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Focus

BRIFF & BSFF : l'amour du cinéma sous tous les formats

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Du 28 août au 11 septembre 2021, le cinéma fera les beaux jours de la capitale. Du long, du court, du proche, du lointain, en salles comme en plein air, auteurs et amateurs réunis, il y en aura pour tous les goûts. Cofondatrice et codirectrice de la programmation, Céline Masset nous guide au travers d’une programmation foisonnante.

PointCulture : Pourriez-vous nous dire quelques mots de votre parcours dans le cinéma ?

Céline Masset : Tout est parti d’une rencontre. J’ai fait la connaissance de Pascal Hologne en suivant un master en analyse et écriture de scénario à l’ULB. J’avais un diplôme d’historienne de l’art, Pascal avait étudié la réalisation à l’INRACI. Ensemble nous avons d’abord créé un festival de courts-métrages, le BSFF. La première édition du festival a eu lieu en 1998, quand on était encore étudiants, via l’association que nous avions mise sur pied, Un soir… Un grain. Plus tard nous avons monté le Be Film Festival, un événement centré sur le cinéma belge qui a rejoint le BRIFF il y a trois ans. Le cinéma belge conserve donc une place importante au sein de la programmation internationale.

- Quand on entend parler du BRIFF, le mot qui revient le plus souvent est éclectique.

- L'idée est d’accueillir des publics variés dans des lieux variés. Chaque cinéma a sa propre spécificité en matière de programmation. Que ce soit pour le BRIFF ou pour le BSFF, on a toujours eu à cœur de faire le grand écart, de mettre à l’honneur le cinéma dans toute son ampleur et sa diversité. Les films qu'on aime ne se cantonnent pas à un seul genre, à un seul pays, un seul format. Nos envies sont fonction du moment, le BRIFF prend la notion de choix très au sérieux en offrant un panel varié. Il y a tellement de choses à montrer ! On préfère être gourmand plutôt que de s'efforcer de se restreindre.

Cette année, le festival fait la part belle aux héros en quête de sens, perturbés par cette planète qui nous implore de prendre soin d’elle. En compétition ou en « off », les films qui seront proposés portent, chacun à leur façon, un message commun, teinté d’humour ou truffé d’émotions : faut que ça bouge ! — [extrait du programme]

- Quelles sont les valeurs que vous cherchez à défendre au travers d’une programmation aussi généreuse ?

Kervern & Delepine - credit photo Richard Dumas.jpeg

Un cinéma d’auteur, le cinéma dans sa dimension artistique. Notez qu’il y a trois compétitions distinctes, chacune avec un angle d’approche bien particulier. La Director’s week représente le volet européen qui regroupe des auteurs émergents, un peu plus radicaux. Cette sélection englobe la fiction et le documentaire. On peut citer Women Do Cry de Mina Mileva & Vesela Kazakova, Azor de Andreas Fontana ou encore Soy Libre de la cinéaste française basée à Bruxelles Laure Portier, film primé à Cannes dans la sélection ACID. En Compétition Internationale, on cherche à présenter une grande diversité de pays, la narration et la mise en scène peuvent en revanche être plus classiques. 10 films, 8 pays différents, dont l’Argentine avec El perro que no calla d’Ana Katz, mais aussi la Chine, le Mexique, la Bosnie-Herzégovine… La Compétition Nationale a pour slogan : « Miroir, mon beau miroir, dis-moi qui est le plus belge ? ». Parmi les 9 films sélectionnés, on peut citer les noms de Claude Schmitz, Serge Mirzabekiantz, Méryl Fortunat-Rossi... On vise l’éclectisme le plus total en allant du côté du documentaire comme de la fiction, des formes plus ou moins aventureuses. L’objectif à cet endroit est de donner une idée de l’étendue du cinéma belge, qualité assez rare au sein d’un même pays. Enfin, les séances Open Air sont destinées à des œuvres un peu plus mainstream, on privilégie l’émotion collective. Cette optique de grand écart vaut également pour les mises à l’honneur sous le label Retro. Tantôt on invitera une personnalité qui fait l’unanimité, tantôt au contraire quelqu’un de plus confidentiel autour duquel se rassemble un public de cinéphiles avertis. Cette année, ce sera Kervern et Delépine.

- Il y a également un nombre considérable de films proposés hors compétition ?

La sélection Discovery comporte en effet un volet Green Planet qui fait écho aux préoccupations environnementales actuelles. On y (re)découvrira entre autres Into the Wild de Sean Penn ainsi que Captain Fantastic de Matt Ross. En partenariat avec Bozar, le second volet de cette catégorie met à l’honneur l’Ukraine. Enfin, l’année passée, la pandémie ne nous a pas permis de fêter comme on le souhaitait les 60 ans de l’indépendance du Congo. En guise de rattrapage, on a choisi d’évoquer la rumba congolaise pour ce troisième volet, qui comprendra un concert et le documentaire Rumba Kings d’Alan Brain. À côté de cela, le dernier film de Mathieu Amalric fera l’ouverture du festival : Serre-moi fort, un chef-d’œuvre [critique à venir]. On projettera également en avant-première le dernier opus de Verhoeven, Benedetta. Enfin, en clôture, on fera l’événement avec le très attendu Dune de Denis Villeneuve.

- Qu’en est-il des restrictions dues à la situation sanitaire ?

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Pour la deuxième année consécutive nous avons été contraints de déplacer les dates du festival, qui devrait avoir lieu au mois de juin. Pour les jauges on ne sait pas encore, cela dépendra des prochains CODECO. Les événements qui s’organisent autour du village, du chapiteau, en un mot la dimension festive de l’événement fera certainement l'objet de quelques aménagements, comme c'est le cas déjà dans le secteur de l’HORECA.

- Dernière question : comment s’articulent le BSFF et le BRIFF ?

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Globalement, c’est la même équipe qui gère les deux projets, il y a donc une grande transversalité. Les deux événements se chevauchent parce qu’on a dû bouger les dates, on voulait néanmoins garder cette dimension estivale qui permet des projections en plein air. Ce n’est pas simple pour nous mais les festivaliers y trouvent une occasion de rencontre. Le BSFF propose une programmation littéralement foisonnante comprenant plusieurs volets. Depuis 2018, le festival participe aussi à la qualification pour les Oscars, ce qui signifie que les lauréats des Grands Prix des Compétitions Nationale et Internationale figureront dans la présélection de la prochaine cérémonie. Le BSFF prendra également ses quartiers dans divers lieux : Flagey, Vendôme, Galeries, Mont des Arts, Kinograph… Au total, 358 courts-métrages seront projetés.


BSFF (Brussels Short Film Festival) : 28/08 - 05/09/2021

Site du festival

BRIFF (Brussels International Film Festival) : 01/09 - 11/09/2021

Site du festival


Questions : Catherine De Poortere (via Zoom)

Crédits images ©BRIFF

Merci à Eva Prospero