yan Lau et Giovanni diDomenico, plus qu’un port d’attache, la capitale semble représenter une sorte de « port de détache », de rampe de lancement pour explorer le monde, partir, rencontrer des musiciens (Jim O’Rourke, Chris Corsano), revenir… On avait découvert l’amour pour les pianos jouets de Pak Yan Lau à la fin des années 2000 avec le Crappy Mini Band, quatuor focalisé sur les instruments dits « pour enfants », déjà avec di Domenico. Ce dernier, autodidacte jusqu’à l’âge de 24 ans, Bruxellois depuis le milieu des années 2000 vit aujourd’hui une pratique intense, exigeante mais libre de sa musique (offrant une place de choix au piano Rhodes dans ses concerts mais ouvert à tous les autres claviers ; explorant un jeu hanté autant par Cecil Taylor que par un certain son ECM), marquée par une enfance en Afrique mais aussi par des voyages réguliers au Japon. Le label Silent Water est la très belle plateforme d’édition des deux musiciens, de leurs projets communs (ea. le quatuor à deux batteurs, Going) et de leurs multiples rencontres musicales.  [PD]

Giovanni di Domenico jouera le 2 mai 2018 à l'Ancienne Belgique (AB Salon).


Vlek

Belgium Underground - vignetteLe label bruxellois Vlek entame déjà sa huitième année d’existence. Huit années durant lesquelles il est devenu une pièce maîtresse de la scène musicale belge. Principalement centré sur la scène électronique locale (à quelques rares exceptions près), Vlek est fidèle à ses artistes, qu’il accompagne souvent au fil de plusieurs productions, traçant leur parcours et documentant leur évolution. Chaque parution est magnifiquement emballée dans une pochette réalisée par Dimitri Runkkari, détournant les techniques de la typographie (letterpress) pour des résultats graphiques somptueux. Les dernières sorties du label sont consacrées à Simon Hold, Aymeric de Tapol, Yann Leguay et un nouvel album d’un collaborateur régulier du label, Lawrence le Doux, qui s’est ici lancé dans une exploration du paysage musical électronique belge de ces trente dernières années, New beat, Electro-body music, house, musique industrielle et autres spécialités du pays.  [BD]


Humpty Dumpty Records

Belgium Underground - vignetteEn un peu plus d'une dizaine d'années le label fondé par le toujours passionné Christophe Hars s'est installé durablement dans le paysage des micro labels belges adeptes d'un Do it yourself à taille humaine. Parmi la trentaine de références discographiques on retrouve des artistes chantant en français ou en anglais lorgnant vers de la pop intimiste et sophistiquée comme Mièle, Françoiz Breut, Clare Louise, Le Yéti et Half Asleep mais aussi avec groupes comme V.O. plutôt proche de l'esthétique de la scène post-rock de Chicago. Ce qui n'empêche pas le label de mettre également en avant des projets plus singuliers parfois sans concession comme K-Branding, Zoft, Carl et les hommes-boîtes, Wild Classical Music Ensemble, aMute ou encore South of No North. Au fil du temps, ces choix éclectiques, pertinents et ambitieux ont rendu le label de plus en plus cohérent et indispensable à la scène indépendante bruxelloise et belge. Les signatures récentes de Mountain Bike et ici des excellents Joy As A Toy le confirment à tout point de vue.  [DM]


Tanuki Records

Belgium Underground - vignetteAvec à son actif plus de vingt cassettes, deux livres, un 45t et un 33t en vinyle, Tanuki Records est un label éclectique. Et c’est sans parler de la diversité de son catalogue qui passe allègrement du hip hop à la musique improvisée en passant par le noise et le field recording. Les seuls points communs entre les différentes productions du label sont une exigence de qualité et un choix résolument subjectif de Patrick Thinsy, son fondateur. Le tirage limité des parutions lui permet de se concentrer sur chacune d’entre elles, de lui choisir une forme, un emballage, et de les accompagner. Parmi les récentes sorties du label, on trouve une cassette de l’expérimentateur Yann Leguay, un vinyle du compositeur portugais David Maranha et une cassette de l’ensemble E42A8, formation à géométrie variable produisant une musique imprévisible et inclassable.  [BD]



