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Critique

FUNERAILLES [+BONE ALPHABET/ UNSICHTBARE FARBEN]

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publié le

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Six instruments à cordes, une harpe
Une composition fascinante. J’ai l’impression que s’il était possible de l’écouter à l’envers, ou dans n’importe quel autre ordre, elle entretiendrait le même mystère. Méticuleusement, la pièce musicale avance en élucidant une série d’énigmes qui, aussitôt, se recomposent. Comme en rêve où un personnage articule un message que l’on ne parvient pas à capter et qui pourtant est là, évident ! L’écouter, la réécouter introduit à de surprenantes expériences sensibles du temps et sur l’organisation de l’écoute à l’égard d’un matériau sonore aussi élaboré. Ferneyhough n’a pas composé une musique de funérailles. Il interroge les relations entre musique et cérémonie. Comment une musique peut-elle incarner un rite ? Se faire rite ? Musique faite d’accumulations et de dilatations, de précipitations lentes; le tout très organisé évoque parfaitement ces états d’esprit durant lesquels nous semblons absents, guidés par des forces inexplicables et qui préludent au surgissement d’un souvenir important, d’une idée que l’on attend depuis des mois, rencontre du passé, du présent et du désir de se projeter dans le futur. Et tout ça, après coup, ressemble à une cérémonie dont les codes attendent d’être déchiffrés. Funérailles II revient, repasse sur la même structure, l’interroge sous un autre angle, inscrit de nouveaux commentaires, éclaircit la démarche et épaissit le mystère, comme si la musique plaçait toute cérémonie en abîme, tissant le voile qui en estompe l’évidence, et que l’écoute s’en révélait sans fin.

 

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