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Focus

Centre Sésame : art outsider au Théâtre de la vie

Centre Sésame au Theatre de la vie 8520 - photo (c) Benoît Dhennin.jpg
Aboutissement de plus de six mois de travail de préparation, le Centre Sésame investit le plus beau petit théâtre de Bruxelles pour trois soirées (art urbain, théâtre, musique, plaisirs des papilles) autour de l’art outsider. Nous avons été prendre le pouls des derniers préparatifs et y découvrir une œuvre en chantier pour le moins prometteuse !

Sommaire

La maison des possibles

logo Centre Sesame

Logé dans une maison de maître uccloise, quelque part entre le Parc Brugmann et le Parc Duden, le centre Sésame est depuis plusieurs années un centre de jour qui accueille vingt-cinq adultes porteurs d’un handicap mental.

Les activités proposées sont foisonnantes. Au-delà de l’axe Arts visuels (dessin, peinture, vidéo, sérigraphie, etc. ) et de l’axe Arts de la scène (théâtre, théâtre d’ombres, clown, musique, marionnettes, etc. ) qui seront les plus mis en avant dans le projet au Théâtre de la vie existent aussi un axe Boulangerie et cuisine (fabrication de pain pour les membres du centre et leur entourage, voisins et hébergeurs ; préparation des repas pour les personnes fréquentant le centre), un axe Artisanat (vitrail, mosaïque, feutre, bijoux, peinture sur soie, etc. ), un axe Sports (sports adaptés, compétitions mixtes incluant aussi des personnes « valides ») et un axe Bien-être (massage, relaxation). Les personnes fréquentant le centre choisissent leur horaire d’activité dans le panel proposé. Certaines vont s’orienter vers des choix diversifiés, alors que d’autres vont davantage se spécialiser dans l’un ou l’autre domaine. Ainsi pour le projet d’art urbain au Théâtre de la vie ce sont les personnes les plus investies et motivées dans les arts visuels et les arts de la scène qui y participent.

Des portes ouvertes

Fidèle à son nom (impossible de ne pas penser à la formule magique du conte d’Ali Baba), le Centre Sésame a logiquement choisi de s’ouvrir plutôt que de fermer ses portes.

Le centre invite des intervenants et animateurs extérieurs pour certaines activités régulières (peinture sur soie, tricot, etc. ). Il sort aussi de ses murs pour pratiquer par exemple la danse africaine avec les membres d’autres centres de jour à la Pianofabriek (Saint-Gilles). Des rendez-vous plus ponctuels ont lieu avec le collectif Boite à clous lors de la Zinneke Parade ou l’équipe des plasticiens d’Esperanzah! lors de la résidence de création de la décoration du festival. Une collaboration plus conséquente a vu le jour avec l’atelier de production cinématographique Graphoui (le court métrage Ma peau aime en 2012 abordant la question de l’amour et de la sexualité des personnes handicapées non pas via le discours de « spécialistes » mais via la parole des principaux intéressés eux-mêmes).


Court métrage Ma peau aime (Graphoui / Centre Sésame, 2012) :



Le théâtre de la vie

Le projet actuel au Théâtre de la vie (Saint-Josse) s’inscrit dans cette perspective. Il se place dans la continuité d’une collaboration avec l’équipe déco du festival Esparanzah! au cours de laquelle un petit groupe de personnes du centre ont rencontré Jérôme Désert (du collectif Superpose) pour la décoration du site du festival Esperanzah. Jérôme a son atelier dans le quartier du Théâtre de la vie. C’est lui qui a fait le lien entre les deux institutions. Situé dans une rue étroite mais soumise à une intense circulation automobile en journée, le théâtre se posait des questions de visibilité par rapport à ses voisins, aux habitants du quartier. C’est de là qu’est née l’idée de travailler avec le centre Sésame et le collectif Superpose sur une intervention pour la devanture du théâtre.


De la feuille à la façade, d’un dessin individuel à une peinture collective : un univers en expansion

À partir des rencontres avec les responsables du Théâtre de la vie, de l’expression de leurs envies et besoins, chaque participant s’est mis – vers septembre dernier – à travailler individuellement, chacun sur « sa » feuille de petit format autour des mots et images issues de ces discussions préliminaires.

