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Histoire de l'orgue - Renaissance et période baroque (L')

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Histoire de l'orgue - Renaissance et période baroque (L')

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publié le par Nathalie Ccoronvaux

Histoire d'un instrument vieux de plus de deux millénaires... Texte d'Anne Genette - Deuxième partie

Sommaire

La Renaissance

L’orgue est prêt à se mêler à la polyphonie. Au XVème siècle, pour diversifier les possibilités du grand orgue, on adjoint à celui-ci un orgue positif jouable par un seul organiste. Les claviers des deux orgues sont bientôt superposés et jouables l’un par l’autre par accouplement. Le buffet du positif vient prendre place dans le dos de l'organiste. Vers la moitié du 15ème siècle, une innovation technique permet d’isoler  des rangées de tuyaux en « jeux » ce qui rend possible la création de sonorités inédites : les registres. Ainsi le plein jeu unit la famille de principaux de 16, 8, 4, 2 pieds (selon la longueur des tuyaux) et les premières quintes 5 1/3, 2 2/3, 1 1/3 (sons partiels du son fondamental) Plusieurs familles de tuyaux sont distinguées comme les flûtes (tuyaux à bouche) et les anches (lamelle métallique vibrante). Se développe alors tout un vocabulaire pour nommer chaque registre : dans la famille des principaux : la montre, le prestant, la doublette, le sifflet ; chez les flûtes : le bourdon, le nasard, le larigot, la tierce ou cornet ; dans la famille des anches : le hautbois, la trompette, le clairon, la régale, le cromorne. 

La facture d’orgue s’individualise selon les régions. Ainsi en France, l’instrument comporte une dizaine de jeux logés dans un meuble rectangulaire encadré de tourelles pour contenir les tuyaux les plus gros. Le pédalier est rudimentaire. 

Youtube: Pascal Leray joue l'orgue de Saint-Lizier

Orgue  de  la  Cathédrale  de  Saint-Lizier (Ariège) 17ème siècle 

Orgue Jean-Georges Koenig du Bon Pasteur à Angers 

 

Orgue, 1518 de l'abbatiale du Monastier-sur-Gazeille 

 

 

 

Orgue de Monastier-sur Gazelle: photo de Denis Trente-Huittessan posté sur flick.com

En Allemagne, l’orgue est divisé en plusieurs plans sonores (Brustwerk, Oberwerk, Hauptwerk, Rückpositiv) commandés chacun par un clavier. Un pédalier couvrant près de deux octaves assure le rôle de basse. 

Orgue  Ebert  de  la  Hofkirche  d'Innsbruck, XVIème siècle 

Orgue  Georg  Wagner,  1621  de l'église de Rodenbach près d'Altenstadt (Allemagne) 

 

La facture d’orgue en Italie produit de petits instruments.

Orgue Piffaro 1519 de l'église Santa Maria della Scala à Sienne 

Orgue Lorenzo  da  Prato, 1471-75, G.Battista Facchetti, 1531 de San Petronio, Bologne 

Orgue Vincenzo Colombo, 1532-35 du Duomo de Valvasone et orgue anonyme du 16ème siècle de l'église SS. Pietro e Paolo de Valvasone 

  

 

 Orgue Lorenzo Da Prato, Bologne : www.liuwetamminga.it 

    

Dans nos régions, la facture d’orgue est influencée par les modèles voisins de l’Allemagne et de la France.

Orgue Renaissance de l'église Saint-Jacques à Liège, vers 1600.   


 

Image: Orgue de l'Eglise Saint-Jacuqes, Liège - site: www.proxiliege.net

La période baroque

L’orgue français connait à cette époque un élargissement : le positif de dos est complété et une trompette est ajoutée au pédalier qui couvre alors plus de deux octaves. Cet ajout au pédalier permet de jouer des parties de basse mais aussi de ténor ce qui a un impact sur la littérature. Aux deux claviers de base (positif et grand orgue) viennent se joindre un demi-clavier de cornet qui deviendra plus tard le récit et un clavier d’écho de trois octaves dont les tuyaux sont enfermés dans le soubassement de l'orgue pour en assourdir le son. Le pédalier réuni aux claviers par une tirasse peut utiliser les jeux du grand orgue et bénéficier de sons beaucoup plus graves de 16 et 32 pieds.  Au niveau des registres, l’instrument est des plus complets qu’il soit : en combinant les jeux de base, on obtient des mélanges comme le plein jeu, le jeu de tierce, le cornet. Le chœur des anches comprend trompette, clairon,  voix humaine, cromorne et hautbois. Après 1660, quelques changements donnent naissance à ce qu’on appelle l'orgue français classique : acquisition de fonds de 32 pieds et d'anches de 16 pieds actionnés par un cinquième clavier, la bombarde. Dans ce type d’instrument, tout est fait pour diversifier les timbres, principe dont la littérature pour l’orgue tire le meilleur parti.

