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Focus

Arts, culture et confinement (29) : revue du web, 6ème semaine

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Cette semaine encore, nous avons exploré la toile pour vous: de la poésie, du journalisme, de l'art, du social, des photographies, des films et, bien sûr, de la musique !

Sommaire

Trente poèmes asiatiques

Finies les nuées d’oiseaux​Finis les essaims d’abeilles…​Tous constituaient des rassemblements illégaux.​ ( Le décret animaux et insectes ) — Cecil Rajendra

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Les éditions Jentayu, fondées en 2014, proposent un regard contemporain sur l’Asie en éditant une revue semestrielle et diverses publications consacrées à la littérature et à la poésie du continent. Il s’agit souvent d’auteurs jamais traduits et très peu connus en Europe. Pendant un mois, à partir du début du confinement, Jentayu a publié chaque jour sur sa page Facebook un poème d’un auteur asiatique (Thaïlande, Indonésie, Mongolie, Taïwan…) et a compilé les liens dans une publication, une fois le mois écoulé. [ASDS]

> Editions Jentayu


Une BD comme lecture de confinement

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Comme toutes les maisons d’édition, l’éditeur BD belge indépendant L’employé du moi est aussi à l’arrêt depuis mars.

En ces temps de fermeture des librairies, et pour ne pas « obliger » ses fidèles à se procurer une de leurs lectures via « l’affreux Amazon » (repris sur le site de L’EDM !), l’éditeur a arrêté de communiquer autour de ses plus récentes parutions. En attendant, et pour ajouter son petit grain de sel à la masse des contenus offerts ces dernières semaines, L’employé du moi propose en accès libre Antti Brysselissä, le premier livre de Max de Radiguès (également éditeur à L’EDM) , un titre paru en 2007 et désormais épuisé !

C’est l’histoire d’Antti, un jeune Finlandais qui débarque à Bruxelles pour effectuer un stage dans une boîte de pub. Il tente de trouver ses marques dans cette ville étrange, et de se faire une place parmi ses colocataires et ses deux jolies voisines. Entre les soirées arrosées et sa découverte de la ville, une intrigue amoureuse se tisse. Mia tourne autour du nouvel arrivant alors que la fascinante Juliette apparaît bien inaccessible, apparemment... (YH)

> Antti Brysselissä


Un essai pour analyser

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1917 Decameron est le titre d’un court essai paru dans l’excellente revue Ballast et signé Sandra Lucbert. L’autrice des romans La Toile et Mobiles y opère une synthèse éclairante de ce que l’on est en droit d’exiger de nos lectures en temps de crise. Prenant appui sur le récent phénomène d’engouement suscité par le Decameron, une œuvre de Boccace écrite au XIVème siècle, Sandra Lucbert s’interroge sur ce qu’il convient de faire de cette force politique singulière qu’exhale la littérature. Dans une ville ravagée par la peste, un groupe de jeunes gens fortunés décident de s’isoler dans une maison de campagne « pour s’y livrer à la joie ». On voit aussitôt comment l’époque actuelle peut se relier à un texte dont le résumé ne dit cependant rien de sa subtile puissance insurrectionnelle. Neutralisation, détournement, réactivation : à partir de ces trois attitudes qui s’opposent, Sandra Lucbert décrit un paysage bibliophile au sein duquel les plus experts ne sont certes pas les plus grands opérateurs de la pensée. De Boccace à Marguerite de Navarre, de Virginie Despentes à Kafka en passant par Paul B. Preciado, se noue une réflexion autour de l’expression « se barrer » (cfr Césars 2020) pour en montrer tout le potentiel de révolte, au travers du temps et des œuvres. Un confinement n’est pas l’autre, la position de retrait n’est pas qu’un égoïsme de droite, elle offre aussi, à ceux qui s’en sentent le courage, de réexaminer les " données fondamentales de notre vie collective". (CDP)

> 1917 Decameron


Des ragas pour vaincre la pandémie

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Depuis sa maison en Inde, Debashish Battacharya joue un long raga du matin pour vaincre la pandémie ; il propose également un raga du soir sur le même thème. Ce musicien est reconnu pour les guitares slide qu’il fabrique et qu’il adapte au jeu de la musique classique indienne. Sa page Facebook propose de nombreuses autres performances récentes. [ASDS]

>Raga du matin


Un mix thématique par jour

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Le site Section 26, autoproclamé “prescripteurs pointilleux et passionnés de l’entre-soi pop moderne depuis 1991” propose des playlists musicales thématiques. Le prétexte de base est très divers : les chanteuses oubliées des années 1960, la cold-wave à la française, les oiseaux, la nuit, la flânerie dans les rues. Cela s’appelle I like 2 stay Home, et cela prend la forme d’un mix par jour depuis le début du confinement. (BD)

> I like 2 stay Home


1982-2020 : le clip le plus lent de l’histoire ?

