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Un monde fou, fou, fou… | Analyse de films par Olivier Lecomte

12 > 26/03 le jeudi de 18h00 à 20h00 - PointCulture ULB Ixelles

Un monde fou, fou, fou… | Analyse de films par Olivier Lecomte

publié le

Traiter de la folie à l’écran : de nombreux cinéastes s’y sont risqué en mettant en scène les tourments psychiques de personnages atteints de névrose ou de psychose…

Au point parfois de brouiller les frontières et d’amener le spectateur à voir le monde selon leur point de vue, comme dans L’homme au crâne rasé de Delvaux ou L’amant double d’Ozon. Luis Bunuel, de son côté, a réalisé dans sa période mexicaine des portraits de grands obsessionnels : El, que Jacques Lacan montrait à ses étudiant-e-s comme parfaite description clinique de la paranoïa ou La vie criminelle d’Archibald de la Cruz qui lie inextricablement excitation érotique et mort violente. Quant aux films traitant de l’hôpital psychiatrique, ils nous font vivre une véritable descente aux enfers. Et ce n’est pas un hasard si parmi les genres qui ont abordé le sujet on trouve majoritairement le thriller ou le film d’horreur. De l’inquiétant Docteur Caligari au directeur criminel de Spellbound, les murs de l’asile abritent de bien sombres personnages. Quant aux patients, ils sont tantôt montrés comme les victimes d’un environnement familial nocif (La tête contre les murs, Family Life…), tantôt comme les symptômes révélateurs d’une société malade (Shock Corridor, Vol au-dessus d’un nid de coucou). L’amour lui-même n’est pas épargné et peut devenir, sous la houlette de Chabrol, Preminger ou Mankiewicz un terrain miné où s’égarent des êtres maladivement jaloux, voire possessifs jusqu’au crime.


  • Jeudi 12/03 | LE MENTAL DANS TOUS SES ÉTATS

On a cru longtemps que le cinéma, jugé à tort art inférieur, était une reproduction « objective » de la réalité opérée par le truchement de la caméra. A la différence du roman, il semblait ne pas pouvoir explorer notre vie intérieure. Or, non seulement, il en est parfaitement capable mais il peut même nous plonger dans les tourments psychiques de personnages atteints de paranoïa, de psychose, de schizophrénie… Au point parfois de brouiller les frontières et d’amener le spectateur à voir le monde selon leurs points de vue. Pour preuve, nous analyserons des films comme Les mystères d’une âme de Pabst, La fosse aux serpents d’Anatole Litvak, Répulsion de Roman Polanski…

  • Jeudi 19/03 | L’ASILE À L’ÉCRAN

A tort ou à raison, les films traitant de l’hôpital psychiatrique nous font vivre une véritable descente aux enfers. De l’inquiétant Docteur Caligari au directeur criminel de Spellbound, les murs de l’asile abritent de bien sombres personnages. Quant aux patients, ils sont tantôt montrés comme les victimes d’un environnement familial nocif (Soudain l’été dernier, La tête contre les murs…) ou comme les symptômes révélateurs d’une société malade. Au-delà de ses délires, l’Afro-américain de Shock Corridor qui se prend pour un leader du Ku Klux Klan fait le procès d’une Amérique raciste. Quant à l’adaptation du Vol au-dessus d’un nid de coucou de Ken Kesey, elle fut refusée par toutes les grandes pointures d’Hollywood pour être finalement réalisée par Milos Forman, cinéaste tchèque exilé qui connaissait le sort réservé aux dissidents politiques dans les pays de l’Est: l’internement.

  • Jeudi 26/03 | L’AMOUR FOU

Il ne sera pas question ici de la fusion des corps et des coeurs chère à Breton et aux surréalistes mais de l’amour qui rend fou ou fait éclater au grand jour des troubles psychologiques latents. Le cinéma en montre toutes les variantes possibles, de l’attachement excessif à une figure parentale idolâtrée (Péché mortel, Un si doux visage…) au désir de possession effréné du partenaire (Martha de Fassbinder) en passant par la paranoïa (El de Luis Bunuel, que Lacan montrait à ses étudiants) ou la jalousie maladive (L’enfer de Chabrol). Quant à Frenzy ou La vie criminelle d’Archibald de la Cruz, ils lient inextricablement Eros et Thanatos.


Olivier Lecomte bio

Licencié en philosophie, critique pendant vingt ans à (Télé)Moustique, Olivier Lecomte a dirigé le supplément belge du magazine Studio, collaboré à l’émission Télécinéma de La Une et a écrit pour Cinergie, L’événement, Dimanche Matin, Gaël… Ayant fondé le cours d’analyse de films La Toile filante, il donne actuellement des formations à l’Université des Aînés (UCL), à PointCulture de l’ULB, à l’Ichec- Cultures, à l’Espace Delvaux, à l’Espace Senghor… Il anime régulièrement des rencontres publiques avec des cinéastes (Agnès Varda, Bertrand Tavernier, Claude Lelouch, Fernando Arrabal, Tony Gatlif, les frères Dardenne…) et a obtenu en 2005 le Prix de la critique décerné par la Communauté française.


Peinture : Le Cri (1893), Edvard Munch

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