Video Youtube: grands-jeux de l'orgue Dom Bedos de Bordeaux

Orgue Christophe Moucherel, 1736 de la Cathédrale Sainte-Cécile d’Albi 

Orgue Dom Bedos de Celles, 1748 de l’Abbatiale Sainte-Croix de Bordeaux 

Orgue Dom Bedos de Celles, Abbatiale Saint-Croix de Bordeaux CC BY-SA 4.0


Orgue Jean Esprit Isnard, 1774 de la Basilique de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume 


Orgue François-Henri Clicquot, 1790 de la Cathédrale Saint-Pierre de Poitiers 

Orgue Robert Clicquot, 1710 de la Chapelle Royale de Versailles 

En Allemagne, deux tendances se dessinent : l’Ecole de l’Allemagne du Nord et celle du Sud. Dans le nord, l'essor économique permet la construction de grands instruments à quatre claviers: positif, grand orgue, Brustwerk et Oberwerk. Chacun d'eux possède une triple série de fonds : bourdons, flûtes douces ou gambes et flûtes larges. Les jeux harmoniques sont nombreux : mixtures, cymbale, quintes ou nasards, tierces étroites ou sesquialtère et jeux d’anches, le tout basé sur une pédale renforcée. 

Orgue Gottfried Silbermann, 1713 de la cathédrale de Freiberg 

Orgue Hans Scherer de l’église St Stéphane de Tangermünde 

Orgue Arp Schnitger, 1693 de l’église St Jacques à Hambourg

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Image: http://www.jacobus.de/neu/images/aso.jpeg

Vidéo Youtube: Bernard Foccroulle jouant un orgue Schnitger


Au sud et en Alsace, l’esprit est maintenu dans des dimensions plus humbles. Trois claviers sont logés dans un meuble unique ; les plans sonores sont bien individualisés. 

Orgue Silbermann, 1746 de l’église Saint-Quirin (Lorraine) 

Orgue Arp Schnitger de l’église St Ludgeri à Norden 

L'orgue espagnol est très spécifique : les claviers sont divisés en basse et dessus diversifiant ainsi les timbres. Les jeux d’anches sont nombreux et souvent disposés horizontalement, en chamade. Leur émission sonore est très directe tandis que le pédalier reste de taille modeste.

Orgue Patrick Collon 1985 de l’église Saint-Lambert à Bruxelles 

Orgue espagnol de Patrick Collon, Eglise de Hanovre

Orgue de J. Chavarria, 1765 de l'église San Juan à Merchena (Séville)  

Orgue de St-Martin-de-Trujillo et Orgue de Covarrubias

http://classik.forumactif.com/t7667p650-playlist-95

Orgue de l’église du Salvador à Séville 

L'orgue anglais s’apparente plutôt à un positif  à quelques jeux. Proscrit pendant le Puritanisme, l’usage des instruments fut prohibé. Après cet épisode, l’orgue prend en Angleterre l’aspect d’un petit instrument à deux claviers sans pédale indépendante. 

Dans nos régions, se rencontrent plusieurs options de facture venues des pays limitrophes.

Orgue Van Peteghem, 1780 de l’église de Sint-Lievens-Houtem 

Orgue Van Peteghem, 1778 de l’église de Haringe 

Orgue Jean-Baptiste Le Picard 1736 de l'église abbatiale des Bénédictines de Liège 

Orgue Jean-Baptiste Le Picard, 1742 de l'église Saint Jean l’Evangéliste de Beaufays 

Orgue Jean-Baptiste Le Picard, 1747 de l'ancienne cathédrale Saint-Lambert à Liège

Video Youtube: Anne et Jean-Pierre Froidebise à l'orgue de l'église protestante unie de Belgique, rue Lambert Le Bègue à Lièget Le Bègue à Liège.

 

Orgue François-Joseph Coppin de l’église Notre-Dame de Bossut 

Orgue anonyme, 1672 de l’église Saint-Jean-Baptiste à Herve 

Orgue anonyme, 17ème siècle de l’église de Longueville 

Orgues de la province de Liège 


 

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