On l’a évoqué ici dans la Revue du web de la semaine passée à propos de l’enregistrement live d’Arthur Russell récemment réapparu, cette période de confinement mondialisé n’est pas uniquement l’occasion d’une sorte d’ultra-activité connectée (de concerts en streaming, de musique enregistrée et postée dans l’urgence, sans recul, etc.). Ponctuellement, cette période particulière est aussi l’occasion de mettre de l’ordre et de tomber sur quelques perles qu’on pensait à jamais perdues. Ainsi le cameraman et cinéaste néo-zélandais Peter Janes vient de monter, 38 ans après leur tournage, les rushes retrouvés du clip pour « Rolling Moon » le deuxième disque (après un split-double 12 inch, Dunedin Double) des Chills. Splendide grain de la pellicule, tournage de nuit au bord de la mer à Pilots Bay près de Dunedin, le feu, l’orangé des visages… Des images à la hauteur de cette petite merveille de chanson du pays à l’indie pop la plus singulière, insulaire et bouleversante du globe. [PD]


Un rendez-vous pour soutenir les artistes

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En mars, le site Bandcamp avait lancé une opération de soutien aux labels et aux musiciens qui utilisent la plateforme. Pendant une journée, tous les bénéfices allaient directement aux artistes et le site renonçait à sa commission. Les chiffres sont étonnants : en temps normal, un vendredi représente 47.000 achats, ce jour-là ce sont environ 800.000 transactions qui ont été effectuées, générant 4,3 millions de dollars. Bandcamp a décidé de réitérer l’opération le vendredi 1er mai. Si la déferlante de contenus gratuits est un bienfait pour le public confiné, les musiciens sont eux privés du peu de revenu que leur procurent les concerts et de celui encore plus faible des ventes chez les disquaires. Les achats en ligne sur une plateforme comme Bandcamp sont une alternative précieuse à l’exploitation que représentent les sites de streaming (qui ne reversent qu’une fraction ridicule de leurs bénéfices aux artistes) ou à d’autres sites de distribution moins consciencieux avec leurs artistes ou leur personnel. (BD)

> Bandcamp


Des curiosités filmiques en ligne

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Tous les mercredis, MK2 Curiosity offre une sélection de films à voir gratuitement sur leur site.

En cette cinquième semaine de confinement, cinq films très particuliers ont été choisis : une balade dans un Paris dominé par des déesses grecques (Agnès Varda), un poignant film essai intime sur Mai 68 et la disparition d’un ami cher (Romain Goupil), une virée équestre au sein d’une famille tzigane (Bartabas), une promenade dans la campagne irlandaise à la recherche de l’inspiration, en compagnie de la romancière Edna O’Brien (Jérôme de Missolz), une immersion dans le processus créatif du chorégraphe Maurice Béjart (Marcel Schüpbach). (MR)

> MK2 Curiosity


Des films canadiens

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De très nombreux films produits par l’Office national du film du Canada (ONF) sont en libre accès. On y trouve des fictions, des animations (pour jeunes et moins jeunes… comme celles de Norman McLaren, par exemple), des programmes interactifs à la pointe et… des films documentaires devenus des classiques de cet « autre cinéma ».

Ainsi, certains incontournables de ce qui fut appelé à la fin des années 1950, début 1960, « cinéma direct » ou « cinéma-vérité » – Les Raquetteurs (1958), Pour la suite du monde (1962), La Lutte (1961), etc. – peuvent être vus dans leur entièreté au même titre que d’autres films importants dans l’histoire du cinéma documentaire, comme La Bête lumineuse de Pierre Perrault ou Rouli-roulant de Claude Jutra. (MR)

> Office national du film du Canada

À lire aussi :


