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Le violoncelle - une playlist

violoncelle, playlist

publié le par Anne-Sophie De Sutter

Charlotte Moorman
Une playlist transversale consacrée aux musiques pour violoncelle, aux sonorités classiques ou plus étonnantes

Consacré cette année pour la première fois au violoncelle, le Concours musical international Reine Elisabeth est aujourd'hui terminé mais les concerts du Concours sillonnent la Belgique et cette playlist propose de poursuivre la découverte de cet instrument. Vous y découvrirez différentes facettes, des plus classiques aux plus expérimentales, en passant par la chanson française et le cinéma.

Joué à six reprises lors de la finale du Concours Musical International Reine Élisabeth, le Premier Concerto de Chostakovitch fut sans doute pour une partie du public une découverte. Créé en 1959 par son dédicataire Mstislav Rostropavich, il est formé de quatre mouvements mettant en jeu tant la virtuosité que la musicalité de l’interprète. Redoutables doubles cordes, passages en harmoniques, démanchés vertigineux et coups d’archet éprouvants concourent à prouver au jury la maîtrise technique du violoncelliste. Au-delà ces démonstrations, il y a aussi l’histoire de l’œuvre. Dans son émission « Je sais pas vous », capsule didactique passant tous les lundis sur musiq’3, Patrick Leterme nous livre son analyse.  (NR)



Goshu, jeune violoncelliste maladroit au sein d’un petit orchestre municipal, va recevoir la visite de différents animaux qui vont lui enseigner comment jouer les œuvres de Beethoven. Avec Goshu, Isao Takahata, l’autre grand maître de l’animation nippone (avec Miyazaki), signe une fable fantaisiste où se mêlent musique, poésie et réminiscences de la jeunesse.  (MA)



Né en Virginie en 1953, l’adolescent Tom Cora est un touche-à-tout musical (batterie, guitare). Ce n’est qu’à l’université qu’il commence à jouer du violoncelle. Débarqué à New York à la fin des années 1970, il y joue vite avec les plus passionnants musiciens de la zone de convergence entre rock et musiques improvisées : Eugene Chadbourne, John Zorn, Bill Laswell (avec qui il fonde Curlew) et Fred Frith (dans Skeleton Crew). Ce qui frappe chez Tom Cora, tant dans son physique (les traits de son visage, sa manière de s’habiller ou de se tenir) que dans son jeu, c’est l’alliance d’une certaine élégance / finesse et d’une certaine assurance / puissance. Son violoncelle préparé, amplifié et parfois auto-samplé par un système de pédales, lui permet de trouver sa place musicale au milieu du maelström électrique de groupes guitares-basse-batterie amplifiés (comme le groupe post-punk amstellodamois The Ex p.ex.) sans perdre de sa « violoncellité ». En 1998, beaucoup trop jeune, Tom Cora meurt d’un cancer. Personnellement, je n’oublierai jamais ce soundcheck du début des années 1990 aux Établissements phonographiques de l’Est (Paris) où il s’était mis à jouer avec deux-trois voisins blacks d’une dizaine d’années qui n’avaient jamais vu un violoncelle de leur vie (« C’est quoi, ça ? ») : eux rapant un hit radiophonique de l’époque, lui improvisant à l’archet…  (PhD)



Outre quelques bandes originales de films remarquées et un album de chansons revisitées, la chanteuse et violoncelliste québécoise Jorane est l’auteure d’une dizaine d’albums de compositions personnelles. Une artiste qui n’a pas d’œillères et qui n’a pas froid aux yeux, naviguant entre une démarche « chanson » originale et des expériences vocales et instrumentales étonnantes. Violoncelliste aventureuse, chanteuse à l’aise dans de nombreux registres, elle dégage sur scène un magnétisme hors du commun. La chanson « L’instant aimé » dont les paroles sont de Marcel Kanche est issue de l’album éponyme sorti en 2012. J’ai choisi de vous faire écouter une version enregistrée en live à Nantes, en duo avec un autre violoncelliste de talent, Valentin Mussou.  (GD)



Dans la musique de Tigre et Dragon composée par Tan Dun, le violoncelliste Yo-Yo Ma joue des compositions tristes ou romantiques, s'inspirant des musiques occidentales mais aussi des airs pour instruments traditionnels chinois. La version proposée dans le clip est jouée par Cellostrada sur quatre violoncelles.  (ASDS)       



Ballaké Sissoko et Vincent Segal ont associé kora malienne et violoncelle occidental sur deux albums, initiant à chaque fois une conversation entre les cordes et créant une atmosphère feutrée et sereine, tout en respectant les traditions de chacun.  (ASDS)


La chanteuse et violoncelliste new-yorkaise Leyla McCalla (par ailleurs membre du groupe Carolina Chocolate Drops) nous invite à découvrir son second album A Day For The Hunter, A Day For The Prey. Cet opus compte douze morceaux de Blues du bayou intemporels teintés de folk, de Jazz et de sonorités haïtiennes (ses origines). La jeune femme chante en anglais, en créole et en français sur fond de banjo des titres traditionnels revisités et des compositions originales.  (CL)



