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Focus

Le Concours musical Reine Élisabeth aura bien lieu !

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Ce 3 mai 2021 débutera la session piano du Concours Reine Élisabeth, prévue en 2020 mais reportée pour les raisons que l’on sait. Elle aura donc bien lieu mais ne ressemblera pas tout à fait aux précédentes.

Sommaire

L’année dernière, le Covid a frappé alors que la présélection des candidats venait d’être arrêtée. Des 74 élus, 64 se sont représentés cette année et leur candidature a été automatiquement acceptée, même si entre-temps ils avaient dépassé l’âge limite de participation. Dix-neuf nationalités sont représentées, avec une forte présence du Japon et de la Corée. La France, la Russie, les États-Unis sont également en bonne place. Plusieurs difficultés se sont présentées aux organisateurs du concours, et trouver une famille d'accueil pendant la pandémie n'était pas la moindre ! Ensuite, il fallut obtenir les autorisations de voyage malgré les sévères restrictions sanitaires. On comprendra dès lors que dix candidats se soient désistés. La dernière incertitude concernant la tenue de ce concours est tombée il y a une semaine : la salle Henry Le Bœuf servira bien d'écrin pour la finale, après trois mois de travaux de rénovation suite à l'incendie de janvier.

Diffusion

Les trois épreuves du concours ne se dérouleront pas en public, mais seront filmées et transmises en direct et en différé via différents canaux de diffusion : les chaînes traditionnelles sont au premier plan avec la RTBF (Musiq'3, Auvio et la Trois), Canvas, VRT nu et Klara côté flamand, ainsi qu'Arte concert et TV5 monde plus. Les prestations seront aussi postées sur YouTube Queen Elisabeth Competition et sur le site du concours lui-même. Timothy Chooi, violoniste et ancien candidat, commentera en anglais et en direct les concerts sur la plateforme de partage Twitch initialement dédiée aux jeux vidéo. Proximus Pickx sera aussi de la fête. Certains bonus du concours seront postés sur le compte Facebook de la RTBF, ainsi que des photos, des interviews, des focus, etc.

Les épreuves

Après le tirage au sort de ce 1er mai, déterminant l'ordre de passage des candidats, la première épreuve aura lieu à Flagey du 3 au 8 mai. Le programme à présenter inclut un mouvement de sonate de la période classique (Haydn, Mozart ou Beethoven), deux études de compositeurs romantiques (Liszt, Chopin), une étude de la première partie du XXème siècle, et une étude de la seconde moitié ou du XXIème siècle. Seuls 12 pianistes seront admis à l'épreuve de demi-finale, au lieu des 24 habituels.

Cette deuxième épreuve se déroulera également à Flagey, du 10 au 15 mai. Les participants y présenteront une œuvre pour piano seul, un concerto de Mozart et un imposé, écrit pour l'occasion, par Pierre Joblowski. C'est avec l'Orchestre Royal de Chambre de Wallonie (ORCW) et Frank Braley qu'ils interpréteront les œuvres concertantes. À l'issue de cette semaine, six candidats – et non 12 – resteront en lice. La salle Henry Le Bœuf à Bozar, fraîchement réouverte, accueillera la finale du 24 au 29 mai. Pour les concertos et l'imposé, c'est le Belgian National Orchestra sous la direction de Hugh Wolff qui accompagnera les jeunes solistes. Lors de cette dernière épreuve, nous découvrirons une création de Bruno Mantovani en guise d'imposé.

Le jury, présidé par Gilles Ledure, est composé par Jean-Philippe Collard, Nelson Goerner, Ralf Gothóni, François-Frédéric Guy, Daejin Kim, Momo Kodama, Paul Lewis, Aleksandar Madzar, Jean-Claude Vanden Eynden, Elisso Virsaladze, Alexei Volodin et Shai Wosner.

Les concerts

À l'issue de la demi-finale, les candidats non retenus pourront se produire en récital les 19 et 20 mai. Les conditions seront adaptées aux mesures sanitaires en vigueur à ce moment-là. Les concerts de clôture auront lieu du 7 au 14 juin pour les six lauréats et seront diffusés par les canaux précédemment cités.

Pierre Joblowski

Pierre Joblowski est né en France en 1971. Cet artiste issu de l'IRCAM et du Conservatoire de Lyon privilégie les œuvres mixtes, mêlant le son acoustique et le son électronique. Il travaille autant sur la musique que sur les domaines périphériques comme l'image, le mouvement, la scénographie, les dispositifs électroniques, les lumières ou encore l'art plastique. Sa notoriété a depuis quelques années dépassé les frontières françaises. Partenaire privilégié de l'Ensemble Intercontemporain, il a aussi collaboré avec Ictus (Belgique). On le retrouve à Berlin, en Suède, à Montréal, à Stockholm... Son catalogue est riche et touche plusieurs catégories : musiques de film, performances, installations, musique de chambre, opéra, musique orchestrale et œuvres pour solistes. Parmi ces dernières, quelques pièces pour piano, dont celle-ci, interprétée par Wilhem Latchoumia et datant de 2017.

On y découvre aussi des instruments beaucoup moins conventionnels comme le téléphone portable, le groupe d'adolescents ou la planche à repasser... Vous l'aurez compris, Joblowski a aussi de l'humour et beaucoup d'imagination !

Dans nos collections :

Bruno Mantovani

Français lui aussi, Mantovani (1974) a suivi ses études au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, où il récoltera cinq grands prix. Notons au passage qu'il a assuré la direction de cette institution de 2010 à 2019. Il a ensuite complété son cursus à l'Ircam pour les cours de composition et d'informatique musicale. Il mène aujourd'hui une carrière internationale, en tant que compositeur mais aussi de chef d'orchestre. Sa musique a pris vie grâce à de nombreux interprètes de valeur, comme Jean-Efflam Bavouzet, Claire Désert, Tabea Zimmermann, Antoine Tamestit, Laurence Equilbey, etc.

La notion de conflit prend une grande part dans ses préoccupations compositionnelles et se concrétise particulièrement dans ses œuvres concertantes. L'imposé en sera sans doute l'illustration. En attendant de le découvrir, nous vous proposons l'écoute de son Concerto pour deux altos.

Nous vous souhaitons de prendre plaisir à ce concours !

Nathalie Ronvaux