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Focus

Forêt.Nature, numéro 150 !

magazine forêt nature
Ce magazine belge consacré à la forêt n’a de cesse d’évoluer depuis sa création en 1988. Dans son 150e numéro, le magazine, plutôt scientifique de nature, propose même pour la première fois deux très beaux porte-folios.

L’édito du 150e numéro (janvier – février - mars 2019) revient sur l’histoire du magazine. Edité par l’asbl Forêt Wallonne sous une forme trimestrielle et avec pour mission de départ, « faire découvrir la forêt dans tous ces aspects » à un large public, le format, la mise en page, le contenu et même le nom (Forêt Wallonne devient Forêt.Nature en 2015) n’ont eu de cesse de se renouveler. Au fil du temps, les contenus se diversifient au point de s’ouvrir ce trimestre aux illustrations de Claude Servais et aux projets d’architecture de Luc Schuiten. Signe d’une ouverture sincère aux champs artistiques, aux visions imaginaires, utopiques, idéales, réinventées d’un autre rapport à la nature.

Le dernier brame de Jean-Claude Servais

« L’Homme a donné aux grands cerfs le surnom de « fantômes de la forêt, en hommage à leur faculté de disparaitre, de se rendre invisibles et insonores » »

Jean-Claude Servais

Six pages sur le thème du brame du cerf par Jean-Claude Servais. Le petit fouille de la forêt feuillue, tout d’abord des branches, puis des bois et enfin une silhouette. Celle d’un cerf. Majestueux. Suivi d’un groupe de femelles et de jeunes. Puis, en haut de la dernière page, un éclair. Un coup de feu. « C’était leur dernier brame ».

servais

Les illustrations sont tirées du dernier album de Jean-Claude Servais, Le dernier brame, où il est question une fois encore de faire appel à des forces de la nature pour traverser les épreuves humaines.

Les cités forestières de Luc Schuiten

Nous retrouvons quelques pages plus loin le second porte folio sur les visions des cités forestières de l’architecte Luc Schuiten. Celui-ci ayant imaginé des habitarbres, dont il offre différents points de vue. Nombreux et agencés au cœur de la ville, de l’intérieur, c’est-à-dire au cœur du dôme transparent qui surplombe l’arbre-habitat, mais aussi dans une tourbière ou même au sein d’une forêt. La structure de l’habitat se mêle tant à la structure de l’arbre, à l’organisation de ses branches, qu’il devient difficile de discerner la patte de l’homme de l’agencement naturel. C’est un subtil mouvement entre ces deux élans créateurs qui génère les formes, les structures, l’habitat et enfin la ville.

Le questionnement de l’architecte est bien là, dans la relation homme-nature. Apres les illustrations, le magazine a publié un texte de Daniel Gilbert et Luc Schuiten. Intitulé « Homme-Nature, la drôle de guerre ». Le texte déplore la crise majeure de la biodiversité dont il ne reste que des lambeaux à léguer aux générations futures. « La planète se transforme peu à peu en un vaste espace vert, simplifié, au service de l’homme, où ne persistent que les organismes qui ne lui sont pas concurrents. » Les auteurs citent les crises qui annoncent un « gigantesque collapse planétaire » mais entrevoient la possibilité d’une réconciliation salvatrice avec la nature. « Quand notre futur n’est plus appréhendable, il nous reste les utopies, ces lieux qui n’existent pas, perdus au bout de nos tunnels imaginaires, mais qui nous permettent de penser l’après. »… « Après l’Anthropocène, arrivera peut-être le Diallassocène », l’âge de la réconciliation entre l’homme et le vivant. Les germes de cette nouvelle période existent déjà partout, qu’ils soient publics ou privés. »… « L’enjeu de ces nouveaux modèles de fonctionnement et de production est de constituer une alternative suffisamment attractive pour faire basculer nos modes de penser et d’agir. Surtout, ils sont un moyen pour chacun de préserver ce qu’il reste de vie sauvage sur notre planète ».

luc schuiten

Retrouvez tout le travail de Luc Schuiten sur son site (illustrations, publications et articles) !

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