Duo bruitiste saxophone/violoncelle. Maelstrom incandescent aux interactions grinçantes et tonitruantes. Le violoncelle, ici augmenté de quelques effets électroniques, est un instrument plutôt rare dans la sphère de l’improvisation libre. Virtuose des textures bruiteuses et effets distordus, Fred Lomberg-Holm ne serait-il pas un futur candidat pour le concours Reine Elisabeth ?  (BB) 



Pedro Soler, guitariste réputé, et son fils Gaspar Claus, violoncelliste, mêlent les sons des cordes dans des compositions qui associent musique classique, flamenco et quelques expérimentations.  (ASDS)



Déploiement énergique pour recherches de textures sonores. Attitude exploratoire et très inventive du violoncelle. Improvisations d’une très grande maîtrise, Okkyung Lee pour chacune de ses prestations solo est toujours très impressionnante.  (BB)



En ne se focalisant que sur les aspects (visuels) les plus spectaculaires du parcours de la violoncelliste Charlotte Moorman (1933-1991) – les violoncelles en écrans TV de Nam June Paik, le violoncelle de glace de Ice Music for London, son arrestation par trois policiers lorsqu’elle joue les seins nus le second mouvement de Sextronique de Paik à New York en 1967 – on risque de glisser vers le sensationnalisme (les fameux titres « The topless cellist » qui fleurissaient dans la presse à scandales à l’époque) et de passer à côté de sa musique. Madeline Charlotte Moorman a appris le violoncelle à dix ans, a étudié la musique du college au post-graduat, y compris à la fameuse Julliard School et a eu une carrière classique… « classique » avec l’American Symphony Orchestra avant de découvrir l’avant-garde, John Cage et le mouvement Fluxus (Paik, Beuys) via sa colocataire Yoko Ono. Son intérêt est tel qu’en 1963, elle fonde carrément l’Annual Avant Garde Festival of New York. Ces deux facettes (performances et musique, avant-garde et formation classique, etc.) font toutes deux parties intégrantes de sa démarche.  (PhD)



Ce film de 2 DVD est le fruit de la collaboration entre la cinéaste belge Chantal Akerman et la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton, connue pour son goût de l’expérience et des rencontres entre musiciens d’époques et d’horizons différents. Le portrait que la réalisatrice nous offre se fonde sur trois des enregistrements de la musicienne, bien représentatifs de son approche créatrice : « Au commencement Monteverdi », « Vita Monteverdi-Scelsi » et « Chants d’Est ». Elle y mêle captations de concert, interviews, commentaires en voix off et mises en scène offrant une démarche originale et très complète du sujet. (NR)



Bien qu'il ait eu quelques grands succès dans la musique "dance" pop et disco, le violoncelliste américain Arthur Russell fut relativement peu connu de son vivant, du moins au vu de ses multiples talents. Sa carrière fut liée de près à la scène rock et avant-gardiste new-yorkaise où il travailla notamment avec la salle de spectacle pluridisciplinaire The Kitchen. Le document ici présent a été filmé en 1985 par le compositeur et cinéaste Phil Niblock qui capte magnifiquement ce qui restera pour beaucoup comme le chef-d'œuvre d'Arthur Russell, le très aérien et insaisissable "World of Echo". Un disque où se mêlent de façon unique sa voix et son jeu très personnel au violoncelle. A ce titre, il existe également un très beau documentaire, Wild Combination réalisé en 2008 par Matt Wolf où l'on peut voir de nombreuses images d’archives rares et témoignages de proches et collaborateurs dressant le portrait de cet artiste disparu prématurément à l’âge de 40 ans.  (MR + DM)



Dans sa composition pour le film japonais Departures (2008), Joe Hisaichi laisse une grande place au violoncelle. Le personnage principal, violoncelliste, quitte Tokyo après l'éclatement de son orchestre et s'installe dans le nord du Japon où il accepte un emploi dans une entreprise de pompes funèbres. Musique mélancolique et nostalgique.  (ASDS)       



Le violoncelliste Pablo Casals (1876-1973), l’un des musiciens parmi les plus célèbres de son époque, celui qui rendit à cet instrument sa place dans le cœur des mélomanes, ne fut pas « que » un interprète de talent… Ce portrait documentaire, découpé en deux parties, nous montre également un homme à la forte conscience politique, démocrate convaincu et ennemi du totalitarisme.  (MR)



playlist collective coordonnée par Anne-Sophie de Sutter
- avec des contributions de Céline Lepinois, Igor Karagozian, Nathalie Ronvaux, Anne-Sophie De Sutter, Michaël Avenia, Guillaume Duthoit, Bertrand Backeland, David Mennessier, Marc Roesems et Philippe Delvosalle.

Photo: Charlotte Moorman / Nam June Paik - TV Cello