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Espace gallo-romain (Ath): le chaland

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publié le par Yannick Hustache

Espace gallo-romain (Ath) - le chaland - photo Céline Bataille 10
Déployé au cœur de la cité des Géants, l’Espace gallo-romain s’organise tout autour d’une découverte archéologique exceptionnelle réalisée en 1975 dans la région de Pommerœul, à une vingtaine de kilomètres d’Ath. Un musée qui a fait sien l’adage trop souvent négligé d’apprendre en s’amusant !

Sommaire

Une découverte exceptionnelle

C’est en effet cette année-là que des travaux de terrassement sur le canal Hensies-Pommerœul mettent au jour un ensemble de vestiges d’une bourgade romaine de la fin du IIe siècle après J.-C., dont cinq embarcations en bon état de conservation et nombre d’effets liés à la vie des habitants d’une petite cité portuaire.

De cette zone marécageuse qui livra des témoignages concrets d’une occupation humaine ininterrompue depuis (au moins) la période néolithique, on retira trois barques fluviales de conception celtique qui ont fait l’objet d’un travail de conservation remarquable (un cas unique pour la Belgique). La plus grande d’entre elle est une embarcation de type chaland construite vers 217 de notre ère, d’une longueur estimée de 18 à 20 m pour une longueur conservée de +- 12 m !

Dès 1975, les chalands démontés (près de 574 pièces) rejoignent Ath et vont être, deux années durant (1980-82), plongés dans une solution de polyéthylène glycol (PEG), une cire qui permet la conservation des substances d’origine organique. Et en 1991 ils gagnent leur emplacement actuel, celui l’ancienne Académie de dessin de la ville dont la façade originale de type néo-classique a été ainsi conservée. Le nouvel espace est inauguré en 1997 et sa phase d’aménagement finale achevée en 2002.

L’objet

À la fois le cœur et la raison d’être de l’Espace gallo-romain, le chaland repose sous un linceul de verre climatisé de 340m³ s’élevant sur deux étages. Laissé dans une relative pénombre, un éclairage étudié (et télécommandé) en souligne les caractéristiques essentielles et/ou les détails d’importance. Le « cercueil » est ainsi maintenu à une température et un degré d’humidité constante par un dispositif de régulation thermique électronique. Longue barque à fond plat d’un seul tenant (les deux tiers de sa longueur d’origine), cet assemblage de planches de bois cloutées dont les couleurs d’origine ont aujourd’hui pris un aspect plus sombre, est en quelque sorte un « transporteur » des autoroutes fluviales de l’antiquité. Une maquette complète réalisée à l’échelle avec son mât et sa cabine d’époque reconstituées a été placée à ses côtés. Une voile d’appoint aidait le chaland à descendre canaux, rades, fleuves et rivières, tandis que la remontée se faisait par halage, humain ou animal. Une capsule son et lumière retrace les principales étapes de son exhumation et dresse un court résumé de ses caractéristiques techniques les plus remarquables.

À l’étage, un autre esquif, une pirogue dite monoxyle (construite dans une unique pièce de bois taillée dans un tronc d'arbre) semble mouiller dans un décor lacustre recréé de façon artistique. Ici aussi, une maquette permet, sans effort d’imagination, de se la représenter dans son environnement naturel de l’antiquité. Des casques à disposition permettent d’en savoir plus des techniques de fabrication, usages et utilisateurs de cette pirogue de transport.

Un musée, c’est gai !

Dès sa conception, l’Espace gallo-romain s’interdisait d’être « un musée-temple » et mettait l’accent sur une accessibilité tournée vers les plus jeunes au travers d’une approche didactique, interactive et ludique.

Des évocations divertissantes (maquettes) de scènes de la vie locale du temps des gallo-romains occupent les vitrines du premier étage (ou rez-de-chaussée), et montrent le chaland dans des conditions d’utilisation quotidienne avec des personnages fictifs qui nous racontent leurs pérégrinations du moment, liées de près ou de loin au chaland. Les textes informatifs sont écrits dans un langage accessible et une police de caractère plus grande qu’à l’accoutumée dans une institution muséale, accompagnés ponctuellement de commentaires enregistrés. Il est à noter que les contenus exposés, de même que les mobiliers, demeurent accessibles aux personnes de petites tailles comme les enfants !

Le parcours-musée proposé a été subdivisé en chapitres et les différentes sections (une par étage) ont reçu un titre particulier. Des fac-similés, accessoires, jeux et animations complètent la visite en mode interactif, un personnage fictif nommé Rufus, un batelier gallo-romain, sert de guide à chacune des étapes. À l’entrée du musée, un objet insolite – visible sur la toile – défie la sagacité du visiteur. Une autre section à l’étage est spécifiquement dévolue aux pratiques religieuses et usages alimentaires (que et comment mangeait-on) de nos régions à l’antiquité. Une aire de repos documentée et accueillante y a été aménagée.

Dans le même ordre d’esprit, une série d’ateliers proposés (« écriture », « banquet », « tissage », « céramiques ») prolonge cette idée de découverte et d’apprentissage par interactivité.

Objet Nature - vignette

Yannick Hustache
- photos: Céline Bataille

La publication L'Objet nature (15 musées de Wallonie, 15 objets nature - 96 pages, 30 photos)
est en vente au prix de 5€ dans tous les PointCulture et musées participants.

L'Espace gallo-romain
Rue de Nazareth 2
7800 Ath

32 (0)6 826.92.33.

Gratuité : le 1er dimanche du mois



Découverte dans la région :

Musée de la pierre de Maffle
Le Musée de la pierre de Maffle

Depuis le Moyen-Âge, Maffle est connu pour l'extraction et le travail de la pierre bleue (petit-granit). Son musée de la pierre est installé dans l'ancienne maison du Maître de Carrière Jean-Baptiste Durieux au cœur du site des anciennes carrières.

419 Chaussée de Mons
7810 Maffle


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