La scène rap

Mal-aimés, marginaux, souffrant de clichés et longtemps absents des médias traditionnels, le rap et le hip-hop sont devenus de véritables produits de consommation culturels de masse. On dirait presque pour la presse que le rap en Belgique est un phénomène nouveau alors qu’en 1990 déjà, sortait la compilation BRC (Bruxelles Rap Convention) sur laquelle on retrouve des artistes toujours actifs aujourd’hui, tels que Defi-J, Rayer ou encore Daddy K.

Ce qui est plutôt nouveau en revanche aujourd’hui, c’est la proximité entre les rappeurs, et ce quelque-soit leur langue. Par exemple en juin 2015, sortait, pour la première fois en Belgique un morceau de rap bilingue. En effet, sur le titre « Doberman », le quatuor avant-gardiste bruxellois Stikstof invitait le emcee francophone Roméo Elvis.



Membre charismatique de Stikstof, Gorik alias Omar-G alias  Zwangere Guy est également un acteur très prolifique de cette scène actuelle. Il multiplie les collaborations, les concerts et organise même les soirées « SPOILERROOM » au Recyclart. Il sort au printemps 2017 son premier album solo Zwangerschapsverlof Vol. 3 sur lequel on retrouve le 77, Smimooz (Les Deux Fils de Pute), Crapulax, Phasm ou en encore Lefto.


Le duo bruxellois Berrykrimi rappe aussi en flamand sans complexe, et fait partie de cette scène de rappeurs décalés qui se retrouve souvent à la place Sainte Catherine. [IK]


À voir aussi, l'épisode de J'aime encore bien consacré à Roméo Elvis:


En français

Antoine Loyer: « Etterbeek » (chanson inédite, live 2014)

Artiste-phare de l’aventureux label Le Saule, Antoine Loyer est l’auteur de trois albums de chansons expérimentales, dont un avec l’ovni Philippe Crab. Cette dernière année, ce Bruxellois d’adoption s’est fait remarquer par Les ateliers Rommelpot où il crée régulièrement avec des enfants de Bruxelles des chansons complètement libres. Par ailleurs, il est l’auteur d’une très belle ballade sur « Etterbeek » (pas encore enregistrée en studio) où il vit que vous pouvez écouter ci-dessous dans une captation vidéo de qualité très moyenne. Ceci dit, on vous invite vivement à venir écouter cette chanson en live ce samedi 7 avril à 16h30 au PointCulture de Louvain-la-Neuve dans le cadre du vernissage de l’exposition « Les Voies de la Ville ».  [GD]


Il y a trois ans, dans le cadre de nos « J’aime encore bien », Antoine nous parlait de ses coups de cœur :


BaliMurphy : « Rue de Flandre » (Nos voiles, Les Disques de Bali, 2017)

Depuis 1999, le groupe bruxellois BaliMurphy roule sa bosse un peu partout en Francophonie, représentant belge du rock festif très en vogue à l’époque en France (Les Ogres de Barback, Les Têtes Raides, La Rue Kétanou, …). Si, à l’écoute du nouvel album Nos voiles, on sent que le groupe a acquis une certaine sagesse, avec des chansons plus personnelles, plus intimes, plus rocailleuses aussi, il n’a rien perdu de sa fraîcheur et se positionne toujours haut et fort contre le catastrophisme ambiant. Dans cet album inspiré, la chanson « Rue de Flandre » témoigne de l’importance que BaliMurphy accorde à ses racines, à sa ville. La vidéo ci-dessous propose une version acoustique, épurée de cette perle.  [GD]



Cloé du Trèfle: Hasards de trajectoires (Zebra Productions, 2010)

Il y a 7 ans, la bruxelloise Cloé du Trèfle sortait Hasards de trajectoires, un troisième album qui reste à ce jour son travail en studio le plus ambitieux. Avec cette nouvelle collection de chansons électro-pop  ciselées, Cloé marchait dans les pas de la géniale Claire Diterzi sans jamais tomber, heureusement, dans l’hommage imitatif.

