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Musée L : musée d’aujourd’hui et de demain

Musée L : musée d’aujourd’hui et de demain
Ce weekend du 18 et 19 novembre 2017, le Musée L ouvrira ses portes après un an et demi de travaux. Voici les points forts de ce musée de la diversité et de la générosité, multifacette mais universitaire avant tout, nouveau lieu emblématique à Louvain-la-Neuve.

Sommaire

« Pour qu’il y ait musée, trois éléments sont indispensables: il faut un lieu avec une belle signature architecturale, de très belles collections et enfin, des choses à dire » — Anne Querinjean

Les plantes qui escaladent les piliers de style brutaliste du Musée L et qui ancrent le bâtiment dans le sol de la cité, agissent telle une métaphore de l’importance de connaître nos racines et de les conserver. Il faut savoir d’où l’on vient pour pouvoir évoluer, c’est l’une des convictions du Musée L et de sa direction. Dans cette perspective, le patrimoine ancien qui compose les collections s’entremêle aux productions plus récentes pour dessiner la trame du récit dans lequel le visiteur est invité à entrer.

Musée L - vue d'ensemble

Une architecture monumentale et symbolique

Dans le paysage muséal actuel, la tendance est à l’édification d’ouvrages architecturaux presque aussi spectaculaires (ou plus encore) que les œuvres dont ils regorgent. C’est en quelque sorte une marque déposée tout comme un vecteur d’attraction pour les visiteurs qui se déplacent autant pour l’architecture que pour les objets d’art présentés.

C’est dans cette lignée que l’Université catholique de Louvain (UCL) a décidé de mettre à profit l’un de ses bâtiments déjà existants (l’ancienne bibliothèque des sciences) pour en faire le plus grand musée universitaire de Belgique. Ce lieu emblématique de la ville de Louvain-la-Neuve, édifié par André Jacqmain entre 1970 et 1975, réunit toutes les collections de l’UCL en son sein, ce qui est finalement assez rare puisque souvent, celles-ci se retrouvent disséminées dans les dédales des facultés qui composent chaque université.

Anne Querinjean est formelle, si l’architecture du Musée L est dotée d’un caractère puissant, son agencement a été pensé pour être au service des collections avec le souci de laisser parler les œuvres en les sublimant. Cela se traduit par une mise en scène sobre, un choix de couleurs limité et un style délibérément intemporel mais chaleureux, puisque le Musée L entend devenir une « maison d’hôtes, un lieu accueillant et ouvert à tous ».

De plus, cette nouvelle présence marquée auprès de deux autres opérateurs culturels de la ville de Louvain-la-Neuve que sont le PointCulture Louvain-la-Neuve et la Ferme du Biéreau, assoit un nouveau pôle culturel inscrit dans le haut de la cité universitaire. Un réel enjeu urbanistique, puisque cette aire n’a jamais cessé de régresser en termes de fonctionnalités…

Musée L - Collections

Un défi muséographique relevé !

Ceux qui ont connu l’ancien musée de Louvain-la-Neuve se rappellent probablement son caractère éclectique qui pouvait parfois déboucher sur un imbroglio face aux collections si diversifiées. Au Musée L, l’éclectisme est toujours présent à la seule différence qu’il est cette fois-ci canalisé grâce à une muséographie réfléchie. C’est qu’en plus des œuvres d’art ont été ajoutés les objets scientifiques des collections de l’UCL. La direction et les équipes du musée ont rapidement compris que le défi muséographique du Musée L résidait dans l’importance de créer des ponts entre ces deux sphères a priori distantes.

Aidé par la muséographe Martine Thomas-Bourgneuf, le groupe de travail qui s’est formé vient à bout de ce challenge en interconnectant les collections artistiques et scientifiques par la force créative et d’inventivité de l’Homme dans toutes les cultures. En effet, « il n’y a qu’un pas entre l’art et la science, le chercheur et l’artiste, tous deux animés par la passion, le travail, l’enthousiasme pour la nouveauté et les chemins de traverse », déclare Anne Querinjean. Dans cette perspective, le programme muséographique est construit autour de cinq élans humains : s’étonner, se questionner, transmettre, s’émouvoir et contempler. C’est le récit qui accompagnera le spectateur tout au long de la visite.

Enfin, il ne faudrait pas passer sous silence l’origine des collections. Pour la plupart, elles appartiennent à des collectionneurs frénétiques dont on peut facilement déceler la personnalité à travers la répartition des espaces qui leurs sont consacrés et la mise en scène des objets exposés.

Musée du don et de la générosité, au Musée L « l’homme et la femme sont derrière les objets ». Mais qu’en est-il des hommes et des femmes qui se retrouveront devant ces objets ?

Musée L - Anne Querinjean

Les enjeux du Musée L

Anne Querinjean a travaillé une vingtaine d’année dans le service éducatif des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique. L’orientation qu’elle souhaite donner au Musée L est liée à son parcours professionnel. D’emblée, on perçoit toute l’importance qu’elle accorde aux publics. Selon elle, « l’œuvre existe si elle crée du lien, de la reliance, si elle est vue. Les publics ont été au centre de la programmation muséographique (…) c’est le cœur de la direction que j’ai voulu donner ». Un certain nombre d’outils ont donc été conçus afin d'entrer en résonance avec les œuvres exposées, tout en étant adaptés aux différents publics, qu’ils soient malvoyants, malentendants, jeunes ou moins jeunes, étudiants, enseignants, etc. L’enjeu les concernant se situe dans l’appropriation du musée et du patrimoine, un patrimoine qui, il faut le souligner, appartient à tous.

À ce titre, Anne Querinjean insiste sur la fonction publique du Musée L qui est reconnu par la Communauté française et dont la mission est de conserver le patrimoine de l’UCL, de le valoriser et de lui permettre de vivre au niveau des publics. En tant qu’opérateur culturel, le Musée L entend créer de la culture avec un patrimoine qui lui est confié, il se veut acteur de la cité, forum culturel, lieu de débats et de rencontres.

De beaux enjeux, certes, mais qui peuvent poser question. Attirer du monde reste souvent une utopie, « mais une utopie qu’il faut conserver » renchérit Anne Querinjean ! Face à une société de consommation grandissante et à une révolution technologique sans précédent (qui est pour beaucoup dans la dégringolade des chiffres de fréquentation des institutions culturelles), la directrice souhaite mettre en place une programmation qui « permette des possibles » en misant sur le vecteur humain. Après tout, le musée est un lieu que l’on expérimente par l’émotionnel et le sensoriel. Il s’agit d’abord d’une expérience humaine. Les enjeux qui touchent ce domaine le dépassent déclare Anne Querinjean,  « ils concernent la politique, l’économie, l’éducation. Le secteur culturel n’entend pas résoudre cela mais bien aider à trouver des réponses adaptées à ces enjeux.»

En définitive, le Musée L est un lieu de possibles. Il est un musée d’aujourd’hui, le patrimoine qui y est présenté et étudié est ancré dans notre temps et porteur de notre temps. Il est un musée de demain, un musée pour demain puisque, comme le rappelle Anne Querinjean, « il est un lieu de permanence et de conservation dans un monde qui bouge tellement vite et parfois ne sait plus où il va.»


Alicia Hernandez-Dispaux


Informations pratiques :

Le Musée L est ouvert de 11h à 19h, les 18 et 19 novembre 2017 : Ouverture du musée – Weekend Festif (gratuit)

Site Web : http://www.museel.be/fr

 Horaires : Ouvert du mardi au vendredi de 9h30 à 17h et le weekend de 11h à 17h. Troisième jeudi du mois, nocturne jusque 22h.

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