De l'éducation citoyenne

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Si le confinement est, comme on nous le présente, “l’occasion rêvée pour maitriser de nouvelles compétences”, pourquoi pas aller les chercher dans le domaine de l’éducation aux droits humains ? Dans cette perspective, Amnesty International propose plusieurs modules didactiques, destinés à différentes tranches d’âge (depuis 8 ans jusqu’à l’âge adulte) et consacrés à des thèmes comme la déclaration des droits de l’homme, les droits des enfants, la peine de mort, la liberté d’expression et les discours toxiques. Ces modules sont créés comme des programmes d’activités, et s’ajoutent aux podcasts déjà développés sur le site sur ces mêmes thématiques. (BD)

>Education aux droits humains


De l'éducation artistique

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Les Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique ne sont pas en reste en matière d’éducation. Pour la période de confinement, ils mettent en ligne une collection de 36 audio-guides du Musée Magritte adressés aux enfants, un atelier créatif pour confectionner une carte postale dans le style surréaliste, une invitation à réfléchir et à imaginer une histoire autour d’un tableau d’Alechinsky et une balade littéraire en collaboration avec Amusea, réunissant Jean de la Fontaine et Marc Chagall autour de La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf. Une initiative intelligente et bienvenue pour les enfants en manque de sorties… (NR)

> Alechinsky

> Musée Magritte

> Creative workshop

> Balade littéraire


Des photographies de nos villes en temps de pandémie

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Photographies sur le site de Flickr : si le confinement est une réponse nécessaire à la pandémie de Covid-19, la tentation est grande pour les photographes de documenter ses effets sur le paysage de nos villes. Rues désertes, annonces de fermeture, masques de protection, messages d’encouragement, bricolage anti-rassemblement, mais aussi infractions flagrantes et situations absurdes, la situation actuelle est riche en images inédites. Certaines sont drôles, parfois émouvantes, quelques-unes montrent la patience et la résilience de la population, d’autres son impatience et sa grogne. (BD)

> Covid-19 Photography


De l'art par... téléphone

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Les Zinopinées, c'est un programme culturel conçu par des habitants et habitantes et les Centres culturels du Nord-Ouest de Bruxelles pour faire surgir de l’art un peu partout, surtout là où on l’attend le moins. Ils s’adaptent à la situation avec les « Zinopinées confinées » et investissent cette fois ce lieu inattendu qu’est le téléphone.

Le 9 mai entre 15h et 18h, les personnes inscrites seront appelées au téléphone, individuellement et chacune leur tour, par des artistes qui leur susurreront à l’oreille de la poésie ou du théâtre, leur liront des extraits littéraires ou leur feront écouter de la musique.

Un événement proposé par les Centres culturels du Nord-Ouest de Bruxelles Archipel 19 - Centre culturel, le Centre Culturel de Ganshoren et le Centre Culturel de Jette. (AD)

> Les Zinopinées confinées


Une place pour exprimer son mal-être dans le couple confiné

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The Social Distance Project a commencé par un tweet :

« Si vous vivez avec un être cher et que vous pensez que vivre ensemble la quarantaine va vous conduire à la rupture, écrivez-moi. Je veux pas écrire un livre, j’aime juste le drame ». Meg Zukin a reçu tellement de réponses qu’elle les a recensées sur un site internet. Des histoires quotidiennes, des questionnements, des ruptures, des gens qui s’aiment ou qui s’aimaient.

En anglais uniquement. (AD)

> The Social Distance Project


Du journalisme à l'heure du coronavirus

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L’information autour de la pandémie est un sujet très sensible. Certains états voient d’un mauvais œil toute critique de leurs manquements face à la crise, quand ils ne la nient pas purement et simplement. Les journalistes et les lanceurs d’alerte sont victimes de poursuites, de harcèlement, voire d’agression et d’arrestation, dans de nombreux pays comme l’Inde, la Biélorussie ou la Chine. L’Observatoire 19, lancé par Reporters sans frontières (RSF), est un outil de suivi adapté à une crise globale inédite. Dénommé en référence au Covid-19, mais aussi à l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, ce projet a pour objectif d’évaluer les impacts de la pandémie sur le journalisme. Il documente la censure étatique, la désinformation délibérée et leurs effets sur le droit à l’information fiable. Il s’attache à prodiguer des recommandations pour favoriser l’exercice du journalisme. (BD)

> L'Observatoire 19



Photos de bannière: Tim Dennel à Sheffield, sur Flickr (licence Creative Commons)

Avec la participation d'Aurore Dupuy, Anne-Sophie De Sutter, Philippe Delvosalle, Marc Roesems, Nathalie Ronvaux, Catherine De Poortere, Yannick Hustache et Benoit Deuxant.