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Critique

« The Last Bus », un film de Gillies MacKinnon

The Last Bus
Un vieil homme souhaite accomplir une dernière mission et traverse pour cela l’entièreté du Royaume-Uni, du nord au sud, en utilisant les bus locaux. Un road-movie un peu différent, qui est aussi un portrait souvent réconfortant de la société britannique, mais qui malheureusement n’évite pas les clichés.

Au milieu des années 1950, Mary implore son époux, Tom, de partir le plus loin possible, de quitter cet endroit où ils ont vécu un drame. Ils abandonnent Land’s End au sud-ouest du Pays de Galles pour rejoindre John o’ Groats, un village du nord de l’Ecosse où ils s’installent dans un petit cottage avec jardin potager. Aujourd’hui, il ne reste plus que Tom (Timothy Spall), octogénaire (ou plus) et il se sent qu’il doit accomplir une dernière mission qui le ramènera là où il a vécu avec son épouse, à Land’s End. Cette histoire du road trip, réalisé par l’Ecossais Gillies MacKinnon, est entrecoupée de flashbacks qui lèvent progressivement le voile sur les raisons qui poussent Tom à entreprendre son voyage. Ces images sont rêveuses, avec comme point de mire le manteau jaune de la jeune Mary qui illumine l’écran.

Armé de son abonnement de bus (gratuit pour les personnes âgées), Tom s’embarque donc dans un long voyage. Il a noté au crayon dans son carnet toutes ses étapes, des horaires des bus aux bed and breakfasts où loger. Cette manière de faire, à l’ancienne, est touchante, de même que son apparence un peu désuète : il fera tout le voyage en veste de tweed et cravate, avec ses belles chaussures en cuir.

Malheureusement, les clichés opposant l’ancien au moderne commencent très vite à s’accumuler : après s’être endormi dans un bus, il se retrouve au dépôt et n’a aucun moyen d’appeler son B&B, le seul téléphone public qu’il trouve (et c’est même étonnant qu’il y en ait encore un précisément à cet endroit) a été vandalisé. Il se retrouve confronté à divers personnages, dont certains ne lui veulent pas que du bien (la droguée qui lui vole sa précieuse valise, le contrôleur de tickets irascible, la propriétaire de B&B un peu énervée par ses questions...). Dans une des grandes villes qu’il traverse, il prend la défense d’une jeune femme musulmane qui est harcelée par un homme saoul, au risque de sa propre intégrité, mais très vite tous les passagers du bus se liguent contre le harceleur et l’obligent à descendre du bus. Un autre épisode, un peu invraisemblable, le conduit même à l’hôpital.

Un arc narratif secondaire se focalise sur les réseaux sociaux : le « héros du bus » devient un personnage dont tout le monde partage les histoires, suite à quelques vidéos filmées par des passagers, notamment lors de l’altercation avec l’homme ivre ou lorsqu’il chante « Amazing Grace » devant un groupe de supporters d’un côté et de femmes fêtant un enterrement de vie de jeune fille de l’autre. Est-ce que c’était vraiment nécessaire ? Ou juste une manière de renforcer encore l’idée du cliché ancien / moderne ?

A côté de ces aventures négatives, il rencontre également des femmes et des hommes qui l’aident, l’hébergent, le nourrissent, le soutiennent dans son périple et ces scènes réchauffent le cœur et ne laissent pas insensibles. Ce sont des monsieur et madame-tout-le-monde, aux accents écossais ou anglais très marqués, des travailleurs ukrainiens aussi, tous plein de bonté et de chaleur pour ce vieil homme un peu perdu. Et il faut bien avouer que certaines scènes peuvent mettre la larme à l’œil.

Le road trip aurait pu être un prétexte pour montrer les divers paysages de l’Ecosse, de l’Angleterre et du Pays de Galles. Si au début, il y a quelques très beaux plans, au fur et à mesure que Tom avance vers le sud, les images sont de plus en plus insignifiantes – il n’y a jamais par exemple de panorama d’une ville comme Glasgow ou Liverpool au loin (il suffit de revoir Ali & Ava pour voir comment une ville peut être filmée avec art et passion), et les scènes de la presque fin du voyage se passent dans des champs identiques à des milliers d’autres. C’est une occasion ratée de montrer un pays dans son entièreté, et c’est la conséquence d’un budget limité (le tournage a été réalisé en Ecosse uniquement). Par contre, les fans de bus seront ravis, avec toute une palette de véhicules locaux.

The Last Bus n’est pas pour autant un mauvais film. Même si certaines scènes sont très cliché et que les images des paysages déçoivent par leur banalité, c’est avant tout un film qui fait chaud au cœur. On voit la bonté des gens, malgré les difficultés de la vie de tous les jours, et le personnage de Tom, ce vieux monsieur très digne et déterminé mais un peu perdu, est très attachant. Il y a des films comme ça, pas tout à fait réussis, mais qui arrivent à créer des émotions et qui renforcent la confiance en l’humanité.


The Last Bus – Gillies MacKinnon

Royaume-Uni – 2021 – 1h26


Texte : Anne-Sophie De Sutter

Crédits photos : WW Entertainment Belgium


Agenda des projections

Sortie en Belgique le 6 juillet 2022, distribution WW Entertainment Belgium

En Belgique francophone, le film est programmé dans les salles suivantes :

Bruxelles : Aventure, UGC Toison d'Or

Wallonie : Charleroi Quai 10, Liège Sauvenière, Louvain-La-Neuve Cinescope, Mons Plaza Art, Namur, Cinéma Cameo, Nivelles Ciné4, Waterloo Wellington

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