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3 questions à Luc Pitance à propos du Katori Shintō-ryū

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publié le par Pierre Offergeld

3 questions à Luc Pitance - Katori Shintō-ryū - Liège
Jeune de six siècles, le Katori Shintō-ryū est la première école traditionnelle répertoriée au Japon. Son enseignement s’est transmis sans interruption depuis sa création. Le programme comprend l’étude du sabre et de différents autres outils - une arme détruit, un outil construit. Le mode de progression est technique, stratégique et enfin, spirituel.
Définir l’Aïkido, c’est comme tenter de saisir de l’eau avec le poing. — Luc Pitance
- PointCulture : Pourrais-tu tenter de donner quelques mots d’explication sur le Katori Shintō-ryu que tu pratiques en parallèle de l’Aïkido ? Confirmes-tu l'interprétation selon laquelle « L’école Katori Shintō dans la lignée de son fondateur parvient à équilibrer une philosophie de paix avec des techniques destinées à tuer... ». En quoi cette philosophie est-elle différente ou se rapproche-t-elle de celle de l’Aïkido traditionnel que tu pratiques ?

- Luc Pitance : Le contexte historique (XVe siècle) qui a vu la naissance de cette discipline était hautement instable et meurtrier. Le fondateur du Katori Shintō-ryū, Iizasa Choisai Ienao, ayant vécu l’expérience des champs de bataille, a mis au point (avec un coup de pouce de la part des Kami — histoire et légende se fondent souvent dans les arts martiaux !) un système travail énergétique et posturologique au travers de techniques guerrières. L’école était ouverte aux marchands, aux femmes aussi, cela vaut la peine de le mentionner... Le terme « Heiho » signifie « l’art de la stratégie », mais aussi « arrêter la lance », donc notre système sous-tend un but pacifique. Par rapport à L’Aïkido, hormis le fait que ce dernier date du siècle dernier, le procédé d’enseignement reste le même : parvenir à la sérénité, la paix intérieure, à travers l’étude rigoureuse de techniques potentiellement létales.

 

- Sur base de tes voyages au Japon, Tokyo te paraît-il différent d’autres grandes villes japonaises ? Peux-tu nous donner envie d’aller à Tokyo ? Et en quoi l’urbanisme au sein des villes japonaises  les modes de transport, ou l’architecture, ou même l’art de vivre des urbains du Japon, pourraient-ils être profitables aux villes européennes ou à nos modes de vie ?

- Tokyo est un agglomérat de villages, où l’architecture post-moderne s’harmonise avec des immeubles anciens. Chaque quartier a son histoire propre, ses ambiances, son esprit. C’est une énorme mégalopole campagnarde, en mouvement perpétuel.

La Belgique est un pays très peuplé (presque 400 habitants par km² en moyenne). Nous devrions nous contenter de moins d’espace, afin de laisser la nature remplir son rôle… Au Japon, les immeubles les plus modernes voisinent avec des temples séculaires. Les trains et métros sont hyper ponctuels, les gens extrêmement polis et disciplinés. Maintenant, la société japonaise est aussi très hiérarchisée, et la vie n’est pas facile pour les travailleurs. De plus, nous sommes très loin de l’égalité hommes/femmes prisée par bien d’autres pays.

 

- Quels sont tes projets et désirs en tant que professeur d’arts martiaux traditionnels en Wallonie ?

- Mon vœu le plus cher est de transmettre le peu que je perçois des arts martiaux traditionnels, le plus longtemps possible ! Je vis maintenant à la campagne, où nous avons ouvert un dojo il y a cinq ans, des anciens prennent déjà la relève, précieux assistants transmetteurs… Nous disposons actuellement de plusieurs lieux de pratique. Notre région a la possibilité d’apprendre à comprendre le fonctionnement mal perçu des arts martiaux anciens. Beaucoup de choses positives à en extraire. Patiemment.


Interview : Pierre-Charles Offergeld


Luc Pitance est conseiller technique Katori Shintō-ryū au sein du groupe Bushin.

Les cours de Katori Shintō-ryū sont dispensés à Liège (Eken Dōjō), Oreye (Fudoshinkan) et Haccourt (Kaizen Dōjō - conseiller technique : Jean-Pierre Denooz).


URBN | Il est minuit à Tokyo

PointCulture Liège

Samedi 19 mai dès 13h
- 14h et 16h : Démo de Katori par le Dojo Bushin de Luc Pitance et ses élèves


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