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Jaap Blonk

le 24/10 à 19h00 - PointCulture Liège

Jaap Blonk

publié le

Un poète sonore qui dilate les voyelles depuis 40 ans !

8€. Places limitées. Sur inscription obligatoire ici.

Certains arts sont rebelles aux étiquettes. Celui du Néerlandais Jaap Blonk n’échappe pas à la règle. Selon lui « La poésie sonore peut-être définie comme de la poésie où le son a plus d’importance que le sens. Et souvent il n’y a plus de sémantique du tout ! ».

Virtuose du transit vocal, Blonk est une référence dans l’art de la voix, réinventant sans cesse cet art iconoclaste depuis la fin des années 1970.

Délaissant ses études de mathématiques, il se saisit d’abord d’un saxophone, puis prend conscience de sa capacité vocale. Le 1er poème sonore qu’il exprime en 1977 est Seepferdchen und Flugfische (Hippocampes et poissons volants) écrit en 1916 par Hugo Ball, dadaïste initiateur du concept de poésie sonore aux côtés de Tristan Tzara au Cabaret Voltaire.

Les compositions de Jaap Blonk mêlent de manière invraisemblable le sens de la structure, le goût pour les algorithmes, une totale liberté quasi enfantine, plaisir de la dérision, spontanéité, puissance d’expression et une façon toute naturelle de s’exprimer dans un langage musical universel accessible à différents niveaux. Vers 2000 il commence à ajouter des samples de sa voix et des sons de synthèses de son invention.

SOUND POETRY AS REVOLT !

Ce soir au PointCulture, Jaap Blonk présentera d’abord des exemples historiques de poésie sonore, projetant textes et fragments de performance. Ensuite il interprètera une partie de son propre travail où la voix sera parfois augmentée d’électronique live et de projections visuelles. Sa poésie s’inscrit fermement dans une tradition qu’il dépasse par des recherches approfondies en phonétique !

En première partie, Clément Dechambre saxophone solo (L’Œil Kollectif, The Brums) s’appropriera librement le thème de la soirée !


MOUVEMENT HISTORIQUE

Ayant connu l’horreur des tranchées en Flandre en 1914 l’artiste Hugo Ball de retour en Allemagne puis à Zurich, sera convaincu, dès la fondation du Cabaret Voltaire avec Tristan Tzara et quelques autres dissidents, que la poésie pure ne pouvait plus jamais être écrite. Surtout dans les langues européennes souillées par tant de propagande de guerre ! Un nouveau langage était indispensable. La poésie sonore devint cet art explosant les limites entre littérature et musique, faisant place à un terrain d’exploration où chacun.e exprimait sa liberté dans un esprit de révolte.

Née avec le dadaïsme, la poésie sonore n’a cessé d’évoluer, dans les mains d’artistes comme Raoul Hausmann, Kurt Schwitters. Elle trouve ses racines aussi chez les futuristes russes, les bruitistes italiens, traversera les mouvements, surréaliste avec Antonin Artaud, lettriste avec Isidore Isou, ou plus tard avec le Fluxus d’origine nord-américaine.

En 1986, programmé en 1ère partie de The Stranglers à Utrecht, Jaap Blonk constate face à un public majoritairement réfractaire que la poésie sonore n’a rien perdu de son caractère perturbateur…

Crédit photo: Etang Chen.

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