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meakusma festival 2016 (eupen - 23 au 25 septembre)

meakusma festival 2016 (eupen - 23 au 25 septembre)

musique contemporaine, jazz, Festival, musique électronique, rock, Dub, Eupen, folk

publié le par Philippe Delvosalle

En trois jours, fin septembre à Eupen, plus de 60 concerts pour une programmation très inspirée (à la fois audacieuse et généreuse, cohérente et non monotone). Une certaine idée - vibrante et non cloisonnée - de la musique...

Sommaire

Du vendredi 23 au dimanche 25 septembre – entre Liège, Maastricht et Cologne, dans la région « des trois frontières » – le micro-label eupenois Meakusma propose une programmation très inspirée qui – justement – joue allègrement à saute-moutons avec l’idée de frontières entre les genres et sous-genres musicaux. La programmation ne se laisse enfermer dans aucun carcan et témoigne d’un véritable amour de la musique et d’un indéniable apétit de découvertes sonores. Électro, dub, avant rock, improvisation, musique contemporaine (Chris Corsano, Ignatz, Thomas Brinkmann, In C de Terry Riley, etc.) s’y retrouvent côte-à-côte, non pas dans un fourre-tout qui viserait à ratisser large mais pour former une molécule sonore déclencheuse de sensations fortes et contrastées. Décidemment, il n’y a pas qu’en football qu’Eupen donne des leçons d’enthousiasme et de clairvoyance à la capitale du Royaume ces derniers temps !

> le site du festival

Wax Treatment / Killasan Sound System

Le festival est particulièrement fier de pouvoir accueillir un sound system d’inspiration jamaïcaine... berlinois depuis 2001 mais commandé en son temps... en Floride par... Naoji Kihira, un ingénieur du son japonais amoureux de reggae !! À Berlin, le sound system Killasan est au centre des soirées Wax Treatment (liées au magasin Hardwax et au label Chain Reaction de Mark Ernestus et Moritz von Oswald) organisées d’abord dans la salle Horst de Kreuzberg puis à Kiekebusch, en plein air, au bord d’un lac, en lisière d’une forêt. Wax Treatment propose de la musique de basses, cherchant à envelopper les danseurs dans la matérialité du son mais de manière non-agressive, sans pousser exagérément le volume.
- À Eupen, avec des sets de Roger Robinson (King Midas Sound) & Disrupt, Mark Ernestus & Mark Ainley, Substance, King Fifi et Fiedel.


In C (de Terry Ryley)

Composée en 1964, l’œuvre In C de Terry Riley est une de ses premières compositions (il a 29 ans à l’époque). Elle a, par sa forme ouverte (53 riffs à répéter autant de fois que le souhaitent les musiciens avant de passer au motif suivant), donné lieu à de multiples reprises et réappropriations (cf. la version indonésienne pour gamelan et la version malienne ci-dessous).
Au festival Meakusma, In C sera présente via un atelier lié à l’application In C App de Serge Verstockt et un concert par le Christian Klinkenberg Orchestra.





 

Léo Kupper

« Régional de l’étape », Léo Kupper est né en 1935 à Nidrum (à 30 kilomètres de Eupen). Élève de Henri Pousseur, il a été dans les années 1960 un des pionniers de la musique électronique en Belgique. Au cours de la décennie suivante, il découvre la musique du maître iranien Hussein Malek, tombe amoureux de l'instrument de ce dernier et devient petit-à-petit un des virtuoses occidentaux du santour. Un nouveau public le découvre au début des années 2000 avec la compilation Complete Electronic Works 1961-1974 sur le label Sub Rosa et le film Le Plaisir du regret que Guy-Marc Hinant et Dominique Lohlé lui consacrent.


Chris Corsano / Rodrigo Amado

Le compte précis est difficile à tenir mais Chris Corsano a sorti une cinquantaine d’albums… en l’espace de quinze ans ! Quand, au début des années 2000, on a commencé à parler en Europe de ce jeune batteur américain venu du free jazz, il était âgé d’environ vingt-cinq ans et les superlatifs à son égard (« le meilleur batteur de sa génération ») pleuvaient. Björk ne s’y est pas trompée en le faisant participer à l’enregistrement (et à la tournée) et de l’album Volta en 2007. Pouvant osciller entre un jeu percussif très free et des effets de nappes aux cymbales mises en vibration à l’archet, capable de donner des sets solo passionnants, il a joué avec des musiciens aussi talentueux que Paul Flaherty, Nels Cline, Ben Chasny (Six Organs of Admittance), Evan Parker, Michael Flower, Bill Orcutt, Joe McPhee, Pak Yan Lau, Glenn Jones… Chris Corsano semble à l’aise en Belgique où il a sorti des disques sur les labels Ultra Eczema, Orre, les Albums Claus et, tout bientôt, Okraïna.
- À Eupen, il jouera en duo avec le saxophoniste portugais Rodrigo Amado.