L’originalité de cet album-concept est double. Tout d’abord, c’est un récit, une sorte de road movie où l’on suit en temps réel un personnage, Lisa, dans une sorte de course poursuite à travers Bruxelles et ses transports en communs. Mais, c’est aussi une création radiophonique pour laquelle la chanteuse est allée jusqu’à enregistrer les bruits et les ambiances de la ville. Dans la même optique, elle a aussi intercalé entre ses chansons des interventions parlées de nombreux invités (Daniel Hélin, Peter Bultijnck, …) qui jouent les personnages que Lisa rencontre sur ses trajets. Une œuvre  intrigante d’une personnalité forte et douce à la fois. À (re-)découvrir absolument.

Pour info, Cloé vient de sortir un nouvel album, Entre l’infime et l’infini[GD]

Voici le clip de la chanson « Exit » avec la danseuse Ines Cera.



Muziekpublique – un label multiculturel

Fondée en 2002, l'ASBL Muziekpublique est aujourd'hui inséparable du paysage multiculturel bruxellois. Accueillant de nombreux concerts de musiques d'ici et d'ailleurs au Théâtre Molière à la Porte de Namur, l'association a créé en 2008 un label pour mettre en avant les créations d'artistes qui viennent du monde entier – Sénégalais, Arméniens, Turcs – et qui ont choisi Bruxelles comme lieu de vie. Ils proposent des disques très personnels mais toujours liés aux traditions de leurs pays. Certains projets permettent des rencontres entre musiciens, comme par exemple Refugees for Refugees qui rassemble des artistes réfugiés en Belgique ou Voxtra qui confronte et associe les techniques vocales de chanteurs sardes, albanais, malgaches, finlandais et belges. Un label qui est à l'image de la multiethnicité de Bruxelles.  [ASDS]



Cyprès – horizons classiques

Sis à la Maison des Musiques, 39 Rue Lebeau, au cœur de Bruxelles, Cyprès est un label indépendant, fondé en 1994, spécialisé dans la musique contemporaine belge. Dès ses débuts, il propose une offre très diversifiée: Œuvres symphoniques de Jacques Leduc, Labyrinthes de Michel Lysight ou encore Dichterliebesreigentraum d’Henri Pousseur mais aussi Pierre et le loup avec les récitants Jannin et Liberski, accompagné par Musiques Nouvelles ou des disques de Fabrizio Cassol et Aka Moon.

Les collections se multiplient, élargissant encore les horizons. Sous l’appellation Cypres Open fleurissent des disques de musique ancienne, baroque, romantique et de la première moitié du XXème siècle, le plus souvent pour mettre en valeur notre patrimoine belge et les artistes de Wallonie et de Bruxelles. Des collaborations fréquentes s’établissent avec des musiciens de premier plan: Lorenzo Gatto, Thérèse Malengreau, Guy Janssens, Pierre Bartholomée, Jean-Marie Rens, etc.

