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Critique

Manon Tanguy « Parmi les crocodiles »

Parmi les crocodiles
Après un premier album « Somniloque » (2014) peuplé de personnages décalés, la pianiste, auteure-compositrice et interprète nantaise Manon Tanguy s’aventure cette fois « Parmi les crocodiles ». Une sacrée bande de reptiles à la fois cyniques et sensuels qui s’amusent ou s’offusquent des rapports entre hommes et femmes.

La belle, également demi-finaliste du prix Moustaki, nous propose douze pépites pop folk acoustiques aux accents électro dont les arrangements soignés sont signés de main de maître par Nicolas Bonnière (guitariste de Romain Humeau et d'Eiffel, producteur de Calvin Russel, Manu Lanvin).

Accompagnée de ses fidèles crocos musiciens Laurent Duflanc et Yannis Quillaud (membres de la formation nazairienne électro-pop L.O Crocodiles), la jeune chanteuse à la voix touchante et fragile démarre l’opus avec « What Else », un titre métaphorique où elle confronte le café italien amer (lié à la rude vie de ce pays) à son café au lait sucré de son quotidien complaisant.

Les textes engagés, sensuels ou drôles (dont un écrit par Nicolas Jules) puisent leur source dans l’inconscient de la jeune femme. Ils nous racontent entre parlé et chanté de petites histoires féminines autour de l’amour (« Marmelade sanguine »), du désir (« Le trouble »), des apparences (« La bouche ») ou de l’abandon (« Kérosène »). Notre demoiselle aborde également le thème douloureux du harcèlement comme avec son morceau « La taille de sa jupe », interprété en compagnie des chanteuses Liz Cherhal et Delphine Coutant.


Toutes ces chansons qu’elle qualifie de « crocodiliennes » nous emmènent dans un univers intimiste, frais et mystérieux sublimé par une musique enjouée et délicate (dont trois titres sont joués par le batteur d'Eiffel, Nicolas Courret). L’ensemble mélodique est habilement soutenu par un fond d’instruments divers tels que piano, ukulélé, harmonica, banjo, xylophone, kalimba ou flûte à bec.


À découvrir sans tarder !

 

Lépinois Céline