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Rencontre en images avec Bruno Vande Graaf

Bruno vande Graaf 1 - photo Alicia Hernandez-Dispaux
À travers l’œuvre de Bruno Vande Graaf, on entre dans des paysages impossibles à situer sur une carte, on pose le pied dans un "no man’s land" aux teintes sourdes qui nous entraîne dans une douce mélancolie et on reconnaît dans l’utopie une réalité impérissable.

Bruno Vande Graaf a le regard fuyant devant l’objectif. Pourtant, il est piégé par l’appareil photographique le temps d’une fraction de seconde. C’est la magie du médium qui est capable de suspendre le présent devenu aussitôt passé. C’est un arrêt sur image à la manière du tableau qui l’observe et plus largement de l’ensemble de son œuvre.


Diptyque 1. L’atelier

Les toiles sont empilées à la verticale, elles s’accumulent comme autant de souvenirs. Ce sont des portraits d’architectures gorgés de nostalgie, un hommage à sa terre natale animé par un désir d’élévation au travers d’une esthétique lisse, impeccable, où transparaît les décombres d’un âge d’or écoulé.


Diptyque 2. Le mode opératoire

Bruno Vande Graaf se balade dans les alentours désindustrialisés et il les photographie. A partir de ses images (qu’il colle sur la toile pour ne manquer aucun détail), le peintre reproduit ces divers paysages et se les réapproprie par la beauté afin d’arriver à un résultat idéal presque chimérique.


Détails :

Bruno vande Graaf 6 - photo Alicia Hernandez-Dispaux

Dans le premier détail, le jaune perçant cohabite avec la noirceur d’un terril au loin. Dans l’ensemble, la palette utilisée par l’artiste est désaturée, les formes sont géométriques et cernées par un trait léger. Les grands aplats de couleurs renforcent l’aspect lisse de la surface. Les caractéristiques stylistiques de Bruno Vande Graaf rappellent clairement celles d’Edward Hopper et de David Hockney.


Bruno Vande Graaf 9 - photo Alicia Hernandez-Dispaux

atelier de Bruno Vande Graaf (détail) - photo Alicia Hernandez-Dispaux


Diptyque 3. Le Borinage

À la fois ruines de la modernité et spectres d’un avenir éventuel, tout comme la mémoire d’un passé lumineux et un témoignage de ce qui a été et peut surgir à nouveau, c’est un sentiment confus qui nous habite lorsque l’on se trouve face à ces bâtiments laissés à l’abandon.


Diptyque 4. Le temps qu’il fait et le temps qui passe

La pluie tambourine contre le bitume et nous envahit d’une vague tristesse. Les bleus, les verts, les bruns, le ciel uni, blafard et sourd nous plongent dans l’univers de Bruno Vande Graaf. Finalement, l’absence humaine permet à la nature de reprendre le dessus, c’est une lueur d’espoir.

 

texte et reportage photo:
Alicia Hernandez-Dispaux


Bruno Vande Graaf: J'habite une ville fantôme
exposition

PointCulture Louvain-la-Neuve
Du 4 octobre au 30 novembre 2017

vernissage : le jeudi 5 octobre à 18h

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