Le label accueille aussi des interprètes étrangers comme Béatrice Martin, Cédric Tiberghien ou Nicole Lemieux. Récemment, deux titres de musique du monde ont intégré le catalogue et deux nouvelles collections sont apparues : Cypressentiel, destinée aux rééditions des fleurons de label, et Cypres avec, fondée sur l’alliance de l’image et du son.  [NR]

Dernières parutions :

L’oreille de Mélanie, en hommage à leur jeune collaboratrice décédée dans l’attentat de la station de métro Maelbeek:


À la cour des archiducs Albert et Isabelle

Le règne des archiducs Albert (1559- 1621) et Isabelle (1566-1633) laisse à Bruxelles le souvenir d’une période de paix, de prospérité et de rayonnement intellectuel et artistique sur les autres villes d'Europe. C’est en 1599 que les époux s’installent au château du Coudenberg auquel ils vont apporter d’importantes améliorations. La chapelle gothique construite à l’époque de Charles Quint est agrandie pour abriter une brillante vie musicale. Les organistes Peter Philips, Peter Cornet et Abraham Van Kerckhove fournissent à la fois musique cultuelle et profane. Fervents catholiques, les souverains n’en sont pas moins de grands amateurs d’art et leur cour attire des artistes venant d’Espagne, d’Italie ou de Bourgogne. La vie au château est animée par les divertissements chantés et dansés diffusés par les grands éditeurs comme Pierre Phalèse ou Tilman Susato. Placé sous le signe de la diversité, ce florilège des fastes de la cour bruxelloise n’est certainement pas fait pour engendrer la mélancolie.  [AG]


En bonus : BRNS et Témé Tan

Le coup de cœur du PointCulture ULB : BRNS

Prononcez « brains » (façon zombie parlant) ! Ce quatuor bruxellois formé au mitan des années 2000 et qui vient de livrer son troisième album Sugar High, n’a pas son pareil pour entremêler essaims de chœurs éthérés et salves (poly)rythmiques à haute sensibilité dansante. Une pop music 2.0, quelque part à mi-chemin de Grizzly Bear et du Foals des débuts, qui pratique l’expérimentation en mode ludique et associatif, et qui ne s’effraie pas de se fendre, de temps en temps, d’un vrai tube, porté par des clips à l’inventivité constante (« Mexico », « Our Lights » « Encounter», etc. ). Enfin, ces garçons de la capitale ont récemment troqué un membre d’origine démissionnaire contre une « expatriée» novice. Devra-on parler de greffe de talent bénigne ou d’une vraie recomposition cérébrale selon des hémisphères sensitifs droit et gauche ? Réponse sur scène !  [YH]

En 2015, deux membres de BRNS avaient eux aussi participé à notre série « J’aime encore bien » :



Le coup de cœur du PointCulture Bruxelles : Témé Tan
 « Je ne sais pas bien pourquoi je danse quand j'entends ta voix »

C’est en 2014, en découvrant le titre « Améthys » qu’on a craqué pour Témé Tan. Un petit bout de chanson de moins de quatre minutes qui donnait déjà toutes les clés de l’univers de l’artiste: le clip « home made », les références aux racines africaines, le groove qui invite à la danse, etc.

Une économie de moyens visuels et sonores mais aussi dans les textes : des comptines imagées et entêtantes. Un esprit low-tech et do it yourself qu’il partage tant avec Mathieu Boogaerts qu’avec Konono N°1 pour ne citer qu’eux parmi ses références. Et surtout le plaisir de jouer des sons, des mots et d’ambiancer bien sûr. Trois ans, une dizaine de chansons et peut-être autant de voyages plus tard (Japon, Brésil, Guinée, etc. ) le coup d’essai s’est fait « coup de cœur » (Le premier album, Témé Tan, est sorti fin 2017).

« Où est passé ton bonheur ? ». Ne cherche plus, on l’a trouvé!  [GB]



Retrouvez Témé Tan dans un épisode de J'aime encore bien:


une playlist collective de PointCulture signée:

David Mennessier, Benoit Deuxant, Igor Karagozian, Guillaume Duthoit, Philippe Delvosalle, Anne-Sophie De Sutter, Nathalie Ronvaux, Anne Genette, Geoffrey Briquet et Yannick Hustache


image de la bannière : peinture Etterbeek d'Antoine Loyer et Willy Le Nalbaut (2013-2016)

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