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Vous permettez, senior, que j'emprunte votre film

publié le par Bruno Hilgers

Le terme est flou, varie d’une époque et d’un pays à l’autre, mais une chose est sûre : le senior occupe désormais une place de choix parmi les personnages et les thèmes qu’abordent les films contemporains… Ce n’est pas un hasard : les cinémas, notamment américain et européen, suivent l’évolution démographique dans leurs contrées et sont très attentifs aux tranches d’âge des spectateurs qui fréquentent les salles obscures. Or les seniors répondent présents à l’appel!

Art jeune, le cinéma de jadis n’a pas toujours rendu justice aux aînés, la plupart du temps cantonnés dans des seconds rôles : petit vieux pittoresque, patriarche tyrannique ou oldtimer de western. Et lorsqu’il les mettait au centre du récit, il fallait parfois tricher, comme le rappelle Christian Viviani : « Hollywood manquant de vieillards, on fut obligé de poudrer les cheveux de Beulah Bondy dans Place au jeunes (Leo McCarey, 1937) pour mettre en scène un couple âgé que leurs enfants rechignent à recueillir chez eux. Avec ce film, McCarey savait d’ailleurs courir au désastre financier. » Il y eut bien sûr des exceptions notables, des Fraises sauvages d’Ingmar Bergman à Vivre d’Akira Kurosawa en passant par Umberto D de Vittorio De Sica. Mais rien de comparable avec le panel d’oeuvres actuelles qui déclinent le troisième ou quatrième âge sous tous ses modes et dans tous ses états: bilan d’une vie, réconciliation avec soi-même et les autres, haines tenaces, recherche d’un nouveau souffle, rébellion ou renoncement, quête d’amour ou lassitude (souvent avec rebond) du couple de longue durée. Les seniors seraient-ils désormais les seigneurs du grand écran ?


En sept chapitres et une trentaine de films, tous disponibles à PointCulture, voici un panorama non exhaustif de leur importance grandissante dans les fictions contemporaines ponctué par quelques flashes-back sur des classiques incontournables.