Compte Menu

La démarche de création de Lina Kusaite

Nature Culture

publié le par Alexandra Garin

Au printemps dernier, un courrier envoyé par Frédérique Müller, responsable de la collection environnement à PointCulture, me proposait d’imaginer trois couvertures pour le magazine Détours. Thème du magazine : l’homme dans sa relation avec la nature, […]

Le premier volet de chantier s’intéresse au regard que l’homme pose sur la nature. Quel type de relations l’attrait pour l’inconnu a-t-il engendré ? Comment cette curiosité a-t-elle façonné une certaine conception de l'environnement, des animaux, des plantes, des paysages et, par-dessus tout, une idée de l’humanité ?

Pour répondre à ces questions, j’ai entrepris de collectionner les images : animaux, plantes, squelettes, schémas d’embaumement. D’autres illustrations sont venues compléter ma recherche, des visuels ayant trait à l’alchimie et au mysticisme, principalement des dessins d’après nature ou imaginaires. Des œuvres rares ou mal comprises.

Il existe des bestiaires, des traités d’alchimie, des légendes et des contes, tous issus d’une même soif de connaissance. Tout cela me fascine. Parmi toutes ces représentations, je me demande combien ne sont pas devenues des vérités auxquelles nous croyons et donc que nous acceptons comme réalités ? A quel point notre relation à l’environnement se fonde-t-elle aujourd’hui encore sur ces interprétations anciennes ?

La série d’images que j’ai retenues parle du désir de connaître et de comprendre le monde. Un monde qui prend sa source dans notre propre corps. Mais aussi, un gigantesque terrain de jeu,  un foisonnement  d’organismes, une structure proliférante qui a inspiré ingénieurs et architectes. Une immense réserve de plantes. La vie sauvage sous toutes ses formes, avec ses innombrables couleurs et fonctions. Un monde tendu vers un ciel jamais atteint.

J’ai donc repris certaines de ces images pour concevoir la couverture du premier numéro de Détours. C’est un collage agrémenté de mes propres dessins. Sur le dessus, on retrouve le schéma d’une floraison (illustration de Johann von Goethe, 1837). Au centre, dans un cercle, j’ai placé l’image d’un homme qui soulève sa propre peau. Celui-ci examine avec intérêt toutes les couches d'organismes unicellulaires qui le constituent, organismes appelés aussi radiolaires (un extrait le livre de Ernst Haeckel Formes artistiques de la nature). Enfin, une carte astrologique occupe le bas de l’image, elle représente le champ infini de la recherche.

L’homme qui se regarde avec attention finit par voir apparaître l’univers.

La technique de création d’image que j’ai utilisée me semble refléter au mieux, et par là s’inscrire elle-même dans la philosophie qu’elle illustre. Elle représente la recherche, telle qu’on la retrouve consignée dans les livres et sur internet, et c’est un terrain de jeu sans fin, une source inépuisable d'informations et de magie.

Nature Culture

Classé dans