 

Ignatz en de stervende honden

Ignatz Mouse est le nom de la souris apparue en 1910 dans les strips en bas de pages de la série The Dingbat Family du pionnier du neuvième art George Herriman. Une facétieuse souris qui, en 1913, allait devenir l’un des trois personnages-clés de sa bientôt légendaire série Krazy Kat. Ignatz est aussi le pseudonyme du singer-songwriter flamand Bram Devens. L’étymologie de son nom de souris peut déjà nous mettre la puce à l’oreille: ce gars-là ne crache pas sur ses ancêtres éloignés et est prêt à creuser profondément pour retrouver leur trace. On aurait envie d’écrire: un peu comme un triple-sauteur, reculant de près d’un siècle, son cœur battant à 78 pulsations par minute, Bram prend son élan du côté des années dix à trente (Krazy Kat, George Herriman; puis le blues de Skip James, Mississippi John Hurt ou « Sleepy » John Estes), décolle, pose clairement un pied en 1967-1968 (le Velvet Underground), repose brièvement deux ou trois orteils quelque part du côté des années 1977-1979 (plus flou : les hululements d’Alan Vega, un certain effacement digne des tout premiers Jandek ou à la profondeur métaphysique déconcertante de Joy Division) pour finalement atterrir dans le bac à sable de notre époque. Le blues blanc fantomatique de Bram Devens paraît ainsi surgir d’une époque reculée, comme si ces mélopées zombies, jadis acoustiques et rurales, avaient été brusquement ramenées à la vie et délocalisées à la ville par une décharge d’électricité salvatrice.
- À Eupen, Ignatz jouera avec les Stervende Honden : cette section rythmique quatre étoiles (Eric Heestermans à la batterie, Tommy Denys à la basse) que le cousin Steve Gunn aime tant lui emprunter quand il tourne en Europe.



Norberto Lobo

Norberto Lobo est un jeune guitariste portugais sortant des disques depuis une petite dizaine d’années. Il semble influencé autant par quelques autres guitaristes acoustiques, maîtres – aînés, voire décédés – américains ou portugais, que par certains compositeurs de musique contemporaine. « De disque en disque, il est plus un peu plus épatant. Tout jeune, il tenait déjà la dragée haute à tous les héritiers de John Fahey, avec ce quelque chose en plus, cette distance portugaise peut-être (européenne en tout cas) par rapport à ce qu'on appelle l'Americana. Son dernier album, Fornalha, est un bel objet instrumental fou, toujours imprévisible quoi que très tenu, un geste très sûr qui ne tient compte d'aucune limite spatiale ou temporelle et qui redéfinit à mesure qu'il se joue (et qu'on l'écoute) ce qu'on pensait savoir d'un instrument désormais aussi banal qu'une guitare. C'est un disque comme on aurait pu en attendre d'Arthur Russell par exemple, plus que d'un énième virtuose du picking. » écrivait Sing Sing du groupe Arlt, musicien-fan (aux côtés d’autres admirateurs tels que Ben Chasny, Gary Lucas ou Naná Vasconcelos). Norberto Lobo a sorti plusieurs disques avec Giovanni di Domenico sur le micro-label bruxellois Silent Water.


Mike Cooper

Comme Chris Corsano (cf. ci-dessus), Mike Cooper a aussi sorti une cinquantaine de disques – mais, il s’y est mis il y a plus de quarante ans, à une époque où Chris Corsano n’était même pas né. Comme Norberto Lobo, Mike Cooper est parti de la guitare acoustique (d’inspiration folk et blues ; ainsi que du songwriting) pour élargir sa palette sonore, touchant à l’improvisation, à la musique électronique, aux live soundtracks, aux installations sonores et aux pièces radiophoniques.
- Grand amateur de la culture polynésienne, à Eupen, il accompagnera le film muet tourné à Tahiti par W.S. Van Dyke et Robert Flaherty en 1928 : White Shadows in the South Seas.



Thomas Brinkmann

« En 1996, à peine sorti/exclu de l'académie de Düsseldorf, Thomas Brinkmann se lança dans la musique en soumettant des disques à diverses mutilations/manipulations, les tailladant au rasoir, ou comme ici, les remixant au moyen d'un tourne-disque de sa conception, muni de deux têtes de lectures différentes, et décalées. Il appliqua ce principe à ses productions techno préférées : la série Studio One de Wolfgang Voigt (aka Mike Ink). En ralentissant et en dépouillant encore cette musique minimaliste, fortement tintée de dub, Brinkmann a recréé de nouvelles compositions, faisant naître de nouveaux rythmes des anciens, jouant du phasing entre les deux têtes, et amplifiant les bruits de surfaces des originaux. » (Benoit Deuxant pour Beat Bang / La Médiathèque – PointCulture)

 

Mais aussi : Ssaliva, DSR Lines, Marcus Schmickler, Frank Dommert, Eartheater, Going, Aymeric de Tapol, etc.

Et écoute du brâme du cerf dans la forêt, conférences Moondog, conférences-projections d'Eric Isaacson de Mississippi Records, rencontre avec Roger Robinson, etc.

 

Philippe Delvosalle
août 2016


Concours

À gagner : 1 pass pour le WE et des places pour chaque jour
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