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Playlist

Ce 15 ou 16 décembre, Beethoven fête ses 250 ans

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musique classique, playlist, Beethoven, Ludwig Van Beethoven

publié le par Nathalie Ronvaux

De nombreuses parutions discographiques ont rendu hommage à l'un des compositeurs les plus aimés du monde occidental. Voici notre sélection

Sommaire

Image de bannière : Joseph Karl Stieler - Portrait de Beethoven composant la Missa Solemnis (1820)

CB5850 – Für Elise, Bagatelles - Paul Lewis (Harmonia Mundi)

Depuis une quinzaine d’années, le Britannique Paul Lewis se consacre à l’enregistrement d’une intégrale des œuvres pour piano de Beethoven. Après le corpus des Sonates et les Variations Diabelli, il nous interprète les Bagatelles que le maître de Bonn appelait « Petits riens ». Et pourtant, ces pièces brèves, ces miniatures en somme, sont tout sauf négligeables. Leur écriture a occupé son auteur pendant plus de deux décennies. Des sept Bagatelles de l’op.33 de 1802 au cycle op.126 de 1824 qui clôturent définitivement sa contribution au répertoire pianistique, c’est une multitude d’univers musicaux qui sont déclinés. Chacun abrite une idée, un moyen stylistique dont l’exploration est condensée sur à peine quelques minutes. Le jeu limpide de Lewis et la qualité de la prise de son magnifient encore la découverte de ces pièces ciselées comme des perles.

CB4569 - Intégrale pour pianoforte et violoncelle - Nicolas Alstaedt, Alexander Lonquich (Alpha)

Le répertoire pour violoncelle compte chez Beethoven quelques unes de ses plus belles pages. Ce corpus de cinq sonates et de trois cycles de variations a fait l’objet de très nombreuses interprétations et d’intégrales sur disques. Mais la commémoration du 250ème anniversaire de la naissance du compositeur n’aurait pas été complète sans ce nouvel opus. Un enregistrement de plus, me direz-vous. Pourtant, cette interprétation n’est pas superflue et possède de très hautes qualités. On relèvera avant tout la couleur et le moelleux procurés par les instruments d’époque, cordes en boyau pour le violoncelle, pianoforte de Conrad Graf, fabriqué en 1826-27. La complicité qui unit les deux musiciens est palpable et garantit l’équilibre des instruments, des nuances, des dynamiques, le tout dans un jeu épuré. Une très belle réalisation.

CB1139 – Beethoven révolution - Symphonies 1 à 5 – Jordi Savall, Le Concert des Nations (AliaVox)

Ce premier album d’une intégrale des symphonies de Beethoven dirigée par Jordi Savall et le Concert des Nations s’inscrit dans le projet « Académies Beethoven 250 », organisées par la Fundació Centre Internacional de Música Antiga (Barcelone). Chaque symphonie a fait l’objet d’un long travail de deux ans, comprenant des stages intensifs de répétitions (les académies) incluant travail de réflexion et d’expérimentation. Les options interprétatives sont, comme on peut s’y attendre, historiquement informées. La volonté première a été de retrouver le son des premières exécutions de ces œuvres, avec l’effectif instrumental qu’a connu Beethoven, avec les tempi, les nuances, les articulations qu’il a notées dans les premières versions de ses manuscrits. L’orchestre ne dépasse pas 60 exécutants et l’équilibre est rétabli entre les cordes (souvent en surnombre), les vents et les timbales. Une réussite de plus à mettre au palmarès de Jordi Savall et de l’un de ses ensembles.

CB5217 – Reflecting Beethoven – Sonates pour piano n° 8, 16 et 17 - Herbert Schuch (Avi-Music)

Herbert Schuch aime mettre en relation des compositions d’aujourd’hui avec des œuvres plus anciennes. Beethoven a déjà été plusieurs fois l’objet de cette démarche : ses Bagatelles, mises en miroir avec la Musica Ricercata de Ligeti (CAvi-music 2019), le troisième concerto pour piano avec celui de Viktor Ullmann (Oehms 2013), ainsi que ce dernier titre paru chez Avi-Music en 2020 : Reflecting Beethoven. Le pianiste y propose trois sonates de Beethoven auxquelles il adjoint trois pièces contemporaines. Pathétique Variations est de la plume de Mike Garson, pianiste américain bien connu des scènes jazz et rock. Ses variations ont l’allure d’improvisations même si elles sont bel et bien écrites, et se nourrissent des thèmes de la sonate du même nom. La Sonate de Leander Ruprecht évoque quant à elle la cavalcade qui aurait peut-être inspiré Beethoven lors de la composition de la Sonate « La Tempête ». Ces deux œuvres font partie du Project 250 Piano Pieces for Beethoven lancé en 2013 par Susanne Kessel. Au milieu du programme, Schuch insère Coups de dés en écho de notre compatriote Henri Pousseur, évoquant une influence inconsciente de l’Allemand sur le Liégeois… Intéressante mise en perspective et très belle interprétation.

CB1931 – Symphonie 9 – Fantaisie pour piano, chœur et orchestre - Pablo Heras-Casado, Freiburger Barockorchester, Zürchersing-Akademie (Harmonia Mundi)

Quelle bonne idée de faire suivre la Neuvième Symphonie (1824) par la Fantaisie chorale (1808) ! Il est en effet très rare que ces deux œuvres soient couplées sur le même disque. Et dans cet ordre (l’Ode à la joie précédant la Fantaisie), cela nous permet de découvrir à rebours le cheminement parcouru par Beethoven de l’une à l’autre. Outre la parenté de la mélodie, elle-même quasi identique à un lied composé en 1794, la construction et la manière d’amener le chœur au sein d’une composition instrumentale est similaire : réservée au final d’une œuvre en quatre mouvements, des éléments de la partie vocale sont égrénés depuis le premier mouvement. L’entrée des solistes et du chœur ne crée donc pas de rupture et apparaît comme l’apothéose de ce qui la précède. Le texte de la Fantaisie est un poème de l’Autrichien Christoph Kuffner, tandis que Friedrich von Schiller est l'auteur du très célèbre Ode à la joie. Le livret de ce disque paru chez Harmonia Mundi apporte un éclairage bienvenu sur l’histoire de ces deux œuvres. Très belle interprétation par le Freiburger Barockorchester sous la direction de Pablo Heras-Casado.

Nathalie Ronvaux