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Focus

Le Bangladesh | orgues à bouche et fous de dieu

La rivière Buriganga à Dacca

musiques du monde, mondorama, Bangladesh

publié le par Anne-Sophie De Sutter

Une nouvelle publication sur Mondorama - les traditions anciennes et renouvelées du Bangladesh

Pays du sous-continent indien, le Bangladesh est situé le long du golfe du Bengale et partage des frontières avec le Myanmar et l’Inde, dans laquelle il est quasi enclavé. Ces frontières sont la conséquence de la partition des Indes en 1947. Il est situé dans le delta formé par la confluence du Gange (qui est localement nommé Padma) et du Brahmapoutre (appelé Jamuna). C’est une plaine très fertile mais sujette à de nombreuses inondations liées à la mousson et aux cyclones tropicaux.

Au cours du temps, divers royaumes se sont succédé. L’islam a été introduit au 12e siècle par des missionnaires soufis. À partir du 16e siècle, le Bengale passe sous le contrôle de l’empire moghol et, à partir de ce moment, l’histoire du pays est intimement liée à celle de l’Inde, Dacca – la future capitale – devenant un centre administratif important. La Compagnie britannique des Indes orientales s’installe dans la région au début du 17e siècle et conquiert peu à peu les territoires environnants, puis l’Inde entière, qui passe finalement sous l’autorité de la Couronne en 1857. Pendant la période coloniale, les famines sont récurrentes.

En 1947, l’Inde se déclare indépendante et le Pakistan est créé, séparant les zones de religions hindouiste et musulmane. Le Bengale est rattaché au Pakistan, formant le Bengale oriental, plus tard renommé Pakistan oriental. Dès les années 1950, il y a des tensions entre les deux parties ; elles s’exacerbent au fil du temps, tout particulièrement suite à Bhola, un cyclone particulièrement dévastateur en 1970, et la lenteur de la réaction du gouvernement de Karachi. En 1971 a lieu la troisième guerre indo-pakistanaise, un conflit d’une rare violence, suite à la déclaration d’indépendance du Bangladesh, appuyée par l’Inde et l’URSS. En août 1972, le pays est reconnu par 86 nations étrangères. Depuis se sont succédé divers coups d’État, mais une démocratie parlementaire a été instaurée en 1990. Le pays souffre d’une corruption intense, de la surpopulation et est très sensible au réchauffement climatique, qui amène chaque année de plus en plus de cyclones et d’inondations. Il est au cœur d’une industrie textile qui exploite les travailleurs mais qui est à la source de 80% des exportations du pays.

Le Bangladesh en tant qu’État est très jeune mais la culture bengalie est très ancienne. 88% de la population est musulmane, cependant la culture locale a également été influencée par l’hindouisme et le bouddhisme. En littérature, Rabindranath Tagore a marqué les esprits. Différentes ethnies possèdent une musique traditionnelle spécifique ; les Bāuls , souvent surnommés « fous de dieu », sont connus pour leurs chants religieux et mystiques, accompagnés de percussions et d’ektara, un instrument à une corde. Il existe également une tradition classique, similaire à celle de l’Inde, basée sur le système des ragas, ainsi qu’une scène pop, hip hop et électronique très florissante, tout particulièrement dans la capitale Dacca.


Texte: Anne-Sophie De Sutter

Crédit photo: La rivière Buriganga à Dacca, une photo de Kritzolina (via wikicommons)


Toutes les musiques bangladaises sont expliquées plus en détail sur les pages suivantes:

Musiques des minorités ethniques – des traditions menacées

Bauls du Bengale – les fous de dieu

Musiques modernes – death metal, hip hop et electronica

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