Compte Search Menu

Critique

The Liminanas : « Shadow People »

The Liminanas : « Shadow People »
Couple à la ville comme à la scène, Marie et Lionel Limiñana alias The Liminañas sortent leur cinquième album studio Shadow People. Notre Duo catalan actif depuis les années quatre-vingt, figure incontournables du paysage indé français, a conforté jusqu’à aujourd’hui sa notoriété à l’étranger en publiant ses quatre premiers albums aux États-Unis.

Ce nouvel opus très frenchy aux influences anglo-saxonnes est cette fois enregistré et produit en compagnie d’Anton Newcombe (leader du groupe de rock indépendant américain The Brian Jonestown Massacre) dans ses studios berlinois.

Ensemble, ils nous emmènent une fois de plus hors des sentiers battus avec dix pépites en français naviguant entre pop à l’ancienne et rock garage psyché.

Dans la suite logique du précédent album « Malamore », les chansons s’enchainent sur une musique psychédélique lancinante aux rythmiques cold wave, bercées de sonorités bricolées tant occidentales qu’exotiques. On découvre cependant une ambiance générale plus sombre et davantage de guitares fuzz.


Nos deux compères, imprégnés par les B.O. d’Ennio Morricone, débute l’aventure avec « Ouverture », une longue plage instrumentale qui lorgne vers le Far West avec quelques sonorités indiennes. S’ensuit « Le premier jour », une ballade chantée-parlée sombre et chaleureuse. 
Plus loin, avec « Motorizzati Marie » et l’hypnotique « Pink Flamingos », l’écoute laisse apparaître peu à peu une rythmique martelée, un son plus tranchant et un grain plus garage.
Vers la fin du disque, on tombe sur l’oppressant « Trois bancs », une interprétation qui fait ressurgir le spectre de Serge Gainsbourg.
On termine cette belle épopée, cap à l’ouest ! , avec « De la part des copains », un morceau instrumental cuivré digne de la bande original d’un film.

D’autres anciennes collaborations viennent également enjolivées cette galette comme le crooner Bertrand Belin qui déclame et apporte sa touche personnelle sur l’élégant « Dimanche », portrait d’une fiancée bipolaire. La rayonnante Emmanuelle Seigner pose sa douce voix sur le chic et langoureux « Shadow people » et enfin Peter Hook chante et gratouille de sa basse le synthétique et envoûtant « The Gift ». Sans oublié « Istanbul Is Sleepy », qui sonne très Velvet Underground, interprété en duo avec Anton, leur nouveau comparse à la voix rocailleuse.


Les titres espiègles et sensuels dominés par le spoken-word fonctionnent comme une sorte de court-métrage audiovisuel. Un très bon road-trip qui réussit le mariage entre nonchalance, violence et poésie organique.

A découvrir absolument !

Lépinois Céline