Ensuite, pour pousser tout le monde à « sortir de sa bulle », plusieurs grandes feuilles ont été accrochées aux murs de l’atelier à Uccle et à chaque sonnerie d’une minuterie (toutes les 3 ou les 5 minutes), les dessinateurs changeaient de dessin, continuant, prolongeant ou recouvrant le dessin de quelqu’un d’autre, comme dans un gigantesque cadavre exquis graphique. Les grandes feuilles ont été remplacées par des rouleaux de papier aux dimensions encore plus généreuses ; le collage s’est rajouté au dessin – pour également casser les habitudes, sortir de sa zone de confort. Parmi « la tonne » de dessins produits, une sélection a été opérée et les photos de ces dessins retenus ont été projetés sur les futurs panneaux de la fresque. « Les deux Jérôme » (Jérôme Désert et Jérôme Maillet de Superpose) ont choisi une charte de quelques couleurs à laquelle le Centre Sésame a rajouté une couleur supplémentaire.

En résidence sur place dans les ateliers du Théâtre de la vie, toute fin avril, les cinq personnes du Centre Sésame, leurs deux animatrices – Magali Cadelli et Marie-Pierre Lennertz – et les « deux Jérôme » sont tous intervenus les uns et les autres – dans une démarche horizontale qui atténue les différences entre animateurs, animatrices et « personnes animées » – sur des panneaux qui ne sont plus l’espace de création individuel de chacun mais les pièces d’une construction réellement collective. Ce collectif à géométrie variable associant plasticiens du centre, artistes ayant un handicap mental et des artistes valides (les artistes intervenants réguliers et extérieurs) a choisi son nom lors d'une discussion elle-aussi horizontale : Collectif Phénix.

Interrogé sur ce processus de création, Pedro nous raconte comment il y a six ou sept mois, il avait choisi dans la bibliothèque du centre des images d’humains et d’animaux pour nourrir son inspiration et ses dessins. Presqu’au bout de cette aventure, à deux semaines du moment de sa rencontre avec un public extérieur, il nous confirme son plaisir à bouger, à sortir quelques jours du centre. « La maison c’est bien, mais c’est un peu petit ! ».

Plus qu’une fresque, un vrai festival

Profitant de sa présence dans les murs d’un théâtre (qui plus est, un des plus beaux petits théâtres de Bruxelles) le centre Sésame en a profité pour proposer un véritable petit festival d’art outsider incluant la pièce Je trouve pas mes mots à dire, né de la rencontre – elle-aussi plus horizontale que verticale – entre comédiens du centre et la compagnie Théâtre Sauve qui peut de Strasbourg et des concerts du groupe – lui aussi « mixte », associant musiciens du centre et musiciens pros – Scalène Délégation. Et les truffes de l’atelier boulangerie, ainsi que les sacs, badges et aimants de l’atelier sérigraphie seront aussi proposés à la vente !

Philippe Delvosalle

Photos : (c) Benoît Dhennin (sauf photo théâtre Marie-Pierre Lennertz)


Festival d’art outsider au Théâtre de la vie - Programme

Centre Sésame au Théâtre de la vie 8650 - photo (c) Benoît Dhennin

Théâtre de la vie
45 rue traversière
1210 Bruxelles (Saint-Josse)

Mercredi 8 mai

13h45 – théâtre – Je trouve pas mes mots à dire

20h – théâtre – Je trouve pas mes mots à dire
21h – concert – Scalène Délégation

+ vente de productions des ateliers (sérigraphie, sacs, t-shirts, etc. / pain, truffes, etc. )
+ bar et petite restauration


Jeudi 9 mai

Inauguration de la fresque du collectif Phénix et du collectif Superpose.
Exposition dans la salle de théâtre
Odessalavie (fanfare)

+ vente de productions des ateliers (sérigraphie, sacs, t-shirts, etc. / pain, truffes, etc. )
+ bar et petite restauration


Vendredi 10 mai

20h – théâtre – Je trouve pas mes mots à dire
21h – concert – Scalène Délégation

+ vente de productions des ateliers (sérigraphie, sacs, t-shirts, etc. / pain, truffes, etc. )
+ bar et petite restauration

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